Wild child

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Shea A. McLaughlin
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Métier : Peintre
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A une grande soeur » Timide, sensible et introvertie » Connue sur Tumblr pour ses oeuvres, sous le nom de Drenshara » Féministe convaincue » A pris des cours de self-défense après une agression, elle ne sort pas sans son chien, Hulk. » Déteste les hommes et ne se laisse pas facilement approcher » A un appétit de moineau » Tient une radio pirate et un blog-journal » Enquête activement sur l'infection, au risque de se mettre en danger » A depuis peu une arme à feu dont elle ne sait pas se servir » Annexes
Véhicule : Scooter Vespa
Inventaire : Kahr K9, Boîte d'Ibuprofène 200mg (30 comprimés), Kit de premiers soins (4 compresses stériles, produit désinfectant, 8 pansements, 2 bandages), Boîte de Tramadol 200mg (30 comprimés)
Sam 11 Nov - 19:53

Son scooter se stoppa à quelques mètres de la caserne de pompier, ouverte pour l’heure. Elle avisa l’endroit d’un coup d’œil en coin, avant de prendre son courage à deux mains. Depuis quelques jours, Shea courrait les informations pour alimenter son blog et sa communauté, et elle voulait du sérieux. Sans trop savoir pourquoi, son esprit l’avait mené jusqu’à Isaiah, qu’elle avait rencontré pourtant il y a bien longtemps, mais dont elle avait appris quelques détails. Ça n’était pas la première caserne qu’elle faisait du coup : c’était la sixième. Son scooter avait fait de la route pour la conduire jusqu’à celle-ci, où on lui avait assuré pouvoir trouver la personne qu’elle cherchait.

Elle cala son casque à son bras en s’approchant, après avoir justement attaché son véhicule à une barrière. Parce que oui, elle gardait plutôt un mauvais souvenir de sa rencontre avec Eustache et de son vol éhonté. Si elle avait pu récupérer son bien, elle ne l’avait pas ménagé : elle lui avait sérieusement bien cassé la figure à coup de casque. A l’intérieur, elle avisa quelques silhouettes du regard. Un homme vint à sa rencontre pour lui demander si elle cherchait quelque chose, et elle lui répondit.

Il l’orienta vers sa recherche, lui déclarant qu’il devait probablement être à l’arrière de la caserne, en train de faire ses préparations d’équipement, et qu’elle pourrait le trouver là-bas. Il lui demanda si elle était une amie à lui, et la jeune femme valida immédiatement alors que ça n’était pas vraiment le cas. Elle le planta là, n’ayant aucune envie de pousser la discussion plus loin.

« Isaiah ? » fit-elle en s’approchant, un sourire qui se voulait aimable et timide sur le visage. Elle était de nature réservée, mais l’enjeu valait totalement qu’elle se mouille un peu. « Désolée, j’passe un peu à l’improviste, j’étais dans le coin. » Mentit-elle avant de se sentir idiote.

Le pire dans tout ça, c’était qu’elle était plutôt nulle pour mentir. Simplement, devoir admettre qu’elle avait fait six casernes pour le retrouver lui spécifiquement, c’était tout de même un peu gros. Elle passerait forcément pour une folle à lier.

« Tu… Te souviens de moi, hein ? » Demanda-t-elle par sécurité, prête à se présenter à nouveau.

Mais elle avait plutôt marqué son esprit, comme lui avait marqué le sien. Cette discussion, champagne à la main, devant l’une de ses toiles, avait été des plus stimulantes. ça ne pouvait pas être à sens unique.



And then I felt chills in my bones, the breath I saw was not my own... I knew my skin that wrapped my frame wasn't made to play this game. Then I saw him, torch in hand, he laid it out, what he had planned and then I said, I'll take the grave, please just send them all my way...
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Jeu 16 Nov - 23:06




" Wild Child"


