We fall down like dogs playing dead

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Lun 13 Nov - 1:33

We fall down like dogs playing dead
Dickens & Burrows



Aujourd’hui était une de ses journées qu’elle aurait préférée oubliée. En fait, c’était le genre de journée qu’elle aurait aimé manquer, juste oublier ses rendez-vous, ne pas se lever, ne pas être organisée ne pas savoir. Sauf que ce n’était pas le cas et qu’elle le savait trop bien. Elle se devrait d’être la bonne mère qu’elle était et faire face à ses démons.

Elle avait donc passé la soirée de la veille à tenter de se ronger les ongles, se rappelant qu’ils poussaient tellement lentement qu’elle était mieux de les garder de bonne longueur. C’était le combat de sa vie. Alors, au lieu de les ronger, elle les manucura, prenant le temps de choisir une couleur parfaite pour la journée du lendemain. Elle allait être parfaite, elle comptait être en contrôle de tout, même de la couleur de ses ongles. Revoir Tyler, de façon volontaire, c’était tellement… différent. C’était angoissant. Le petit était couchée, Peter était sorti, elle avait bien le temps de se faire une manucure et de stresser pour un rien. Elle avait fini par sombrer dans le sommeil, un sommeil troublé et anxieux, mais au moins, c’était du repos bien mérité.

Son avant-midi à la galerie était passé à vitesse grand V, trop pour qu’elle se sente à l’aise pour la suite. Elle avait grignoté un sandwich dans son SUV en route vers l’est de Boston, un petit quartier tout simple. La circulation était dense, lente, parfois entrecoupé d’ambulance passant rapidement, de policer et autre. C’était cela de plus en plus, faudrait bien s’y habituer. Au moins ça lui permettait de manger avant de se rendre à son rendez-vous. C’était le premier pas que Tyler avait à faire pour obtenir la garde partagée et elle détestait l’idée. Pas qu’elle ne voulait pas du tout de lui dans la vie de Dean, mais… mais de loin c’était bien, non ? Oh, on lui avait spécifié qu’il avait changé, qu’il c’était amélioré et qu’il tentait de s’en sortir, mais elle ne voulait pas le croire. Elle refusait de lui donner cette chance. Elle voulait offrir de la stabilité à son fils et ce n’était pas en remettant Tyler dans leur vie que ça allait fonctionner. En fait, c’était peut-être dans sa vie à elle qu’elle ne voulait pas revoir Tyler… mais elle ne comptait pas le dire à voix haute ça.

Le seul problème, c’est que c’était dans ses droits parentaux et malgré l’injonction qui ne tenait plus vraiment avec les années, elle se devait d’aller à ce stupide rendez-vous avec un conseillé familial pour tenter de mettre à plat leur relation. C’était un truc ridiculement inutile, mais elle pouvait comprendre l’idée derrière. S’il était pour avoir des visites supervisées avec Dean avant le procès, il fallait qu’ils arrivent à se regarder dans les yeux et être sympathique. Le tout, pour le bien du petit.

C’était ce qu’elle se répétait encore et encore tout au long de la route, mais aussi en remontant l’aller vers le bureau de monsieur le conseillé. Cogner à la porte fut une épreuve et l’attente ensuite fut encore pire. La porte finie tout de même par s’ouvrir à son grand malheur. Elle aurait préféré qu’il ait oublié, il fallait bien l’avouer. Elle le salua, le jugeant un peu, jugeant l’endroit. C’était une maison ordinaire, un bureau à domicile, un truc sympa pour leur budget. Le conseillé semblait sortir tout droit de l’école, un sourire invitant aux lèvres, le genre qu’elle n’aimait pas. En fait, elle aurait apprécié, un autre jour, pas aujourd’hui.

Elle prit une grande respiration, lui souriant en retour pour finalement entrer à l’intérieur et passer la porte d’un petit bureau. Il lui offrit le… canapé. Un canapé deux places minuscules, gris, s’agençant avec la pièce. Il y avait quelques tableaux pour décorer l’endroit, le genre de ceux qu’on achète dans une boutique de décoration quelconque. Rien d’attrayant, mais c’était propre. Sauf qu’elle continuait de fixer le canapé, les deux seules places assises autres que la chaise du conseiller. Elle serait assise sur ce canapé avec Tyler ? Elle ne s’en sortirait pas, elle le savait. En général, une porte les séparait toujours et elle la claquait très vite, fallait bien l’avouer.

Elle prit place dans un coin du canapé. Le plus loin possible dans le canapé, mais elle avait toujours l’impression qu’il serait trop près. Son cœur battait à toute vitesse. Elle était arrivée la première, rien d’étonnant. Elle osa espérer qu’il oubli, ça leur aurait tous les deux rendus services, fallait bien l’avouer. Sauf que le conseiller sorti de la pièce pour aller ouvrir la porte de nouveau. Elle soupira, tentant de se construire un visage amène, mais… elle stressait, trop pour son propre bien être. Elle aurait clairement préféré passer 18h à l’attente des urgences malgré les risques de grippes plutôt que d’être là à attendre qu’il entre dans la pièce. Pourquoi est-ce qu’il voulait tout changer maintenant ? Pourquoi est-ce qu’il n’était pas capable de les laisser tranquille ? Ils étaient bien là, non ?


