A good way of leaving you weak

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Shea A. McLaughlin
Administratrice
Métier : Peintre
Informations :

A une grande soeur » Timide, sensible et introvertie » Connue sur Tumblr pour ses oeuvres, sous le nom de Drenshara » Féministe convaincue » A pris des cours de self-défense après une agression, elle ne sort pas sans son chien, Hulk. » Déteste les hommes et ne se laisse pas facilement approcher » A un appétit de moineau » Tient une radio pirate et un blog-journal » Enquête activement sur l'infection, au risque de se mettre en danger » A depuis peu une arme à feu dont elle ne sait pas se servir » Annexes
Véhicule : Scooter Vespa
Inventaire : Kahr K9, Boîte d'Ibuprofène 200mg (30 comprimés), Kit de premiers soins (4 compresses stériles, produit désinfectant, 8 pansements, 2 bandages), Boîte de Tramadol 200mg (30 comprimés)
Ven 31 Aoû - 23:49

Tout était tellement violent. Shea ne savait même plus où donner de la tête. Entre les déclarations d’Anton et celle de Keith, elle eut tout juste le réflexe de croiser les bras sur sa poitrine pour essayer de se protéger de tout ça. Il fallait qu’elle soit loin, que son esprit soit à l’abri. Son corps, lui, avait déjà suffisamment enduré alors un peu plus, un peu moins, il n’était plus à ça près. Ce qui lui faisait peur, c’était que son elle se fracture encore un peu plus. Qu’il éclate en morceaux et qu’il n’y ait plus rien pour rassembler les morceaux.

Et les mots des deux hommes n’aidaient en rien pour se préserver. Elle se sentait s’ébrécher, se faire du mal. Elle se sentait interdite au fond, totalement prise au dépourvu. La bile lui montait aux lèvres, et elle plaça sa main devant sa bouche pour se retenir. Elle ne pouvait pas vomir devant Keith, lui laisser l’opportunité de voir que ses propos l’affectaient. Elle ne pouvait pas se permettre de montrer d’avantage de faiblesse. Tout ça était fou ! Ce qu’ils faisaient là, c’était de la folie à l’état pur…

« Tu m’accuses de l’avoir violé ?! Tu parles d’un viol ! » S’offusqua le garçon en passant d’elle à lui. Les menaces avaient un poids, aussi le ton de sa voix montrait son affolement. Il semblait comprendre ce qu’il se passait, comprendre qu’il souffrirait quoi qu’il arrive. Alors nier servait à quoi ? Une question d’honneur ? Elle ne savait même pas quoi en penser. Comment pouvait-il se battre pour ce qu’il lui restait de dignité, alors qu’il avait détruit la sienne d’un coup de reins. « Pourquoi tu m’as pas dit non ?! POURQUOI TU… ? »

Elle se retourna vivement. Sa vue lui était insupportable, et cette fois, la main qu’elle plaqua sur sa propre bouche fut pour taire un sanglot qu’elle eut du mal à ravaler. Sa vue se brouilla à cause des larmes, ses épaules trahirent son émotion. Elle fit de son mieux pour se retenir de pleurer encore, mais ça lui parut totalement insurmontable à mesure que Keith en rajoutait :

« On est amis Shea, on… On a fait une erreur tous les deux, on a juste fait une ERREUR. » Une erreur ? ça n’était pas une erreur. Il n’avait pas le droit d’appeler ça ainsi quand pour lui, ça n’était qu’un coup de bite, et pour elle, l’évidence qu’on ne la considérait même pas comme une personne… On n’était même pas capable d’entendre son « non ». Comment osait-il dire qu’elle en avait envie ? Elle était trop saoule pour ça de toute façon, et elle n’avait jamais eu aucun désir pour lui ! « C’est pour ça que tu es parti non ? Parce que tu pouvais pas l’supporter, de savoir, pour Maddie ! Pourquoi tu parles d’un viol ? Pourquoi tu es allé lui raconter ça ?! »

Le nom de sa meilleure amie lui donna un hoquet, un sursaut qui lui donna soudainement le vertige. Keith était le pire. Il l’éprouvait comme jamais, mais il fallait s’y attendre.

« Shea ! » L’appela-t-il. Elle tituba légèrement, se sentant prise d’un vertige : « Qu’est-ce que tu vas me faire ! » Grogna Keith à l’égard d’Anton, quand celui-ci chercha à ramener son attention.

Elle ne pouvait pas lui parler. En fait, Keith avait perdu le droit de lui adresser la parole.

« J’vais… » Elle eut l’impression que son ventre faisait les montagnes russes sans elle. « J’vais vomir. » Fit-elle tout simplement en s’éloignant encore d’un pas de lui.

Elle sentit le sang battre dans sa main, la douleur fut assez vive pour lui passer l’envie de vomir un bref instant. Pas de doute, elle s’était déjà fait mal. Ses phalanges avaient gonflé, son majeur avait une forme étrange.