Shea & Isaiah








Une telle épidémie et, une telle situation avait de quoi effrayer les gens. Les médias et le gouvernement avait beau tenter de minimiser les choses, plus le temps passait, moins les habitants continuaient à croire que c'était une simple grimpe qui ne ferait que passer. A vrai dire, il était encore à se demander si de tels croyants existaient encore, hormis celles et ceux qui préféraient fermer les yeux, plutôt que d'affronter la réalité en face. Isaiah avait toujours eu tendance à faire confiance à ses supérieurs, se disant que les siens devaient forcément agir pour le bien de tous, pourtant, la situation devenait de plus en plus compliquée. Suffisamment compliquée pour que notre ami ne puisse se rappeler à quand pouvait bien remonter sa dernière nuit complète. Il y avait tellement d'appels, de cas à gérer, de personnes malades, ou de personnes dangereuses à gérer que les jours de repos n'étaient plus guère qu'une jolie utopie. Après une poignée de semaines particulièrement difficile, le visage de notre ami était particulièrement marqué par la fatigue. Ses joues s'étaient creusées et de charmantes valises avaient élu domicile sous ses yeux. Oh qu'il avait envie de dormir, de retrouver son lit et y passer deux voire trois jours d'affilés à ne rien faire d'autre que ronfler à en faire trembler les murs. Malheureusement, son téléphone ne cessait de sonner pour le faire revenir à la caserne en toute urgence et partir sur le terrain où les hommes manquaient cruellement. Dépité, l'étranger avait fini par s'installer sur son lieu de travail, espérant grappiller, de temps en temps, peut-être deux heures de sommeil successives, sans perdre de temps à rentrer chez lui.

Dans cet état déplorable, le soldat du feu n'avait guère osé rendre visite à sa chère mère, certain qu'elle se ferait bien trop de soucis, tandis qu'elle le sermonnerait encore et encore de ne pas prendre soin de lui. Isaiah se contentait de l’appeler dès qu'il le pouvait afin qu'elle ne s'inquiète pas plus que de raison, mais aussi pour prendre de ses nouvelles. Avec tout le bordel qui agitait la vie et, même le pays, la savoir loin de lui avait tendance à l'effrayer. Heureusement, la vieille dame était tombée sur de bons voisins qui prenaient soin d'elle mais, la peur ne pouvait que l'étreindre. Elle était la seule famille qui lui restait. Du moins, famille de sang. En dehors de ce lien génétique, le trentenaire pouvait aisément rajouter Max à la case famille, pour qui il s'inquiétait tout autant.

C'est après être rentré d'une énième intervention qu'une surprise attendait le nicaraguayen. Une visite qu'il n'aurait jamais pu attendre ou espérer. Une jeune femme rencontré quelques mois plus tôt lors d'une exposition de peinture, d'un artiste dont il ignorait complètement le nom. Même si son entrée dans le monde de l'art ne s'était pas vraiment passée comme il le souhaitait, cela n'empêchait pas le pompier de s'intéresser à ce qui se faisait, ne pouvant que rêver de la vie qu'il aurait pu avoir si tout cela avait marché. Peut-être que sa sœur aurait été fière de lui ? Peut-être qu'elle ne serait pas partie avec ces regrets qui l'avaient poussés à faire tout ça ? Peut-être aussi que de très nombreuses cicatrices ornant son corps n'y seraient pas. Cette jeune femme semblait particulièrement calée sur le sujet et, la discussion fut donc particulièrement agréable, réussissant même à lui faire voir et comprendre des subtilités dont il était passé complètement à côté, ne lui faisant que réaliser encore plus à quel point cela était un rêve inatteignable.

La demoiselle, après l'avoir appelé timidement, avec un joli sourire, tenta rapidement de donner une raison à sa présence, un simple passage dans le coin, pour finalement et, rapidement, s'enquérir de la mémoire de son interlocuteur à son sujet.  Isaiah fronça les sourcils dans un effort presque surhumain de trouver au moins deux neurones dans le chaos qu'était son cerveau et tenter de se remémorer la chose. Oh, son visage lui parlait très clairement mais son nom … Il lui fallut bien cinq ou six secondes pour mettre le doigt dessus, dans un soupir las et désolé. « Shea. Désolé, j'avais un trou sur le nom c'est … Shea, l'experte en tableaux. Ça fait un petit moment non ? Je … T'avais dit où je travaillais ? Pourquoi j'ai fait ça moi ... » Soupirant à nouveau en se massant nerveusement l'arrête du nez, il balaya d'un geste presque désespéré l'air pour finalement enfourner ses affaires dans son casier et reprendre. « C'est pas important et, j'suis pas en état de réfléchir. J'suis désolé j'ai vraiment une sale tête et ... » Avec toute la grâce et la délicatesse propre à la gent masculine, l'étranger tira légèrement le col de son haut pour venir y plonger son nez, pour finalement le retirer vivement, une expression de dégoût sur le visage. « En plus … J'suis désolé, vraiment, je reviens tout juste je sens le … Le … Ah et puis merde, je trouve plus mes mots. J'suis pas présentable. Tiens, viens, suis-moi, on sera mieux dans la … L'autre sale. Tain, j'trouve plus rien là. De toute façons, il va me falloir une bonne dose de café pour survivre là.» Soupirant avec un certain désespoir, notre ami l'invita à le suivre d'un geste de la main.