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Lun 13 Nov - 23:16




Ft. Hannah && Tyler
Le réveil sonne. Ça va bien faire une vingtaine de minute que j’attends cet instant : qu’il sonne. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit, quasiment. Je hais ce moment où l’on se place en état d’attente interminable. Mon costume était préparé. Quelle idée de s’habiller de la sorte. Mais c’est pour la bonne cause. Je me redresse dans le lit et du bout du doigt, j’éteins le maudit appareil électronique indiquant l’heure de se lever. Une douche et un café plus tard, je me retrouve habillé comme un riche proctologue, prêt à enfoncer une partie de lui-même dans n’importe quel endroit pour obtenir ce qu’il veut. Certes, un proctologue le fait pour le blé. Je me rassure en me disant que je le fais pour les gens que j’aime. J’analyse la porte de Matthew, encore en train de récupérer de sa folle nuit. Si je n’étais pas aussi respectueux du bien-être d’autrui, j’aurais sans doute démarré la guitare électrique pour me détendre dessus. L’heure qu’indique l’horloge ne me convient pas du tout. Il est bien trop tôt. Je ne vais tout de même pas tourner en rond tout ce temps ?

J’attrape ma veste, mes clefs et mon portefeuille. Je rejoins la rue et commence à gambader dans les rues. L’objectif ? M’aider à passer le temps beaucoup plus vite. Ça ne fonctionne qu’à moitié. En plus de devoir affronter le froid et le risque de me prendre une saucée sur le coin du nez, je n’ai nulle part où aller. Je suis sorti bien trop tôt. J’opte pour un second café. Je rentre dans un établissement, et commande un rallongé. A peine livré, j’y incorpore le sucre et touille frénétiquement. C’est à peine si j’en bois une goutte, tant il est ignoble. Je jette un coup d’œil à la télévision, animait l’endroit sordide. Des clips musicaux de chansons populaires y sont diffusés en boucle, avec en dessous, des messages qu’envoient des personnes à un numéro spécifique. Je n’ai jamais vraiment pigé ce principe. Un des clients réclame la chaîne des informations, pour se renseigner sur cette satanée grippe. De nouveau un soupir. Si l’on me donnait un dollar pour chaque soupir expiré ce jour, je renflouerais vite mon compte bancaire.

Je reprends bien assez vite ma déambulation dans les rues, m’arrêtant à un parc de jeu. Je m’installe sur un banc et regarde les enfants s’amuser, sans cesser de penser un seul instant à mon fils. C’est pour lui que j’ai posé une journée de repos, et enfilé ce costume ridicule. Me perdre dans mes réflexions m’en fait oublier toute notion du temps. Ce n’est que lorsque je consulte mon téléphone portable -bien trop silencieux à mon goût, que je rends vite compte de mon retard. Branle-bas de combat ! Je bondis du banc et me met à marcher d’un pas rapide vers la sortie du parc. Je remonte dans le sens inverse les rues que j’ai parcouru. Lorsque j’arrive à proximité de l’immeuble où je vis, je retrouve mon vieux pick-up. Je le démarre pour me diriger ensuite vers le lieu de mon rendez-vous : un conseiller censé m’aidé à retrouver mon enfant.

Je frappe à la porte d’une espèce de maison. Je découvre un visage d’homme assez jeune. Il me fait entrer après des salutations polies, et m’invite à me diriger vers ce qui semble être son bureau. Lorsque je franchis le pas et me retrouve dans cet espace, lieu d’une torture future, j’y découvre Hannah. Je ravale ma salive et ne sait pas vraiment comment réagir. Ça me noue le cœur de la voir. A chaque fois. Je dois la saluer ? Lui tendre la main ? Lui faire la bise ? Comment procéder ? Et dire que j’ai embrassé cette femme tous les jours que Dieu a fait durant bien huit années… « S…Salut? » C’est tout ce que je trouvais à dire ? La saluer vulgairement et basiquement comme si en prime je lui demandais l’autorisation de le faire ? Je m’installe à côté d’elle tout en la dévisageant. Elle ne semble pas très à l’aise non plus. De quoi ? Je n’en sais rien. Mais je suppose que cette proximité entre nous dû à ce canapé n’arrange rien. Je maintiens mes mains sous mon manteau replié sur mes genoux. Je ressens une grosse chaleur emplir mes veines. Le conseiller entreprend d’énumérer les raisons de nos venues. « Alors. Monsieur Burrows, Madame Dickens. Nous sommes ici aujourd’hui pour… » Célébrer notre union ? Ne brûlons pas les étapes ! « …faire le point sur la possibilité qu’a Tyler de récupérer en partie la garde de votre enfant. » On oubli le « Monsieur Burrows » ? Alors j’ai mis ce costard pour rien ? Je soutiens ses propos d’un mouvement de tête. « Nous allons peut-être commencer par voir ce que vous en auriez à dire, Hannah. Qu’en pensez-vous »
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Mar 14 Nov - 4:43