And then I felt chills in my bones, the breath I saw was not my own... I knew my skin that wrapped my frame wasn't made to play this game. Then I saw him, torch in hand, he laid it out, what he had planned and then I said, I'll take the grave, please just send them all my way...
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Métier : détective privé
Informations : Ancien policier du RAID. Anton est venu aux état-unis pour une femme, mettant un terme à sa carrière. Depuis l’échec de son mariage, il fait mauvaise fortune bon cœur et essaye de se construire une vie en tant que détective privé.
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Inventaire : Beretta 90-two
Sam 1 Sep - 0:29

La situation est très tendue, je me suis tellement perdu dans mon interrogatoire que j’ai complètement oublié le plus important dans cette histoire. Shea, je n’ai même pas fait attention à son état, à sa souffrance et maintenant je le regrette. Je vois Keith s’obstiner et refuser d’admettre le mal qu’il a pu faire à mon amie. Il s’énerve et s’en prend à elle, m’ignorant complètement. Je ne peux pas retenir le flot de paroles qu’il déverse. Je les regarde tous les deux, Shea semble sur le point d’exploser en larmes, je dois intervenir avant que l’autre pense pouvoir prendre l’ascendant.

Je me plante devant lui, lui coupant la vue qu’il pouvait avoir sur elle, il me lance un regard de défi et me demande ce que je vais lui faire. Réponse simple, je vais le faire taire pour ensuite réconforter la personne que j’aime. Sans compter que sa douleur n’est pas uniquement mentale, je crois qu’elle s’est cassé la main. Vu comment elle l’a tient, c’est plus que probable. Le bâillon boule en latex trouve sa place entre les lèvres du violeur.

- Ce que je vais te faire, un indice : ça ne va pas te plaire.

En guise d’avant gout, je lui décroche un coup dans le ventre. C’est mou, douloureux et sans danger pour le frappeur. Je l’entraine un peu plus loin et je parles à voix basse pour que Keith ne nous entende pas.

- Ecoute, je suis désolé… Je m’y suis mal prit, j’ai agi comme si tu n’étais pas là… Pardonne moi. Si tu veux aller attendre dehors, je vois que tu es très mal. Je ne suis pas aveugle... Je vois que c'est dur pour toi de supporter cette conversation. En plus...

J’examine sa main. Les phalanges sont gonflées et je crois bien qu’elle s’est déboité le majeur. Putain, exactement ce qu’il nous manquait. Une telle blessure… je ne pourrais pas la soigner, on allait avoir besoin de voir un médecin dans les plus brefs délais. Au mieux, je pouvais remettre le doigt en place et lui bander la main.

- Fais-moi voir… Ouais… tu t’es déboité le majeur, mais je crois que tu t’es fêlé plusieurs phalanges. C’est beaucoup plus gonflé pour être un simple hématome. Je peux te le remettre en place et bander le tout. Ce sera douloureux mais ça fera l’affaire pour ce soir.


Pendant que je lui parle, que je m’excuse et que je sens mon cœur bondir de colère contre l’autre, je passe ma main sur la sienne, blessée. Puis, sans crier gare, je remets son majeur en place. Il y a un petit craquement et un cri de la part de Shea, elle me regarde d’un air mauvais mais au moins son doigt est de nouveau à sa place et elle va pouvoir se faire bander la main. J’ai une trousse de secour dans le coffre de la voiture, je l’invite à aller la chercher tandis que je retourne voir Keith.

- Alors mon pote, on n’assume pas ce qu’on a fait ? On traite les femmes comme des objets ? On traite une fille d’erreur et on l’accuse de ne pas avoir dit non ? Tu dois être un sacré salaud pour ne pas voir que cette fille ne voulait pas de toi. Hein, enfoiré !

J’ai la voix grondante quand je dis ça, mais je me refuse de crier, ça ne servirait à rien. A la place, je ponctue chaque question d’un coup dans le ventre. Histoire de bien lui faire comprendre que je ne suis pas là pour rire, que nous ne sommes pas là pour rire. Quand Shea revient avec la boite, je le délaisse pour lui faire un bandage assez serré. Je reviens vers Keith et je me prépare à lui retirer son baillon :

- On va ajouter une règle, je vais te demander d’avouer tes fautes. Si tu le fais, ça ira. Mais maintenant, tu ne vas parler qu’avec moi. Si tu adresse la parole à Shea, je te frappe dans le ventre. Au début avec mes poings puis, si tu insistes, je passerais aux coups de barre de fer dans les jambes. C’est assez claire petit con ?


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Shea A. McLaughlin
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Inventaire : Kahr K9, Boîte d'Ibuprofène 200mg (30 comprimés), Kit de premiers soins (4 compresses stériles, produit désinfectant, 8 pansements, 2 bandages), Boîte de Tramadol 200mg (30 comprimés)
Sam 1 Sep - 22:38

« Je dois le laisser dire ces horreurs sur moi ? » Souffla-t-elle alors qu’il terminait son bandage. Ce fut dans un murmure, à peine audible, à peine croyable. « Je dois vraiment entendre ça ? » Elle n’en avait pas envie… Vraiment pas. « Je comprends pas comment… Comment il peut penser ça de moi, comment il peut… » La douleur hâcha sa voix, alors qu’elle perdait son regard dans celui d’Anton. Comment expliquer ce qui lui faisait peur là-dedans ? « Et s’il finit par te convaincre ? » Demanda-t-elle doucement. « S’il te met le doute ? » Questionna-t-elle ensuite. Avait-elle vraiment besoin d’une réponse ? Elle baissa le regard alors qu’il terminait son bandage, prêt à retourner avec Keith. Elle n’avait pas encore le cœur à s’y rendre elle aussi. « J’vais… J’vais juste un peu prendre l’air… » Promit-elle en s’esquivant.

_______________

« Il t’a dit quelque chose ? » Le temps qu’elle avait passé dehors se comptait en heure. Elle s’adressa à lui, quand Anton vint faire une pause, la cherchant au passage. Shea n’avait pas bougé du banc extérieur, rassemblant son courage du mieux qu’elle le put. « Je peux… Je peux aller lui parler ? » Demanda-t-elle.