Arrivés dans la sale de repos, le zombi – ou presque – se dirigea avec vivacité vers la machine à café, son dernier espoir mais … Soudain, la galanterie et la politesse parvinrent à se frayer un passage dans son esprit embrumé. Ainsi, plutôt que de cliquer sur ce fameux sésame, il se retourna vers l'invitée en désignant la machine. « Tu veux quelque chose ? Au frais de la princesse. » Un petit rire idiot, particulièrement déformé à cause de la fatigue sur son visage, s'échappa de ses lèvres, pour la laisser faire. Une fois leur boisson en main, l'hôte proposa à la demoiselle de prendre ses aises sur un canapé, s'installant face à elle et posant son gobelet sur la table basse. Enfin, il dégaina un paquet de cigarettes qu'il regarda avec amour avant de se rendre compte d'une chose. Terrible. Il n'était pas seul. « Je … Ça te dérange si je … A moins que t'en veuille une hein, je veux bien partager si jamais. » Se laissant retomber de tout son poids sur le canapé, telle une belle larve, il s'inquiéta finalement de son interlocutrice. « Alors, dis-moi. Tu deviens quoi ? Toujours à sillonner les expositions et les vernissages ? T'avais une sacré connaissance à c'que j'me souviens. »



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Shea A. McLaughlin
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A une grande soeur » Timide, sensible et introvertie » Connue sur Tumblr pour ses oeuvres, sous le nom de Drenshara » Féministe convaincue » A pris des cours de self-défense après une agression, elle ne sort pas sans son chien, Hulk. » Déteste les hommes et ne se laisse pas facilement approcher » A un appétit de moineau » Tient une radio pirate et un blog-journal » Enquête activement sur l'infection, au risque de se mettre en danger » A depuis peu une arme à feu dont elle ne sait pas se servir » Annexes
Véhicule : Scooter Vespa
Inventaire : Kahr K9, Boîte d'Ibuprofène 200mg (30 comprimés), Kit de premiers soins (4 compresses stériles, produit désinfectant, 8 pansements, 2 bandages), Boîte de Tramadol 200mg (30 comprimés)
Ven 17 Nov - 20:02

« Désolée, c’est peut-être un peu bizarre j’admets… » Murmura-t-elle sans pouvoir cacher sa gêne, alors qu’il retrouvait à peine son prénom.

Elle hocha la tête pour lui confirmer tout de même que c’était ça, dans la foulée, avant de lui adresser un petit sourire en coin. Devait-elle justifier encore sa présence ici ? Oui, parce que ça lui semblait tout aussi bizarre qu’à lui. Il n’y avait qu’à voir comment il la regardait : elle devait avoir l’air d’un fantôme du passé, probablement une personne qu’il n’avait pas vraiment envisager revoir un jour. L’interlude avait été courte, sympathique, mais rien ne laissait croire qu’elle aurait une suite…

« Je… Je t’ai pas rappelé parce que euh… J’avais pas ton numéro. » Souffla-t-elle en cherchant ses mots, trouvant sa réponse ridicule après coup.

Effectivement. Il y avait probablement une raison pour ça : il ne lui avait pas donné. Peut-être parce qu’il n’espérait justement pas avoir de ses nouvelles. Qu’il en avait un peu rien à faire de ce qu’elle pouvait devenir, et tout ça. Bref, d’autres chats à fouetter surtout. Un peu gênée, l’impression d’être dans un merdier qu’elle avait créé toute seule, la brune dansa sur ses appuis en essayant de retrouver de la contenance. Et l’allusion de l’homme à son odeur pour le moins viril fut la chance qu’elle attendait :

« Vous avez pas de douche ici ? » Demanda-t-elle avant de se rendre compte de la tournure que pouvait prendre sa remarque pour le coup. Papillonnant du regard, elle fit une petite grimace désolée : « Enfin ! Je voulais pas dire que tu pues mais… C’est… Juste une question comme ça en passant pour faire la conversation, tu vois… » Non décidément, sociabiliser était toujours aussi compliqué : « Ouais, bien sûr, un café c’est très bien. » Fit-elle en sautant sur la proposition.