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Elle n’avait plus du tout envie d’être dans se canapé. Elle avait surtout envie de fuir, mais elle avait un problème de taille : il n’y avait qu’une seule porte. Donc, même à fuir, elle finirait par faire face à face avec des indésirables, genre… son ex. Bon, ce n’était pas un terme des plus sympathiques, mais c’était ce qu’elle ressentait dans l’instant et personne ne le saurait, donc ça allait. Elle resta donc assise, attendant le jugement dernier et il arriva finalement. Elle cessa de respirer un instant, sans réellement s’en rendre compte. Ses yeux c’étaient posés sur lui, c’était suffisant pour que le monde entier cesse de tourner. Elle aurait voulu simplement claquer la porte, mais elle n’avait rien pour se cacher. Elle n’était pas du tout encline à la discussion, mais vraiment pas. C’est surement pourquoi il fit les premiers par, ouvrant le dialogue par le « salut » le plus incertains de l’histoire de l’humanité. Elle aurait voulu ne pas lui répondre, l’ignorer, mais ça ne se faisait pas. Alors, aussi bien faire semblant et lui répondre chaleureusement, mais elle n’y arriva pas. À la place, elle laissa tomber un petit « Salut. » froid, sèche. À la limite, la toundra était un endroit paradisiaque a comparé. Elle ne faisait pas exprès d’être comme cela avec lui, c’était… défensif ? Sauf que c’était difficile à expliquer et soudainement, le conseillé réalisait que la prochaine heure serait peut-être un peu plus complexe que prévue.

Il vint finalement s’assoir sur le canapé et juste ça, c’était beaucoup trop. Il était trop proche. Trop près et trop loin à la fois, elle n’arrivait pas à se décider. Elle le fixait, cherchant à reprendre le contrôle sur le fil décousu de ses pensées quand l’autre se mit à parler et elle tenta péniblement de se concentrer sur ce qu’il disait. Elle détestait l’idée. Elle détestait qu’il pose l’idée, qu’il la nomme. Pourquoi est-ce qu’il parlait directement de garde hein ? Des visites, ça serait déjà pas mal non ? Genre… à Noël de chaque année bissextile. C’était une suggestion plus qu’acceptable quand même.

Et là, bouffé de chaleur, retournement dans l’estomac, papillon et j’en passe. Il voulait qu’elle parle ? Là, maintenant ? La première. Il n’avait même pas à tenter de supplier que déjà elle devait émettre ses réserves. Ce n’était pas très juste tout ça. Sauf qu’il fallait parler et même si elle évitait particulièrement de regarder dans la direction de Tyler, elle se devrait d’ouvrir la bouche un jour. Au moins, elle pouvait répondre au conseillé tout en ignorant totalement l’homme assit à moins d’un mètre d’elle. Elle prit donc une simple inspiration avant de se lancer : « Je trouve qu’on brûle les étapes. On parle déjà de garde quand on devrait juste parler de droit de visite. Je me suis battue toute ma vie pour offrir à mon fils de la stabilité, je ne vais pas sacrifier cela maintenant parce que monsieur vient de réaliser qu’il était loin d’être élu père de l’année. » Elle aurait peut-être voulu être légèrement moins froide, moins abrupte, mais elle n’y arrivait pas. Elle lui en voulait de vouloir lui voler son fils de la sorte. Il ne le méritait pas. Il avait choisi de les perdre, il fallait assumer jusqu’au bout, pas se rétracté au bout de plus de sept ans. Elle se passa une main dans les cheveux, observant toujours avec attention le conseillé, sans jamais poser ses yeux sur Tyler. Fallait quand même éclaircir un peu plus son point, non ? Finir son idée et ouvrir un sujet de discussion quelconque : « Dean est encore jeune, il est impressionnable et je n’ai pas envie qu’il idéalise son père et son oncle pour ensuite enchaîner les conneries comme eux. C’est pas un environnement pour un enfant de cet âge. Je suis d’accord que Dean a besoin de voir son père, mais… mais j’ai pas confiance et on ne peut pas me le reprocher. »

Le pire, c’est que c’était tellement vrai. C’était juste ça. Elle lui refusait la garde, non pas parce qu’elle voulait lui faire du mal. C’était juste pour protéger son enfant. Elle ne s’imaginait pas laisser Dean à Tyler et qu’il boive ou que Matthew revienne d’une énième connerie, saoul, drogué, la gueule en sang. Elle arrivait très bien à s’imaginer le pire scénario possible et à le croire sur parole. Tyler avait perdu sa confiance il y avait de cela trop longtemps. Il n’arriverait pas à la retrouver, jamais. Il fallait qu’il se fasse à l’idée. Sauf que le conseillé enchaînait, inexpressif. C’était limite troublant en fait, mais elle l’écouta dire : « Je comprends vos réticences, Tyler, qu’avez-vous à répondre à Hannah ? » et ça allait être de pire en pire, elle le sentait…