Elle attendit la permission de l’homme, le dépassant pour rentrer finalement à l’intérieur. Keith était toujours là, attaché, de nouveau bâillonné. Elle n’enviait pas sa place. Lui aussi rentrerait avec des cicatrices et des cauchemars. Et d’une certaine manière, Shea était presque contente qu’il connaisse ce sentiment de peur.

« Quand je suis rentrée chez moi, ce matin-là, après ton… Après que tu m’ais violé… » souffla-t-elle en s’avançant toujours avec précaution jusqu’à lui : « Mon premier réflexe a été de prendre une douche… En fait, mon premier réflexe a été de vomir et ensuite de prendre une douche. Et… Je me suis frottée tellement fort la peau pour retirer cette odeur que j’avais sur moi que j’en ai gardé des marques qui ne partiront pas. »

Là, avec lenteur, elle remonta les manches de son gilet, pour dévoiler les traces de brûlures sur ses mains et ses poignets. Qu’il puisse avoir une idée de ce dont elle parlait, et pourquoi surtout.

« Je ne comprenais pas pourquoi… Pourquoi tu m’avais fait ça. Et je me suis demandée un bon milliard de fois ce qui avait pu te laisser croire que j’étais d’accord… Et même encore aujourd’hui, je m’interroge, je me demande pourquoi, comment… Qu’est-ce que j’aurais pu dire, ou faire, ou pas faire pour que tu ne t’intéresses pas à moi ce soir-là… » Sa voix était calme, presque maitrisée. A nouveau, elle remonta ses manches pour dévoiler deux grandes cicatrices longeant ses bras : « J’ai essayé de me suicider. J’me disais que je pouvais pas vivre comme ça. Que souffrir autant rien qu’en respirant, c’était pas normal. Que c’était de ma faute, et qu’une erreur comme moi méritait pas d’exister. »

Un rire sans joie lui échappa, alors qu’elle baissait les yeux vers des marques qui ne partiraient jamais.

« Je me suis ratée. » Fit-elle dans un murmure, comme une évidence. « Même ça, je l’ai raté. »

Un silence tomba entre eux. Lourd de sens. Les yeux de Keith s’embuèrent de larmes, sans doute par peur de la suite. Parce qu’elle doutait sérieusement d’une prise de conscience… Il devait comprendre qu’elle n’avait plus grand-chose à perdre finalement.

« Ce que tu m’as pris ce soir-là, t’avais pas le droit de le prendre. » Trancha-t-elle d’un ton froid en plantant son regard sombre dans celui de son violeur. Ce temps à l’extérieur à reprendre son souffle, lui avait au moins permis de rassembler ses esprits et sa résolution : « T’avais pas le droit de… » Elle ne put terminer sa phrase. Elle gonfla juste ses poumons : « C’est pour ça qu’en retour, il faut que je te prenne quelque chose aussi. Pour que ça soit juste. Pour que je survive, et que j’ai pas l’impression que ta vie est douce quand la mienne est un enfer. »

Dès lors, Keith eut comme un mouvement de recul brusque. La peur perça dans son regard, et il tenta de lui parler, de la dissuader. Elle le coupa :

« Je veux pas essayer de te pardonner, de t’excuser, de comprendre ce qu’il t’a pris. T’avais pas le droit, c’est tout ce qu’il y a à comprendre… Et ça, je peux pas te pardonner. » Fit-elle en essayant de le calmer : « Tu m’as pris toutes mes chances d’être heureuse, vraiment heureuse. C’est pas bien, ça, tu comprends pas vrai ? » Demanda-t-elle sans attendre de réponse : « Alors il va revenir s’occuper de toi. Et je m’arrangerais ensuite pour que tu ne recommences plus jamais ça, avec qui que ce soit. »

Un sourire triste perça sur ses lèvres. Elle sentit une larme couler sur sa joue, sans pour autant l’avoir éprouvé avant. Shea l’essuya d’un revers de main en se redressant cette fois. Elle était résolue.



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Métier : détective privé
Informations : Ancien policier du RAID. Anton est venu aux état-unis pour une femme, mettant un terme à sa carrière. Depuis l’échec de son mariage, il fait mauvaise fortune bon cœur et essaye de se construire une vie en tant que détective privé.
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Sam 1 Sep - 23:21

Shea finit par sortir de la pièce, elle se sentait mal et je n’allais pas lui en vouloir de ça. En un sens, tant mieux, j’allais pouvoir me lâcher un peu et expliquer ma notion de la justice. Non, je ne l’ai pas dit à Shea, mais il ne peut pas me convaincre, je suis un ancien policier, cette charmante fille est mon amie et je l’aime. Trois raisons de la croire et de lui faire confiance. J’ai trop souvent entendu des garçons se cacher derrière ce genre d’argument et j’ai trop souvent découvert de cadavres de filles pendues ou les veines tranchés pour le croire lui. Il est un enfoiré de violeur et s’il refuse d’admettre la vérité, alors tant pis pour lui, mais moi je ne lâcherais pas l’affaire si facilement.

La porte se referme sur nous, il n’y a plus rien à part lui et moi. Moi et mes questions, lui et la douleur. Je lui retire son bâillon, il cherche évidement à me convaincre, à m’insulter et à se rassurer. Mais je reste ferme et le visage sombre. Pour commencer je le gifle, c’est pour le faire taire. Ensuite je lui repose encore la question :

- Tu as abusé d’une fille ivre et tu n’as pas tenu compte de ce qu’elle voulait. Tu persistes à dire que ce n’est pas un viol ? Te rends tu seulement comptes de l’état dans lequel elle est ?