Ils se retrouvèrent rapidement dans une salle de repos à laquelle elle jeta un coup d’œil furtif. Ça n’était pas si vétuste que ça, mais assez impersonnel dans le genre. Probablement parce que c’était ici qu’ils recevaient des familles ou des invités, et qu’il ne fallait pas déranger. Ses yeux revinrent vers Isaiah lorsqu’il lui proposa de partager une cigarette. Elle pinça les lèvres et rigola doucement :

« J’fume pas. C’est pas super bon pour la santé il parait. Mais tu peux fumer, toi, si tu veux. » Elle n’était pas sa mère, elle ne l’empêcherait pas. C’était de même assez paradoxal pour un pompier, ceci dit. Elle ne chercha pas plus loin, gardant son sourire en coin : « Ouais, exactement, j’fais toujours ça. C’est cool, on découvre des trucs plutôt sympas et d’autres moins mais bon… »

Dans le genre de phrase qui veut absolument tout et rien dire, Shea commençait à être la championne toute catégorie ! Il fallait dire qu’elle se donnait vraiment du mal lorsqu’il s’agissait de parler pour ne rien dire du tout.

« J’espère pour toi que depuis le temps, t’as un peu peaufiné ta culture parce qu’en fait, j’viens pour t’faire passer une interrogation écrite de trois heures… T’es chaud ? » Blagua-t-elle avec un sourire amusé, trempant ses lèvres dans un café bouillant. « Plus sérieusement, t’as une sale tête. Le boulot ? » Fit-elle avant de se rendre compte qu’elle n’était toujours pas très sympa avec lui avec ses tournures de phrases. « Hm, ça a l’air… Plutôt tendu ces derniers temps, hein ? » Fit-elle avec une petite moue hésitante.

Elle l’invita à parler sans avoir l’air d’y toucher. Tout un art, ça aussi !



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Métier : Pompier
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Inventaire : Hache à incendie
Dim 26 Nov - 17:21




" Wild Child"


Shea & Isaiah








La jeune femme ne semblait guère à l'aise lorsqu'il s'agissait de sociabiliser. Cela, notre ami l'avait déjà remarqué lors de leur rencontre où leurs quelques échanges semblaient l'avoir plus perturbé qu'autre chose. Sans doutes ne s'attendait-elle pas à ce qu'on l'aborde pour discuter de tout et de rien. Sans doutes espérait-elle aussi aller dans ce genre d'endroit pour ne pas avoir à parler à qui que ce soit. Pour ne rien vous cacher, Isaiah n'était pas quelqu'un de particulièrement doué dans la chose. Non pas qu'il ne savait pas comment réagir face aux gens, disons plutôt qu'il n'avait jamais eu beaucoup de gens proches de lui, trop occupé à s'enfoncer de plus en plus dans l'obscurité. Alors, désormais adulte, il lui manquait quelques bases dans le comportement à avoir avec des gens qu'il ne connaissait que trop peu. Après tout, une des seules personnes à qui il parlait, en dehors de ces coéquipiers était Max et, avec elle, tout était étrangement simple et facile. Il était vrai qu'elle était la seule personne à presque tout savoir de lui alors, forcément, le contact ne pouvait qu'être aisé. Ainsi, lorsqu'il se retrouvait face à de nouvelles personnes, le pompier était facilement perdu, mais, par chance, il était quelqu'un de particulièrement compréhensible, agréable et patient. De fait, voyant la demoiselle chercher ses mots et des explications qui n'avaient pas vraiment raison d'être, il ne put s'empêcher une petite pique taquine. « Tiens donc, t'essaierais pas d'avoir mon numéro de façon détournée là ? Je ne suis pas un garçon si facile tu sais. » Laissant planer ces quelques mots un bref instant, avec un regard des plus sérieux, l'étranger finit par rire avec légèreté en regardant la jeune femme qui, sans le savoir, venait de réaliser un exploit. En effet, depuis la mort de sa sœur rares étaient ceux – en dehors de Max et de sa mère, bien entendu – à l'avoir vu sourire et, de fait, encore moins à le voir rire. Sans doutes que la fatigue y était pour beaucoup, ou tout simplement que tout ce qui se dégageait de la jeune artiste, gênée par tout ceci, l'amusait grandement. Dans tous les cas, avec douceur, le soldat du feu tapota légèrement son épaule, se voulant rassurant. « Allez, te casse-pas la tête, tout va bien d'accord ? Ça me fait plaisir. Je m'attendais pas à te revoir hein, faut être franc, mais ça fait plaisir. J'veux dire, on avait eu des discussions intéressantes. C'est difficile de parler peinture à des gens déjà et, trouver des qui sont pas hautains ou autre, encore plus dur. J'garde un bon souvenir de cette soirée. Donc, détends-toi, tout va bien. » Ponctuant ses mots par une ultime et légère tape sur la même épaule, Isaiah tenta un petit sourire particulièrement étrange. La chose était simple, malheureusement, il n'avait jamais vraiment compris comment faire ce genre de choses sur commande et, cela n'avait pas grand chose de naturel. Tout comme sa tirade d'ailleurs, certain d'en avoir beaucoup trop fait.