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Mer 15 Nov - 19:46

Comme j’aurai dû m’en douter, les propose d’Hannah tombent sur moi, comme la lame d’un bourreau. Je ravale ma salive et ne peux maintenir mon regard droit, baissant peu à peu ce dernier vers le sol. Je peux ressentir ses sentiments de doute et de peine, cumulé à un amour mué en haine. Elle me déteste, elle que j’ai tant aimé et serré contre moi. Je n’ai pas su faire les choix qu’il fallait à cette époque. Je voulais me rattraper et devenir meilleur pour Dean. Pour elle. Et pour moi. Exit Matthew de cet équation. Réagissais-je trop tard ? Sans doute. Mais il vaut mieux tard que jamais, pas vrai ? Lorsque le psy’ me demande de répondre à mon tour, je relève les yeux vers lui, après un regard rapide vers Hannah. « J’ai été ravage après le depart d’Hannah. Je me suis retrouvé seul du jour au lendemain et j’ai perdu complétement les pédales. J’ai fais des conneries, m’entraînant dans l’alcool. Mais j’ai arrêté. Et je fais tout, pour ne pas replonger. Je ne suis même pas tenté de le faire car depuis quelques années, je n’ai qu’un objectif : revoir mon enfant, et pouvoir l’accompagner. Pouvoir simplement être un père pour lui. Je rejoins Hannah. Je ne veux pas brûler les étapes. De simples visites pour commencer seraient bien, non ? Je veux dire… Je veux faire les choses correctement, et que ça soit acceptable de part et d’autre. » Je m’étais tourné vers Hannah pour cette dernière phrase, m’adressant directement à elle.

Je marque une petite pause, le temps de récupérer le fil de mon monologue, tant je me perds dans mes pensées. « Je veux prouver que je suis devenu meilleur. Non pas pour moi, mais bel et bien pour notre enfant, Hannah. Et pour toi. Tu as vu un truc que je n’ai pas su voir à une certaine époque. Mais je réalise que tu avais raison. Je ne peux pas toujours être là pour Matthew, et je veux le guider correctement vers une vie. Mais… » « Monsieur Burrows, c’est intéressant que vous ameniez votre frère dans cette discussion. Comment percevez-vous Matthew dans cette quête que vous vous êtes fixé ? Pensez-vous qu’il soit une menace ? » « Si vous êtes en train de dire que mon frère est dangereux pour Dean, vous vous trompez ! » Dis-je, en le fixant. « Il n’est pas parfait et a fait largement son quota de connerie. Et même si je compte bien gentiment le guider vers sa propre vie pour pouvoir profiter pleinement de la mienne, ce n’est pas pour autant que je le perçois comme une menace. Je veux dire il a été nuisible pour notre mariage, mais il ne le sera clairement pas dans ma relation paternelle avec mon enfant. » Ma réponse finie, j’attends une réaction de la part de l’homme. Mais il semble occupé à griffonner sur son carnet.

« Avant de vous demander votre avis, Madame Dickens, j’aimerai en savoir plus du côté de Tyler. Comment pensez-vous que votre ex-femme réagisse après ce que vous venez de dire sur Matthew ? Partage-t-elle votre avis ? » « J’en sais rien… Sûrement pas. Matthew est sans doute un des facteurs de notre divorce et… Enfin, j’imagine que si jamais Hannah devait décider seule, il est claire et net que j’aurais écopé de la peine capitale ! » finis-je, souriant d’un air triste à ma propre blague. Je me rends vite compte qu’elle est de mauvais goût et efface ce sourire aussitôt de mes lèvres. « Un avis sur tout cela, Madame Dickens? »
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Jeu 16 Nov - 3:17

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Ravagé ? Ravagé par son départ ? Elle avait envie de lui en foutre une tien, il le méritait pleinement. C’était surement le meilleur moyen pour qu’elle le regarde enfin, mais ce n’était pas pour le faire avec les yeux tendres, loin de là. Si ses yeux auraient été des poignards, il serait surement mort, mais il arriva à gagner un peu de points quand il parla de sa volonté d’être un père pour Dean sans brûler les étapes. Oh, elle le détestait un peu moins juste pour ça. Il acceptait d’y aller doucement. C’était bien pour Dean, mais surtout bien pour elle, fallait bien l’avouer. Elle aurait voulu intervenir, mais elle le laissa parler, parce que c’était à son tour de toute façon. Son regard croisa le sien et son cœur chavira, comme à chaque fois. Ça faisait tellement longtemps, pourquoi elle réagissait encore comme cela après tout ce temps ? Elle hocha la tête, discrètement. Acceptant l’idée de visite, y aller doucement.

Et il enchaina, lui parlant à elle directement. Elle ne c’était pas imaginée le faire. Oui, c’était con, mais elle avait cru parler au conseillé plus qu’à lui, elle n’arrivait jamais à lui parler et là, elle était forcé d’écouter. Il lui donnait raison en prime. Elle ouvrit la bouche, la referma tout aussi rapidement pour l’interrompre, simplement stupéfaite. Sauf qu’il parlait de Matthew et que ce n’était jamais pour plaire, sauf que le conseillé l’interrompit. Oh, il avait le droit lui? Même elle savait que Matthew n’était pas dangereux, il était une mauvaise influence, un mauvais exemple à donner à un enfant influençable, mais pas mauvais en soi. Le pire, c’est qu’il affirmait que Matthew avait été nuisible dans leur mariage et elle roula des yeux. Elle ne put s’en empêcher en fait. Ce n’était pas Matthew qui avait été nuisible, c’est Tyler qui prenait ses propres décisions et priorisé Matthew était clairement une mauvaise idée, mais bon, le mal était fait de toute façon. Le conseillé continuait et Tyler enchainait et elle eut envie de se rebeller, le sermonner, mais elle se retint puisque ce n’était pas à elle de parler, sauf que oui, ce l’était. Elle avait à donner son avis maintenant. C’était une mauvaise chose non ? Oui, totalement. « Si j’avais eu à choisir, ton frère aurait passé beaucoup plus de temps en cellule de dégrisement, on n’aurait pas dépensé un centime en caution pour nous payer une super maison pour tous les trois et nous deux, on serait encore marié, mais tu as décidé. TU as décidé de faire passer les conneries de ton frère avant ta femme et ton fils. Notre divorce, c’est pas de la faute des conneries de ton frère, c’est de la faute de tes mauvaises décisions face à ses conneries. » Et elle le regardait en disant cela, elle était froide, à la limite entre la colère froide et le calme plat. Pour une fois qu’ils pouvaient mettre les choses au clair, aussi bien en profiter.