Non, évidement qu’il ne sait pas ! Lui il n’a connu que l’ancienne Shea, cette fille qui devait être souriante et sympathique. Mais moi je connais celle dont il est le créateur ! Celle qui porte des stigmates aux bras et les souvenirs d’une tentative de suicide. Je me penche sur lui et je lui remet son bâillon :


- Je vais te raconter l’histoire d’une jeune fille, cette fille qui ne sourit presque jamais, qui n’accorde pas souvent sa confiance, cette fille qui semble avoir peur de tout. Je connais cette fille, c’est ton œuvre. Keith, tu as détruit Shea, tu en as fait quelqu’un d’autre par tes actes. Assume-le. Je suis un ancien policier, j’ai vu ce que les filles comme elle peuvent devenir. Nous avons de la chance qu’elle ne soit pas morte ! Tu devrais t’estimer heureux qu’elle soit vivante. Car sinon, tu serais déjà mort.


Je commence à me chauffer, je décide de lui faire un peu mal pour marquer la fin de ma tirade. Je place mon pouce sous son oreille, de mon autre bras j’immobilise sa tête et puis j’enfonce mon pouce. Malgré le bâillon je l’entends hurler de douleur. Mais je reste neutre, je sais que ça fait mal, on utilisait ça pour faire parler les terroristes. L’avantage c’est que ça ne laisse pas de traces. Après m’être défoulé, je recommence à parler :

- Ta femme, ta délicieuse femme que j’ai rencontré à l’église. Elle ne sait pas ce que tu as fait, elle ne sait pas que tu es un immonde violeur ? J’ai longuement discuté avec elle, elle est persuadée que tu es un type bien qui veut faire le bien autour de lui. Vraiment, une femme remarquable et je comprends que Shea l’aime autant. Pourtant, toi, sans respect tu l’as trompée en violant son amie !

Oui je me répète mais c’est lui qui me rend en rage. Nous avons continué sur le même filon pendant un moment, mais petit à petit, au fur et à mesure des questions et des coups, il changeait de version. Commençant à accepter certains de ses torts. C’était pas mal… pour le récompenser, je sors faire une pauvre et je rejoins Shea. Elle semble mal, mais suffisamment courageuse pour aller lui parler seule.


- Vas-y, on a bien avancé, peut-être que tu pourrais en tirer quelque chos
e.

Elle me laisse seul, je profite du soleil haut dans le ciel et fait quelques pas. Voilà une belle journée pour rendre justice. Je décidais d’attendre encore un peu avant de rentrer. En m’approchant de la porte, j’entendais la voix de Shea, elle racontait l’après à Keith…. Je devrais m’éloigner pour lui laisser ça et garder son intimité. Mais je suis trop curieux, j’écoute jusqu’au bout ce qu’elle doit dire. C’est affreux, l’entendre ainsi parler de son malheur. J’ai le cœur au bord des lèvres et voilà qui achève de me faire détester cet enfoiré.
Quand elle finit de parler, j’attend quelques minutes avant de revenir dans la pièce. Je vois que Keith à les larmes aux yeux et il me regarde avec peur. Je joue la surprise et, faussement joueur, je déclare :

- Quelles horreurs tu as raconté sur moi pour qu’il me regarde comme ça ? Ecoute Shea, je suis fatigué de le travailler au corps. Alors on va passer à l’étape supérieure. Keith, je vais te retirer ta boule, ce sera ta dernière phrase envers nous, choisis-la judicieusement.

Je m’exécute puis je me retourne pour aller chercher quelques ustensiles. A la décharge du sportif, il ne cherche pas à crier au secours. On peut au moins lui reconnaitre ça. Je lui replace la boule et je sors une barre à mine et un sécateur.

- Si tu veux partir Shea, c’est le moment.

J’attends qu’elle parte puis je lève la barre et je l’abas sur le tibia de Keith. Il y a un craquement sec et un hurlement étouffé de la part du jeune homme. Sans lui laisser le temps de souffler, j’en expédie un autre dans sa rotule. Son genou cède aussitôt et les hurlements sont maintenant accompagnés de pleurs. Je répète l’opération sur l’autre jambe. Même s’il s’en remet, il ne pourra plus jamais faire de sport à haut niveau. Pour faire bonne mesure et ajouter une dose d’amusement, je prends une corde et je fais une sorte de garrot au niveau des genoux brisés de ma victime. Il va souffrir pendant un moment et quand les secours viendront il pourrait perdre ses jambes. Mon petit cadeau pour lui.
Je finis par ressortir et je rejoins mon amie :

- C’est fait. Nous pouvons partir si tu le veux, je vais juste programmer un sms pour que des gens viennent le trouver et puis ce sera finit, on pourra rentrer à Boston. A moins que tu veuilles lui parler une dernière fois.




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Shea A. McLaughlin
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Mer 5 Sep - 19:47

« On a vraiment bien fait ? » Demanda-t-elle dans le silence tout relatif de la chambre. Ils pliaient bagage, rassemblant toutes leurs affaires pour mettre les voiles.