Bientôt, la conversation tourna autour de l'état actuel du trentenaire. Fatigué, transpirant et odorant. L'on pouvait voir diverses auréoles sur son haut et, un reniflement suffisait pour déceler ce doux fumet dû à sa journée déjà particulièrement chargée. La chose le mit particulièrement mal à l'aise. Lui qui pensait simplement aller s'allonger une heure ou deux, être présentable ou non était loin, très loin d'être l'une de ses préoccupations première. Malheureusement, un joli petit brin de femme particulièrement peu sociable s'était pointée à l'improviste et, si ses narines étaient aussi critiques que ses yeux, elle devait regretter d'être venue. Cependant, tentant de rejoindre la conversation, la belle fit de nouveau un faux pas qui amusa particulièrement le pompier, ne pouvant que rire, de nouveau, face à cette demoiselle qui s'enfonçait encore et encore. « T'as l'droit de dire que je pues hein. J'prendrais pas mal, même moi j'ai du mal là. Mais, ouais, on a des douches, juste que … J'reviens d'intervention là, on est rentré il n'y a pas dix minutes, le temps d'enlever l'équipement et tout bah … Me voilà. J'suis désolé hein, on a le temps de rien en ce moment. Ça doit faire huit jours que j'ai pas eu le temps de rentrer chez moi ... » Soupirant longuement à ces derniers mots, ne pouvant que rêver de s'affaler dans son lit et y rester pour au moins trois jours, notre ami se contenta de refermer son casier pour inviter Shea à le suivre et lui offrir son café pour finalement s'installer face à elle.

Refusant la proposition de cigarette en mettant en avant les soucis que cela pouvait causer, niveau santé, Isaiah acquiesça en entrouvrant la fenêtre juste à côté de lui, histoire de ne pas envoyer de fumée dans le visage de l'experte en art. Tirant une longue taffe pour finalement recracher, presque en extase toute la fumée prisonnière de ses poumons, vers l'extérieur, son attention retourna bien vite vers l'invitée surprise. « Il me semble qu'ici vous avez une expression … Fumer comme un pompier. Faut bien attiser … Je crois que c'est le bon mot, les critiques. J'suis désolé hein, avec la fatigue j'trouve plus forcément les mots dans votre langue. Des fois j'ai même le cerveau qui passe en mode espagnol et, je passe pour un con. » Un très bref rire nerveux survint presque comme une convulsion, pour se moquer de lui avant de retourner à sa petite récompense, ne quittant pas la demoiselle du regard. « J'sais bien que c'est pas top pour la santé mais … Enfin, ça fait du bien, ça évacue et tout et … Ouais, ça aussi c'est cliché. J'aimerais bien aller taper sur un sac de frappe mais en ce moment hein … Le temps de rien. » Un long soupir empli de lassitude gagna ses lèvres, souligné par la grande fatigue que l'on pouvait lire sans le moindre doute dans ses yeux. Oh qu'il avait hâte que cette épidémie arrive à sa fin, que sa vie rentre dans l'ordre, qu'il puisse revoir sa mère, qu'il puisse passer ses dimanches avec Max et, qu'il puisse aller rouler avec sa moto durant des heures.