« Sauf qu’on est là pour parler de Dean, pas de nous. Si tu veux un droit de visite, je n’ai rien contre, il sera même super heureux de passer du temps avec toi. Juste que je ne m’imagine pas te le laisser pour un week end. Pas avec toutes les conneries qui se passent dehors. Il va se passer quoi si tu le gardes à coucher et que ton frère se fait encore arrêter, hm ? Tu le laisses à la maison pour accourir au secours de Matthew, encore ? Tu vas le réveiller pour lui faire visiter le commissariat ? Non merci. Et encore, s’il débarque chez toi complètement ivre ou pire. C’est pas l’exemple que je veux donner à Dean. J’ai tout fait pour qu’il soit bien, je n’ai pas envie que tu foutes tout en l’air Tyler. » Oui, c’était se projeter dans l’avenir, oui c’était un peu bas, mais elle s’en fichait. Elle voulait qu’il comprenne où se trouvait la limite. Elle acceptait de petites sorties ici et là, pour le bien de Dean. Si elle trouvait que, pour une raison ou une autre, ça nuisait au développement de son fils, elle arrêterait sur le champ. Sauf qu’elle ne pensait pas que ce serait le cas. Elle arrivait encore à rester un minimum objective, fallait bien l’avouer.  Elle avait ramené son regard sur le conseillé, le défiant mentalement de dire quoique ce soit en faveur de Tyler dans cette histoire. Il continuait de griffonner sur son carnet et elle attendait le verdict. Sauf qu’elle ne s’attendait pas réellement à la suite… « Eh bien, il est rare d’arriver rapidement à se mettre d’accord dès la première rencontre sur une piste de solution, mais vous semblez tous les deux d’accords pour commencer par un droit de visite. »

Elle cligna des yeux doucement, réalisant qu’il venait de souligner l’évidence, mais elle n’était toujours pas certaine d’être d’accord avec l’idée. Non mais, elle était d’accord avec l’idée générale, mais la mettre en application semblait tellement complexe. Il n’avait donné le droit de parole à personne, mais elle vint pour le prendre quand il enchaîna : « Sauf qu’un droit de visite est toujours sous supervision, il faut donc voir si vous acceptez de vous entendre à l’amiable et que Madame soit présente lors des visites ou que les visites se fasse à l’aide d’une tierce personne. Tyler, accepteriez-vous de voir Hannah à chacune de vos rencontres avec Dean? Ou préfèreriez-vous être accompagné de quelqu’un d’autre ? » Elle tourna machinalement son regard vers Tyler avec l’envie de connaitre la réponse, autant, sinon plus, que le conseillé. Est-ce qu’elle préférait être là ou pas ? Oui, la réponse était oui, elle préférait être présente. Sauf que… ça impliquerait de voir Tyler plus souvent et là… elle ne savait pas si elle y arriverait. Elle savait très bien que Peter détesterait l’idée, ça, c’était l’évidence en ce moment. Restait à savoir ce que préférait Tyler.

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Sam 18 Nov - 15:45

Point positif, le conseiller trouve que nous sommes rares. Tout du moins, que notre entente l’est. Ce n’est pas bien ça ? On dirait bien que ça sous-entende que nous sommes exceptionnels en tant qu’ancien couple. Donc que nous le fûmes en tant que mari et femme. Je me fais des films, pas vrai ? De toute façon je ne suis pas là pour ça. Aussi étonnant soit-il, nous tombons sur un accord concernant les visites dans un premier temps. Mais il n’y a bien que sur ça que nous nous accordons. Lorsqu’elle me reproche ce qu’elle a sur le cœur, c’est une mine déconfite qui s’affiche sur mon visage. Je baisse le regard, la fuyant, ne trouvant du réconfort qu’à l’entente de la voix du conseiller. On ne ressent aucune expérience dans son domaine à mesure qu’il parle. Quoiqu’il en soit, il évoque les droits de visite accompagné d’Hannah ou d’une tierce personne. Je ne connais très franchement personne de neutre. Et en dehors d’Hannah, aucun à ma connaissance n’est apte à avoir du recul sur moi. Mais vu la haine qu’elle semble me porter, cela risque d’être compliqué. Je me tourne vers elle, et son regard inquisiteur en dit long. « Je veux bien faire des efforts, et accepter de le voir mon… notre fils devant Hannah. Je n’ai rien à lui cacher. J’ai toujours été franc avec elle. Et je ne veux pas qu’elle pense que je remplisse l’esprit de notre enfant de doute et de haine envers sa mère. » Au cours de ce discours, je m’étais tourné vers le conseiller qui hochait de la tête et griffonnait sur son carnet.