Un peu éreintée, Shea n’avait pas articulé un mot depuis son retour. Ils avaient laissé Keith là-bas, et sans Anton, elle avait pu constater son mauvais état. Le cœur au bord du gouffre, remuée par ce qu’elle avait vu, elle éprouvait néanmoins un certain sentiment de justice en constatant qu’il ne pourrait plus jamais prétendre à l’avenir qu’il s’enviait. Dès lors, la brune avait tâché de « signer » son œuvre, laissant une plaie qui deviendrait une cicatrice. Le « Violeur » était désormais nommé, gravé à même la peau sur son torse.

« Il… Il l’a admis ? » Demanda-t-elle ensuite, attendant une réponse.

Une confirmation.

Pouvait-elle être reconnu comme elle était : une victime ? Pouvait-elle se sentir enfin légitime d’éprouver toute cette souffrance en elle-même ? La constatation était amère : Shea n’était pas soulagée de sa douleur, et elle savait désormais qu’elle resterait jusqu’à la fin de ses jours. La Justice ne lui avait pas totalement amené ce dont elle avait besoin, mais au moins admettait-elle que le poids était largement moins lourd sur ses épaules frêles. Alors certes, le changement n’était pas évident pour celui qui la connaissait : Anton ne la voyait pas drastiquement transformé par l’expérience. En son sein pourtant, Shea se savait différente.

Bien plus impitoyable sans doute. Capable du meilleur, mais surtout du pire. Pouvait-elle en parler ? L’évoquer à haute voix devant lui ? Elle hésita, se sachant encore perturbée par les événements. La route lui permettrait au moins d’y réfléchir.

« On repart tout de suite… ? » Demanda-t-elle un peu bêtement. « Pour Boston, je veux dire… » Précisa-t-elle, même si c’était inutile de le faire. « Le plus vite on est loin, le mieux c’est, je pense. »

Elle avait envie de rentrer. Retrouver son marasme ordinaire, se dire que l’expérience était encore un peu irréelle, quoi que palpable. Elle pouvait toujours sentir la moiteur du hangar sur sa peau, et l’odeur de rouille lorsqu’elle était proche de Keith.

« Merci pour… Pour tout ce que tu as pu faire pour moi. » Fit-elle en refermant son sac soigneusement. Elle évitait néanmoins avec précaution de regarder Anton, par honte. L’image qu’il s’était donné, elle n’était pas persuadée de pouvoir l’assumer pour sa part. Mais c’était une de ses facettes, une partie de son expérience. Shea entrevoyait désormais bien mieux l’homme comme il était, sans pour autant pouvoir trancher pour savoir si c’était bien ou mal de connaître quelqu’un à ce point-là. Lui, ne lui tenait pas rigueur d’être ce qu’elle était. « Je ne crois pas pouvoir t’être d’avantage redevable. » ajouta-t-elle.

Et c’était sincère. Shea ne pourrait jamais faire autant qu’il avait fait pour elle. L’espace d’une seconde, elle hésita à lui demander pourquoi il avait fait tout ça. Simplement par amitié ? Elle s’abstint pourtant d’un quelconque commentaire, de peur que ça soit mal pris par lui. Elle devait se contenter de ce qu’elle avait : il avait fait au mieux pour elle, et c’était sans doute la seule personne à la connaitre aussi intimement.

« Je te rembourserais cette dette. » Promit-elle dans la foulée, en chargeant ses affaires sur son épaule.



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Mer 5 Sep - 23:43

Nous finissons de préparer nos affaires avec Shea, c’est rapide et nous nous devons de l’être autant que possible. Keith ne connait pas mon nom et d’ici trois jours j’aurais de la barbe et rasé mes cheveux gris. Je ne me faisais pas de soucis quant à la police, ils ne me retrouveraient probablement jamais. Mais ce n’était pas la même chose pour Shea, il savait qui elle était et la police aurait tôt fait de la chercher et retrouver. A moins que nous allions dans le seul endroit du pays où la police avait mieux à faire. Boston.

Shea semble fuir mon regard, mal à l’aise depuis que nous avons quitté Keith… Je ne sais pas trop si c’est ce que nous avons fait ou si c’est ma violence qui lui cause ces état-d ’âmes. Je ne souviens bien de sa réaction quand je lui avais parlé du nombre de personnes que j’avais abattus durant ma carrière. Trente personnes, sans compter les blessés et mutilés à vie. Elle me pose cependant une question… LA question. Me demandant si Keith avait admis lui avoir fait du mal… Non, il ne l’avait avoué, persuadé jusqu’au bout de son bon droit. Il n’avait même pas eu l’air de regretté d’avoir trompé sa femme.

Maintenant, je dis quoi à Shea ? Un mensonge qui lui fera plaisir et du bien ? Ou une vérité froide ? Notre relation était caractérisée par de la vérité l’un envers l’autre. A part le fait que je sois amoureux d’elle, évidement, je ne vais pas lui dire ! Je veux qu’elle s’en rende compte par elle-même, je ne vais pas lui forcer la main comme ça. En la regardant dans les yeux, lui mentant avec autant de conviction que je sais le faire, je dis :

- Du bout des lèvres, j’ai réussi à le faire parler. Il a reconnu ne pas avoir chercher à savoir si tu avais dit non pour de vrai. Il s’en fichait, il voulait juste… tu as compris. Il n’a pas cherché à s’excuser par contre, ça n’aurait rien changer de toute façon.