Faisant de nouveau référence à leur rencontre et, surtout, à la grande connaissance de la plus jeune des deux, la conversation prit une tournure soudainement, bien plus légère, voyant pour la première fois de la journée, Shea souriante au naturel tandis qu'elle proposait une interro surprise. « Les interros, j'en ai assez eu. Je sais même plus si j'en avais parlé, j'ai fait une école d'art. Je sais pas mal de choses mine de rien mais … Non, les interros c'est mort, j'suis pas en état en plus. » Vidant son café d'une traite avant de venir enfoncer en son sein la cigarette, qui travaillait déjà le mégot, dans les quelques goûtes qui restaient au fond de son gobelet, notre homme répondit bien vite aux questions posées. « Ouais, on dort pas beaucoup, voire pas. On récupère un peu quand on peut, entre deux interventions mais … Honnêtement, le téléphone arrête pas de sonner, alors la plupart s'est installé à la caserne pour le moment. Ça doit faire trois semaines que j'ai pas eu un jour de repos c'est usant. Le nombre de gens apeurés, blessés, qui croient avoir vu des malades, qui se croient contaminés, les gamins qui foutent le bordel et tout c'est … » Un énième soupir interminable vint ponctuer sa phrase, laissant planer un léger silence entre eux deux, pour finalement reprendre d'un ton tout aussi las. « Je … Suis vraiment fatigué. On sait pas combien ça va durer ni rien et … On est tous crevé. Pas que nous hein, les hôpitaux, les flics et tout les autres … C'est compliqué. Et toi alors ? T'as pas eu de soucis avec des malades ? Genre dans la famille, les amis ou autre ? Tout va bien pour toi ? »


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Dim 26 Nov - 18:16

« Quoi ? N-non ! » S’offusqua-t-elle d’un air presque désespéré en fixant l’homme. « Je… J’essaie pas d’avoir ton numéro… J’te… J’te drague pas, t’es fou… »

Elle ne se rendit même pas compte d’à quel point ça pouvait être vexant pour lui. Sur le coup, la brune était trop occupée à essayer de se justifier, à rattraper ce qui pouvait encore l’être. Sans réaliser qu’elle accélérait tout juste sa chute. Elle mit quelques secondes à percuter qu’elle se comportait vraiment comme une idiote ultra maladroite, et à s’empourprer de plus belle dans la foulée. Elle perdait, littéralement, tous ses moyens en le regardant. Shea se sentit comme la dernière des imbéciles, bafouillant comme si elle ne savait tout simplement plus articuler :

« Enfin pas que… Pas que tu mérites pas qu’on t’drague c’est… C’est pas ce que je dis ! » Se rattrapa-t-elle en ayant l’impression de s’enfoncer d’avantage. C’était ça qui était formidable avec elle : même au fond du trou, elle creusait encore. Et avec détermination ! « C’est juste que… » Que pouvait-elle trouver d’autres pour se sortir de là ?

La brune baissa la tête, piteuse. Pile avant de se raidir en sentant la main d’Isaiah sur son épaule. Le contact n’était clairement pas son fort, et en réalisant que l’homme lui demandait juste de se détendre en lui disant qu’il taquinait, Shea eut l’impression d’être aspiré par le vide. Elle pinça les lèvres, détournant le regard, honteuse en réalisant qu’elle s’était fait avoir comme une bleue.

« C’est pas très drôle de te moquer de moi tu sais ? » Râla-t-elle.

C’était désespérant. Elle tomba sur le canapé en se tournant vers l’homme, essayant de ne pas s’enfoncer davantage dans la honte qu’elle éprouvait déjà. Ses yeux se perdirent un instant dans le vide, ne faisant pas grand cas de l’odeur de la cigarette. Si elle ne buvait plus et ne fumait pas, elle admettait pour elle-même que le parfum du tabac ne la gênait pas. Ça donnait un certain relief à une ambiance, le genre que seule une artiste comme elle pouvait trouver.

Ses yeux sombres se levèrent vers son ami, qui lui raconta bien des choses. Autant sur son addiction qui lui permettait de se détendre que sur ses interventions répétées. Ou encore le fait qu’il n’était plus rentré chez lui depuis plus d’une semaine. Déglutissant péniblement, elle serra ses doigts doucement en essayant de rester naturelle. Son petit cœur s’affola : Isaiah lui parlait de ce qu’elle voulait savoir sans qu’elle n’ait besoin d’insister. Il s’inquiétait même de si elle avait rencontré des malades, si elle avait eu des problèmes de son côté. Shea ne sut quoi répondre ni par quoi commencer :

« Qu’est-ce que… Qu’est-ce que vous voyez en intervention ? » Demanda-t-elle directement, en se rendant compte qu’elle n’était pas des plus discrètes. « J’ai… J’ai eu beaucoup d’écho sur les infectés, et tout ça… J’m’inquiète un peu… » Admit-elle.