Le jeune homme nous faisant face, semble se plonger dans une longue réflexion avant d’émettre une idée. « Eh bien, on ne peut nier les efforts de Monsieur Burrows, n’est-ce-pas, Madame Dickens ? Nous devrions pouvoir mettre en place des rendez-vous hebdomadaire, n’est-ce-pas ? » Il semble attendre une réponse. Certes, cela m’enthousiasme, mais qu’en est-il de mon ex-femme ? Je lui lance le même regard inquisiteur que notre interlocuteur, tout en répondant. « Je suis partant, mais… Je ne veux pas mettre à mal Hannah… » Bien sûr, nous lui laissons un temps de parole, à cette femme concernée. Durant cet instant, je me surprends à la détailler du regard. Sa jolie chevelure blonde, ses yeux d’un bleu intense, sa finesse dans sa façon de se maquiller et se vêtir. Et son parfum… Celui-là même que je tente de me remémorer lorsque, dans un élan nostalgique, je pense à elle. Sans m’en rendre compte, je rougis et détourne de nouveau mes yeux vers le bas. Mon dieu, l’amour que j’ai pour elle ne m’a pas quitté un seul instant.

Soudainement, l’homme me sort de mes songes pour venir exposer son idée saugrenue. « Puisque nous arrivons gentiment sur un accord concernant une éventuelle entente. Et puisque nous avions prévu deux heures pour se faire, il ne nous reste pas loin de la moitié du temps. Si nous parlions un peu plus de vous. Où en êtes-vous dans vos vies respectives ? On va commencer par Monsieur Burrows. Quel est votre situation professionnelle et amoureuse ? » Les seuls mots qui me viennent en tête en entendant cela est « Eh merde… » Je soupire et le regarde de nouveau. « Je travaille dans un garage depuis plus de dix ans. Ça a toujours été ce point-là. J’y ai fais un apprentissage et je n’ai jamais quitté ce boulot. Par contre niveau amoureux je… Euh je… comment dire. » Je jette un regard gêné vers Hannah et rougis d’autant plus. « Je n’ai jamais su me reconstruire. Même s’il y a bien eu des occasions, je n’ai jamais pu franchir ce cap d’enterrer notre couple pour démarrer quelque chose d’autre. » « Dois-je comprendre que vous n’aimez plus personne, Monsieur Burrows ? » Il me prend pour un asocial ce type. Je grimace en reprenant « Non! Ce n’est pas ce que j’ai dis. C’est simplement que j’ai… Je n’arrive pas à me sortir Hannah du crâne, et… C’est gênant… Je préfère m’arrêter là. » « Bien… Madame Dickens ? De votre côté ? »

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Sam 18 Nov - 17:07

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Ce n’était pas bien difficile de faire passer les intérêts de Dean avant les siens, elle l’avait toujours fait. Juste qu’elle ne s’attendait pas vraiment à ce qu’elle doive faire autant. Heureusement pour elle, elle n’en voulait pas trop à Tyler. Il avait merdé, mais pas au point de lui balancer des assiettes à chaque fois qu’elle le croisait. Il semblait tellement triste, tellement… elle n’aurait pas su dire quoi en fait, mais elle n’aimait pas trop le voir comme ça. Alors, s’ils devaient parler de visite ponctuelle pour le rendre un peu plus heureux, pourquoi pas.

Finalement, il était d’accord pour des visites ponctuelles avec elle. Est-ce qu’elle, elle était prête à ça ? Pour ne pas s’éloigner de son fils, elle le ferait, mais… mais voir Tyler régulièrement ? Est-ce qu’elle était prête à ça ? Clairement pas. Le pire fut quand il évoqua l’idée de remplir la tête de Dean de conneries. Oh Dieu… non ? Bon d’accord, il disait qu’il n’allait pas le faire, mais juste le fait qu’il l’évoque l’angoissait totalement. Le conseiller continuait de griffonner, elle ne savait plus quoi dire, ni quoi faire. Elle attendait juste le verdict de monsieur qui vint beaucoup trop rapidement à son goût. Le conseiller soulignait les efforts de Tyler, Tyler acceptait, mais… mais… « Hebdomadaire ? Je n’ai pas un horaire stable, c’est pas simple pour moi. Y a pas moyen de juste… m’engager à une rencontre par semaine ou aux deux semaines et lui texter mes disponibilités ou lui envoyer un mail, je sais pas. Comme ça, il choisit ce qui lui convient le plus ? Je sais que ce n’est pas le  mieux, mais en ce moment y a rien de simple.» Parce qu’elle devrait gérer ça toute seule, elle n’imaginait pas Peter avoir envie de l’aider à planifier une rencontre par semaine avec Tyler. En fait, Tyler était un sujet assez tabou dans leur couple et maintenant qu’il refaisait surface, elle ne savait pas comment Peter allait réagir, mais elle comptait bien diminuer les risques de réactions négatives. Voilà, le marché était conclu, Pour le meilleur comme pour le pire ?