Réponse convaincante, bien dans ce que je peux dire quand je dis la vérité. J’espère que ça lui fait du bien d’entendre ça… après tout, c’était le but premier de cette opération. Rendre bien Shea et lui permettre de passer à autre chose. J’espère que nous avons réussit cette tâche. Elle propose de rentrer, très bien, nous allons nous mettre en route le plus vite possible alors. On finit nos sacs et, juste avant de partir, Shea m’affirme qu’elle m’est redevable et qu’elle remboursera sa dette envers moi. Je me contente de sourire et de monter dans la voiture. Nous avons une longue route et celle-ci ne sera pas de tout repos.

***

Le chemin fut sans encombre majeure, c’était long et chiant, mais acceptable quand on savait qu’on s’éloignait du danger et qu’on approchait le futur. Radieux, je n’irais pas jusque-là, mais il ne pouvait pas être pire d’après moi. Lorsqu’on s’arrêta le temps d’un plein et d’une pause pipi dans une station-service, je vie aux infos que notre bon ami Keith avait été retrouvé dans une cabane, les deux jambes brisées.

D’après le présentateur, on cherchait des fans rivaux de l’équipe du Keith… Il ne devait pas avoir avoué pourquoi nous l’avions kidnappé, ça aurait fait mauvais genre. Voilà qui était rassurant en un sens. Shea semble regarder aussi les infos, je n’arrive pas à savoir si elle est rassurer ou pas, mais j’attends d’être dans la voiture pour lui en parler.

- Nous avons de la chance, sa lâcheté nous a fait gagner plusieurs jours précieux. Cependant, il finira par avouer que tu étais là. A un moment où l’autre et là… il devra avouer ses crimes envers toi et mettra une main dans un engrenage judiciaire.


Nous faisons une centaine de kilomètres avant que je trouve le courage de parler à Shea, pas de Keith, mais de nous et de notre avenir. NON, je ne vais pas lui avouer, mais je me pose des questions sur l’après, une fois que nous aurons rejoins Boston :

- …Tu sais, je me posais une question. Tu dis mettre redevable, mais ce n’est pas ce que je veux de toi. Shea, je veux juste que nous soyons des amis comme ça. J’ai fait ça uniquement pour toi, mais pas pour que tu me sois redevable… Tu n’as rien à me rembourser.


Je me tais, ne trouvant pas mes mots, il s’écoule bien plusieurs minutes avant que je trouve finalement le courage et la façon de dire :

- Quand nous sommes parti de Seatle… J’avais l’impression que tu avais peur de moi. Je ne sais pas si c’est le cas, mais Shea, j’espère que ça ne nuira pas à l’image que tu as de moi.


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Shea A. McLaughlin
Administratrice
Métier : Peintre
Informations :

A une grande soeur » Timide, sensible et introvertie » Connue sur Tumblr pour ses oeuvres, sous le nom de Drenshara » Féministe convaincue » A pris des cours de self-défense après une agression, elle ne sort pas sans son chien, Hulk. » Déteste les hommes et ne se laisse pas facilement approcher » A un appétit de moineau » Tient une radio pirate et un blog-journal » Enquête activement sur l'infection, au risque de se mettre en danger » A depuis peu une arme à feu dont elle ne sait pas se servir » Annexes
Véhicule : Scooter Vespa
Inventaire : Kahr K9, Boîte d'Ibuprofène 200mg (30 comprimés), Kit de premiers soins (4 compresses stériles, produit désinfectant, 8 pansements, 2 bandages), Boîte de Tramadol 200mg (30 comprimés)
Dim 16 Sep - 15:56

« Non, tu ne comprends pas. » Souffla-t-elle à la fin de sa demande.

Peur ? Est-ce que c’était vraiment de la peur ? Et est-ce qu’il s’agissait de lui ? Shea eut un instant de flottement, réfléchissant à tout ça. Le silence dans l’habitacle aurait pu paraitre pesant pour lui, mais elle ne s’en soucia pas. Pas parce qu’elle y était insensible – loin de là. Mais parce qu’elle ne le ressentait tout simplement pas. Les choses lui semblèrent hors du temps, hors d’atteinte. Seattle était loin, et elle devait désormais faire attention à ne pas être trouvé – la situation l’y aiderait très probablement dans les semaines à venir. Néanmoins, ça n’était pas ça qui l’effrayait…

Comme souvent, ce qui tuait les gens à petit feu, c’était tout ce qui ne se disait pas dans leurs mots. Et ça, elle n’était pas encore capable de tout entendre sans pour autant s’empêcher de le ressentir. Ce qu’Anton ressentait à son égard, ce qu’il éprouvait pour elle… C’était quelque chose d’assez fort pour être plus visible qu’il ne le pensait, et c’était maintenant que ça la frappait en plein visage. On ne faisait pas tout ça pour une personne que l’on n’aimait pas aussi sincèrement. Sans mesure, sans crainte. Et son silence à ce sujet était pourtant assourdissant désormais. Au même titre que sa souffrance inchangée mais momentanément muette.