Elle n’avait pas eu que des échos. Elle avait vu, de ses propres yeux, ce qu’il se passait, sans être capable de comprendre ce que ça signifiait. Eustache n’avait été plus apte à lui expliquer l’histoire, probablement parce qu’il n’avait pas tous les éléments en main, lui non plus.

« Ma sœur est journaliste, elle traîne un peu trop, elle fouille de ce côté-là… » Raconta-t-elle. La stricte vérité. Christa était en train de remuer le merdier à sa manière. « J’sais pas si je dois l’empêcher de sortir ou pas, du coup. »

Elle haussa timidement les épaules sans oser en rajouter. Elle ne se sentait pas – pas encore en tout cas – de parler de ce qu’elle avait vu. Même si elle s’inquiétait : peut-être qu’Isaiah avait besoin de savoir. Peut-être qu’il savait déjà. Elle avait cependant peur qu’il la prenne pour une folle, ou qu’il ne la croit pas. Une crainte intime, qui ressortait pour tout. Il n’y avait que derrière son écran qu’elle pouvait poser au clair toutes ses pensées.

« Ouais, tout va bien. J’ai rien vu ou vécu de bizarre. C’pas comme si je sortais souvent de toute façon… » Fit-elle doucement. « Et puis tu sais… Ma famille est plutôt sur Seattle et ça fait une paie que je les ai pas vu… Ils s’inquiètent pas trop pour nous et j’dois dire qu’ils ont l’air mieux loti qu’à Boston. »



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Métier : Pompier
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Mar 12 Déc - 1:34




" Wild Child"


Shea & Isaiah








Voir la jeune Shea se perdre dans des explications et des tentatives pour se rattraper avait quelque chose d'assez amusant. Si bien qu'Isaiah eut bien du mal à rester sérieux face à la demoiselle tentant de faire de son mieux pour sortir la tête de l'eau, alors qu'elle ne faisait que s'enfoncer encore et toujours, plus profondément. Malgré tout, bien vite, il fut presque pris de culpabilité en la voyant balbutier, ne sachant même plus où regarder, ni même que faire. Oh, était-il allé trop loin ? Lui qui ne voulait que la rassurer et la détendre, le voilà parti dans une drôle d'histoire. A vrai dire, quelque part, il se revoyait en elle, d'une certaine façon, à un âge similaire. Lui qui n'avait connu que la violence de la rue ainsi que la loi du plus fort, lorsqu'il s'agissait de discuter avec quelqu'un, l'étranger était complètement perdu. Échanger quelques mots avec un inconnu ressemblait bien souvent à un obstacle insurmontable tant l'attitude à avoir lui était incompréhensible et, surtout, il lui était difficile de ne pas s'imaginer son interlocuteur en train d'essayer de le manipuler ou essayer de l'approcher, uniquement par intérêt. Ainsi, le cœur légèrement noué, notre homme tenta de l’apaiser, lui faire comprendre que tout cela n'était qu'une plaisanterie, malheureusement, la jeune artiste sembla plus ou moins mal le prendre, tant et si bien qu'elle râla un peu. Sans doutes était elle un peu en colère contre elle de n'avoir rien vu venir. Alors, avec un petit sourire amusé, le pompier tenta, tant bien que mal d'arranger la situation. « Ah … J'suis désolé. T'avais l'air tellement tendue et tout, j'voulais juste détendre l’atmosphère. C'est juste moi, j'suis rien ni personne et, la dernière fois qu'on s'était causé, ça s'était plutôt bien passé. » Souriant avec douceur, il ne put toutefois pas s'empêcher de plaisanter encore une fois avec elle. « Ceci dit, je suis quand même triste de savoir que je mérite pas d'être dragué. » Ne voulant pas laisser planer un quelconque doute sur la nature de cette phrase, le trentenaire ne se retint guère de rire. « Pardon, j'arrête, promis. »