Elle s’imaginait déjà prendre son sac à main et partir, mais le conseiller en décida autrement, proposant qu’ils parlent un peu d’eux. Au moins, c’était d’eux en tant qu’individu, pas en tant que « ensemble ». Elle ne voulait pas parler de leur passé, elle ne comptait pas passer à autre chose, juste laisser le silence régné entre eux.  Elle tourna son regard vers Tyler, prête à l’écouter. Il travaillait toujours au même endroit, c’était bien ça. Elle avait toujours aimé le voir bosser dans une voiture. Comme ça, quand elle finissait recouverte de peinture et lui de cambouis, ils étaient sur un pied d’égalité. Elle se permettait beaucoup plus de peindre à l’époque. Sauf que le ton de la conversation avait changé. Tyler était beaucoup plus mal à l’aise soudainement et elle comprit rapidement pourquoi. Il parlait de relation amoureuse et… et il n’en avait pas. En fait, ce qu’il rajouta était certainement pire puisqu’il balançait qu’il n’avait pas su se sortir sa femme de la tête. Pff, comment la faire passer pour la méchante quoi. Elle, elle avait su se reconstruire et tout. Et le pire, c’est que monsieur le conseiller en rajoutait et là, c’était elle qui était mal à l’aise. Il aurait dû s’arrêter avant, parce que là, c’était complexe. Il n’arrivait pas à se la sortir de la tête et elle venait d’accepter de le voir à chaque semaine… « Hm, je suis passée de simple artiste à galeriste, je possède ma propre galerie d’art et j’organise les événements qui s’y rattache. Ça n’a pas été simple de me lancer en affaire, mais mon mari m’y a aidé et j’arrive maintenant à voler de mes propres ailes. Je me suis remarié il y a cinq ans, Peter et Dean s’entendent très bien, on vit dans une maison dans un bon quartier de la ville et on est heureux.» ce qui était tout à fait vrai, mais elle le disait avec une certaine distance, sans réelle émotion. Parce qu’elle connaissait la réponse par coeur, mais qu’elle ne se sentait pas à l’aise de la dire. Elle le devait, mais elle ne ferait pas dans l’émotion comme Tyler. Elle c’était reconstruite, elle assumait pleinement ses choix et vivre loin de la tempête Matthew lui allait parfaitement bien. Sauf que, maintenant qu’elle y pensait… aussi bien se tourner vers Tyler et plonger son regard dans le sien, elle voulait la vérité et il était mauvais menteur à qui savait regarder : « Mais attend, ça va pas poser problème qu’on recommence à se parler et qu’on se voit si tu n’as pas réussi à passer à autre chose ? Tu commences à peine à réussir à faire quelque chose de ta vie, j’ai pas envie de tout gâcher maintenant. » et elle était franche à ce sujet, même pas agressive, rien. Pour elle qui parle avec Tyler, c’était limite une première quand même.

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Véhicule : Ford F250 de 1969 bleu et blanc
Inventaire : Clef anglaise
Dim 19 Nov - 1:12

Je note qu’elle place déjà un frein à ma visite hebdomadaire auprès de notre enfant. Mais je note surtout que ce n’est pas un non catégorique. Je me contenterai du rythme qu’elle aura à m’offrir. Mais je ne compte pas lâcher l’affaire. Pas ce coup-ci. Je veux voir mon enfant. Je veux rattraper le temps perdu avec ce fils qu’elle m’a arraché et que je n’ai jamais vu grandir. Exit ses premiers pas, ses premiers mots, ses premiers Noëls. Mais en ce qui concerne l’avenir, je compte bien m’imposer dans ce script non plus en tant que variable mais bel et bien en tant que constante. Et pour le coup, je félicite mon esprit d’avoir su trouver la comparaison idéale avec le monde de l’informatique. Je ne lui jette toutefois pas la pierre pour avoir éloigné Dean de moi. Elle a fait ce qu’elle jugeait nécessaire et ce ne devait pas être facile pour elle. Ou bien… Au contraire ! Peut-être que ce n’est pas tant pour Dean qu’elle s’inquiétait mais bel et bien pour elle-même et sa faculté à se reconstruire après notre relation ? Peu importe ce qui la motivait. Ce qui est fait, est fait ! Mais à la question du conseiller, et ma réponse émise, nous nous tournons vers elle. C’est à ce moment précis où tout a capoté. Dire que j’ai su faire bonne figure jusqu’ici… Mais qu’elle me jette son bonheur en plein visage comme s’il s’agissait de steaks que l’on balance sur une poêle, c’en est trop !

Oh, on s’attend à ce que je réagisse comme un connard qui se met à hurler et piquer sa crise de jalousie ? Très peu pour moi, non merci. Je ne suis pas du genre à empiéter sur sa liberté à mener sa vie comme elle le souhaite. Par contre, cela ne m’empêche pas d’éprouver une immense peine et de camoufler mon regard vers le sol, sentant mon cœur se resserrer à mesure que je tente de retenir ces larmes. Pendant que je touchais le fond, elle flirtait avec un Jean-Richard des beaux quartiers. Comment l’en blâmer… Mais s’il avait été pire que moi ? Comment aurait-elle pu se requinquer de la sorte ? Quelque chose cloche, mais mon esprit est bien trop embrumé par la peine pour comprendre quoi. Puis ses yeux se posent sur moi, au moment où je relève les miens, croisant son regard, faisant battre de travers mon cœur meurtris. Elle s’adresse directement à moi. Et pour le coup, je ne nous vois plus assis dans ce bureau. Ce n’est qu’elle et moi, dans une zone spatio-temporelle indéfinie, errant dans le néant. Elle évoque un problème éventuel dans le fait que l’on se revoit. « J’en sais rien, Hannah. J’veux dire… Tout ce que je veux c’est revoir notre enfant. Et même si te voir auprès d’un autre me tiraillera sans doute le cœur, la joie que j’aurai à passer ne serait-ce qu’une heure ou deux par semaine avec Dean soignera tous mes maux. Même si ça m’ennuie de te le dire, ce n’est pas pour te voir toi que l’on est là aujourd’hui. Et même si d’apprendre que tout roule pour toi, c’est cool, ça n’empêche que ce n’est pas ce qui m’anime en ce moment même. Si te perdre m’a conduit jusqu’au fin fond d’un Boston on ne peut plus sombre et dangereux, parsemé d’ivrognes, espérer revoir Dean m’a donné le courage de m’en sortir et de reprendre ma vie en main. » Je n’aimais pas vraiment jeter ce genre d’argument envers mon ex-femme, mais je crois qu’elle a besoin d’entendre que chaque chose est clairement compartimentée dans mon esprit.