« Je n’ai pas peur de toi, je ne t’en veux pas. » Ajouta-t-elle avec le plus grand des sérieux en posant un regard sur lui : « En fait, je te remercie vraiment. Je suis sincère avec toi. » Fit-elle dans la foulée. Ses yeux ne le quittèrent pas l’instant d’après : il devait lire dans ses pupilles la vérité. « Je l’ai toujours été. »

Toutes les fois où il l’avait énervé, toutes les fois où elle l’avait trouvé bizarre, parfois insensible, parfois trop sensible. Toutes les fois où elle n’avait pas réussi à le suivre, et celle où elle l’avait devancé. Leur lien était pourtant récent, mais intense et elle ne posait aucun doute là-dessus. De là à savoir comment elle pouvait composer avec ce qui était normal de ce qui ne le serait plus jamais, il y avait un monde qu’elle ne saisissait pas encore…

« C’est moi. » fit-elle. L’archétype du « c’est pas toi, c’est moi » qui la bouffait de l’intérieur. C’était grotesque parce qu’elle ne cherchait pas à rompre les liens. En fait, ça n’avait jamais été son propos… Si elle devait se retrouver nulle part avec quelqu’un demain, Anton serait très probablement son premier choix. « Je vais devoir avancer, évoluer… Encore. » Expliqua-t-elle. « Je ne sais pas comment faire. »

Et c’était effrayant. De ne pas connaitre son futur, de ne pas savoir par quelle porte il allait passer pour rentrer chez elle. Ça… ça, c’était quelque chose qui la terrorisait à vrai dire. Etait-ce plus simple lorsqu’elle n’envisageait pas les lendemains ? Elle se tut le reste du trajet, jusqu’à ce qu’Anton la dépose devant chez elle. Une main sur la poignée de la portière, elle contempla les vitres de son appartement.

« Ma sœur n’est pas là. » Fit-elle comme si c’était évident. Ça se sentait. « Tu veux… » Elle haussa les épaules, un peu gênée mais tout de même confiante. « Tu veux bien rester ? »



And then I felt chills in my bones, the breath I saw was not my own... I knew my skin that wrapped my frame wasn't made to play this game. Then I saw him, torch in hand, he laid it out, what he had planned and then I said, I'll take the grave, please just send them all my way...
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Métier : détective privé
Informations : Ancien policier du RAID. Anton est venu aux état-unis pour une femme, mettant un terme à sa carrière. Depuis l’échec de son mariage, il fait mauvaise fortune bon cœur et essaye de se construire une vie en tant que détective privé.
Véhicule : Ford Mondéo
Inventaire : Beretta 90-two
Mer 19 Sep - 21:44

Le trajet jusque Boston ne fut ni amusant, ni agréable. Il fut long et pénible, il régnait un silence de mort dans la voiture. Alors certes, il y eu bien quelques mots de temps à autres, les essentiels, mais il fut impossible de tenir une conversation digne de ce nom. Rentrer dans la ville fut plus simple que prévu, tu parles d’une quarantaine à la con ! Nous finissons par arriver chez Shea et alors qu’elle s’apprêter à partir, je la vois qui hésite et qui regarde les vitres noires de son appartement. Pourquoi une telle hésitation ? Aurait-elle peur que la police l’y attende ?

Ce serait improbable, la cité est au bord de l’anarchie et c’est un miracle qu’il y ait un semblant d’ordre et de fonctionnement. Ou alors aurait-elle compris quelque chose sur le sens de la vie ? J’en doute également. Dans le doute je ne dis rien et la laisse parler. Elle me demanda si je voulais rester, mais la façon dont elle la posait… ça sonnait plus comme une supplique qu’une proposition.

Après une demi-seconde d’hésitation, je lui sourit légèrement avant de dire :

- Oui, je veux bien rester.

J’avais envie d’ajouter une centaine de mots, derrière, lui disant que je ne voulais pas la quitter sous aucun prétexte, par exemple. Mais je tins ma langue autant que je pouvais jusqu’à ce que je sois dans son appartement. Nous nous étions absenté une dizaine de jours, ce n’est pas énorme quand on y pense. Pourtant, j’avais l’impression d’être un vétéran revenant au pays après la guerre. J’entre chez elle mais  je ne sais pas vraiment quoi dire ou faire.

Mon cœur brûle de lui dire pourquoi j’ai fait tout ça, mais la raison est encore là. Je sais bien que ce n’aboutirait à rien de bon, à part la faire fuir. Elle n’est pas un « bon partie » pour moi et je n’en suis certainement pas un bon pour elle… J’ai presque 40 ans, elle en a à peine 20… elle est traumatisé et moi, je suis usé… Pas encore cynique et désabusé, mais je suis largement moins « sensible » qu’il y a quinze ans. Dans de nombreuses situations, je garde un calme précis, je suis capable de tenir la pression comme peu de monde…

Pourtant, là tout de suite, j’ai le cœur qui refuse de se calmer, j’ai une étrange sensation… Comme si quelque chose avait changé. Le regard de Shea ? Son attitude ? Ou alors je me fais des idées ? Ce serait possible également. Alors qu’elle avance également dans le salon, je décide de rester en retrait, non loin de la porte… Pourquoi ? Pour pouvoir partir plus vite si la conversation tourne mal. J’en ai assez d’écouter mon esprit, je vais me lancer et advienne que pourra. J’ai déjà surmonté une déception amoureuse, je survivrai à celle-ci si ça tournait mal !

- Shea… écoute, je voudrai te dire quelque chose. Depuis qu’on se connait, ça ne fait que quelques mois, mais tu es la personne qui m’a le plus de fois fait tourner en bourrique. Celle avec qui j’ai eu les pires disputes et les moments difficiles. Mais… mais j’ai également eu des moments, beaucoup, où je me sentais bien. La vie ne nous a pas fait de cadeaux, elle nous a crachés à la gueule de diverses façons.

Je soupire en me massant la nuque, j’hésite quoi dire :

- Jamais je ne pourrais comprendre ce que tu ressens en toi. J’aimerais pouvoir dire que je vais tout arranger, mais je ne le peux pas. Et… ce que j’ai sur le cœur, ne t’aidera pas, j’en suis navré mais… je dois le dire avant de virer dingue.

Je n’ai pas esquivé une geste, pas un seul, je suis là, loin d’elle. Proche de la sortie :

- Au début je faisais ça par devoir, puis par amitié, mais Keith… c’est plus que ça, ce n’est pas par amitié que je l’ai fait…je l’ai fait car je tiens à toi plus que je n’ai jamais tenue à quelqu’un avant.

Je pourrai lui dire « je t’aime » ou « je l’ai fait par amour »… mais je suis un lâche et je préfère employer des demi-mots.


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Shea A. McLaughlin
Administratrice
Métier : Peintre
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A une grande soeur » Timide, sensible et introvertie » Connue sur Tumblr pour ses oeuvres, sous le nom de Drenshara » Féministe convaincue » A pris des cours de self-défense après une agression, elle ne sort pas sans son chien, Hulk. » Déteste les hommes et ne se laisse pas facilement approcher » A un appétit de moineau » Tient une radio pirate et un blog-journal » Enquête activement sur l'infection, au risque de se mettre en danger » A depuis peu une arme à feu dont elle ne sait pas se servir » Annexes
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Inventaire : Kahr K9, Boîte d'Ibuprofène 200mg (30 comprimés), Kit de premiers soins (4 compresses stériles, produit désinfectant, 8 pansements, 2 bandages), Boîte de Tramadol 200mg (30 comprimés)
Sam 22 Sep - 10:32

Son cœur rata un battement quand il accepta et se serra la seconde d’après. Elle ne comprit pas pourquoi elle ressentait tout ça, mais se contenta d’un sourire plein de gratitudes, bien qu’assez discret finalement. Sortant du véhicule, elle ouvrit la porte et retrouva l’endroit qui lui correspondait. Même sa sœur, qui vivait avec elle – et bien absente pour l’occasion – n’avait pas réussi à mettre sa marque sur ce lieu. C’était son sanctuaire, un lieu sacré à ses yeux, qui n’accueillait que ceux qui possédaient son approbation. Soulagée de regagner sa grotte, Shea se tourna vers Anton sans pouvoir cacher ce sentiment qui l’envahissait : l’impression d’être enfin chez elle, loin au propre comme au figuré, de tout ce qui lui faisait du mal.

Savoir désormais si Keith parlerait de tout ça, d’elle, de ce qu’ils lui avaient fait, ne la concernait plus. En tout cas, plus pour cette heure-ci. Probablement que la culpabilité reviendrait la taquiner d’ici quelques jours mais il y avait tellement à faire à Boston, et surtout à trouver du repos qu’elle ne s’en souciait guère. Ses yeux sombres exprimèrent donc ce sentiment de libération, sans être pour autant décharger des horreurs qu’elle avait traversé. Cette tumeur-là, Shea était sûre de la garder toute sa vie désormais : qu’importait, le savoir permettait de composer plus facilement avec. Mieux valait être prévenu…

Cependant, Anton ne lui laissa pas le temps de souffler. Les traits tirés par la fatigue, mais surtout une lueur dans les yeux qui trahissaient à la fois son courage et son appréhension, il lui demanda son attention. Il avait besoin de lui dire quelque chose, ça n’était plus seulement une volonté tut depuis trop longtemps mais une nécessité. Leur relation, leur amitié, ce lien qui les unissait, était aussi atypique qu’inexplicable. Il n’y avait rien qui pouvait justifier le fait qu’ils se soient autant rapprochés en quelques mois, rien d’évident en tout cas. Et Shea se posait souvent la question de savoir pourquoi lui parvenait encore à graviter dans son monde désolé.

De même que lui ne pouvait pas comprendre sa souffrance, elle ne pouvait pas comprendre sa solitude ou le pourquoi il s’était senti aussi heureux avec elle. Patiemment, elle écouta, et elle ne comprit pas sur l’instant pourquoi tout ça n’était pas censé l’aider. Sans doute que le contre-coup viendrait plus tard. Jusqu’à la fin de son discours, la brune resta suspendue à ses lèvres, à ses mots, à cette déclaration qui se passait de l’essentiel pour quand même en venir au fait. Jusqu’à la dernière de ses révélations, elle garda le silence et plus encore quelques minutes après. Shea ne voyait même pas quoi lui répondre.

Était-ce réciproque ? Elle n’en avait aucune idée. Elle l’appréciait, beaucoup. Elle comptait sur lui, et tenait à lui. Alors très probablement que c’était le cas. Était-elle vraiment capable d’aimer de toute façon ? Pendant longtemps, elle avait eu l’impression de ne plus en être apte, que Keith avait pris ça avec lui en la violant. Pour autant, était-ce vrai ? Pouvait-elle aimer, du moins à sa façon ? Et puis, les quinze ans qui les séparaient la frappèrent comme une claque, leurs différences s’imposèrent à elle comme une chappe de plomb sur ses épaules frêles.

Pour autant, elle les ignora avec la force de l’espoir : elle avait envie d’être aimé, pour de vrai. Par quelqu’un, pour peu qu’il soit sincère. Elle avait envie d’aimer en retour, de se prouver à elle-même qu’elle n’était pas aussi cassée qu’elle ne le pensait. Alors, Shea s’approcha d’Anton, et parvenu devant lui, elle passa une main sur sa joue encore mal rasée, qu’elle caressa du pouce. Se détachant des mots, la brune se hissa sur la pointe des pieds, et posa un baiser sur ses lèvres.



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