Cette fois-ci, je n’avais pas détourné mon regard vers le bas, comme je le faisais depuis le début. Non, je le soutenais droit dans le sien. Je ne me rends pas vraiment compte de ce que j’ai pu dire exactement à Hannah tant tout est trouble dans mon esprit. J’espère que l’idée est passée clairement et sans provoquer de dommages collatéraux.
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Informations : ✯C'est une artiste dans l'âme
✯Elle gère une galerie d'art
✯Elle est mère et épouse
✯Le père de son fils est sous injonction de la cour, mais il tente de retrouver ses droits de visite avec son fils
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Dim 19 Nov - 2:05

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Pas qu’elle ne voulait pas, mais… elle préférait mettre les balises plus large pour se donner une chance de manœuvrer. Elle arriverait surement à tout faire, à lui donner plusieurs heures par semaine, mais elle angoissait à l’idée de s’enfermer dans un carcan trop solide. À la limite, le plus difficile serait surement de trouver quoi faire à chaque fois. Parce que même si manger au resto une fois c’est bien, chaque semaine ça va finir par être long. Peut-être qu’ils finiraient par s’inviter à manger chez Tyler et qu’elle cuisinerait… Parce que bon, elle doutait qu’il se soit amélioré en cuisine depuis le temps.

Elle n’avait pas envie de répondre au conseiller, parce qu’il allait ouvrir une porte dans laquelle elle n’avait pas envie de s’engouffrer. Alors, elle avait récité sa vie comme on le ferait pour n’importe quoi. Genre, les trucs importants aux yeux de tous. Elle avait conclu par un « on est heureux » parce qu’elle l’espérait sincèrement. Elle y croyait même, du moins, jusqu’à tard le soir, mais c’était l’effet de la toile devant elle. Elle arrivait à s’en convaincre. Elle regretta peut-être un peu après, mais il était trop tard et au moins, comme ça, la limite était clairement tracée. Elle osa même en rajouter un peu, le questionnant sur sa façon de supporter sa présence, sauf qu’elle s’inquiétait simplement pour lui, rien de plus. Elle avait fait passer les besoins de cet homme avant les siens tellement souvent, qu’elle avait l’impression qu’encore aujourd’hui, une partie d’elle était dévouée à s’assurer qu’il soit bien. Elle avait besoin que les gens qu’elle aimait soit bien, c’était nécessaire.

Alors, elle laissa glisser son regard vers lui et plongea dans le sien. Il n’y avait qu’eux en ce moment, rien d’autre n’avait d’importance. Elle voulait juste avoir sa réponse et qu’il soit franc avec elle. Il voulait revoir Dean et elle comprenait cela. La suite lui fit plus de mal que de bien. En fait, il lui fit réellement de la peine quand il mentionna qu’il se fichait d’elle, Il ne l’avait pas dit dans ses mots là, mais, c’était comme ça qu’elle le sentait. Pourquoi était-elle autant blessée par ses mots ? Elle n’aurait pas dû. Elle tenta de ravaler difficilement sa peine, se passant une main dans les cheveux. Le pire, le pire c’est qu’il le verrait bien lui, parce qu’il la connaissait trop. Elle pouvait s’en sauver avec sa froideur naturelle et un sourire doux avec le conseiller, mais peut-être pas avec Tyler…   « Je ne t’empêcherai pas de voir Dean, je te le promets, mais si je te suis désagréable, on peut demander à quelqu’un d’autre d’assisté à tes visites, y a même des inconnus qui travail que pour faire ça. Je ne vais pas nous faire du mal juste parce qu’on le peut. Tu ne me verras pas avec Peter, mais si tu veux, tu ne me verras pas du tout. C’est ton choix.» Et sans trop réalisé, elle avait tendu la main vers lui pour la glisser dans la sienne un bref instant, rien de long, juste pour qu’il comprenne qu’elle tenait à lui un minimum. « C’est pas parce que nous on a merdé que je vais faire payer Dean, il a un père, il y a droit, mais tu as aussi le droit de profiter à 100% de tes petits moments de bonheur et si je ternie le tableau… j’ai pas envie d’être là. Est-ce que tu comprends ça? Le pire, c’est qu’elle était franche et elle n’avait pas encore récupérer sa main, mais elle le devait, elle le savait.

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