Bien vite, la discussion prit un sujet bien plus sérieux, bien moins enclin à la plaisanterie et à la taquinerie, les événements actuels. La demoiselle semblait particulièrement curieuse de savoir ce que son interlocuteur pouvait voir durant ses interventions. Elle semblait même assez inquiète pour le sort de sa sœur, journaliste. Pour dire vrai Isaiah n'avait jamais vraiment apprécié les journalistes, que ce soit dans son ancienne vie, ou sa nouvelle, ils avaient toujours eu le don de l'irriter. Toujours à mettre leur nez où il ne fallait pas, à vouloir dépoussiérer de vieilles choses ou, pire, se mettre en danger pour trouver des informations qui, souvent, n'existaient même pas. Et là, malheureusement, dans une telle situation, les forces de l'ordre n'avaient pas besoin de ces gens-là pour venir mettre leur nez au milieu. Non pas que l'idée de dévoiler la vérité absolue aux gens ne le dérangeait, bien au contraire. Dans une telle situation, pour avoir un scoop, certains finiraient certainement par se faire contaminer et, en mourir. Alors, se grattant nerveusement le menton pour savoir comment formuler sa réponse, Isaiah finit par soupirer un long moment. « Honnêtement ? Dis à ta sœur de rester bien sagement chez elle. C'est … Pas forcément le meilleur moment pour fouiner partout tu sais. C'est … Des fois on arrive sur des trucs c'est … Y'a pas de mots. J'ai vu des infectés sauter sur d'autres pauv'gens et les mordre jusqu'au sang pour arracher un bout de chair gros comme mon poing. Le sang qui gicle de partout, des cris d'horreur et le gars qui mordait là, incontrôlable. C'est … J'suis presque sûr que les gars qui se sont fait mordre comme ça, on été infectés et c'était la merde. T'sais, j'sais pas trop quand ça va terminer tout ce bordel et … Tenter de trouver des infos avant tout le monde, ça risque de vite mal tourner. Puis … Sincèrement, on est déjà pas mal dans la merde comme ça, alors nous occuper des gens qui essaient de découvrir des trucs comme ça … Ça a juste nous surcharger encore plus. »

Soupirant un long moment avant de rallumer une cigarette, Isaiah se pinça nerveusement l'arrête du nez ne sachant que rajouter. Les petits fouineurs qui tentaient de savoir ce qu'il se passait en se mettant en danger eux, tout comme ils mettaient les forces de l'ordre dans le même danger, le pompier en avait eu assez pour tout une vie. « T'sais, les journalistes en ce moment … Ils nous donnent un sacré boulot, j'suis pas très fan de ces gens là. Mais … Vraiment, prends soin de ta sœur, c'est dangereux tout ce bordel. J'ai grandi dans les gangs, les cartels, la violence des rues et tout le bordel qui va avec, que ce soit au Nicaragua ou au Salvador. J'en ai vu des atrocités, mais ce machin-là, y'a rien de comparable. Ça reste gravé, ça sort plus. Déjà que j'arrive pas beaucoup à dormir, j'revois ces trucs en rêve et … Vraiment, faut que ta sœur reste tranquille un moment. » Souriant en se voulant rassurant, il tira une longue taffe sur sa clope, récupérant un air rapidement dépité sur son visage. « Et … Tu sais, penses à les appeler quand même. On sait pas trop ce qu'il se passe ailleurs, j'pense que les médias essaient de … Pas trop paniquer la foule mais, dans l'doute, pense à les contacter de temps en temps. »


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Shea A. McLaughlin
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A une grande soeur » Timide, sensible et introvertie » Connue sur Tumblr pour ses oeuvres, sous le nom de Drenshara » Féministe convaincue » A pris des cours de self-défense après une agression, elle ne sort pas sans son chien, Hulk. » Déteste les hommes et ne se laisse pas facilement approcher » A un appétit de moineau » Tient une radio pirate et un blog-journal » Enquête activement sur l'infection, au risque de se mettre en danger » A depuis peu une arme à feu dont elle ne sait pas se servir » Annexes
Véhicule : Scooter Vespa
Inventaire : Kahr K9, Boîte d'Ibuprofène 200mg (30 comprimés), Kit de premiers soins (4 compresses stériles, produit désinfectant, 8 pansements, 2 bandages), Boîte de Tramadol 200mg (30 comprimés)
Mar 12 Déc - 18:24

La brune resta suspendue à ses lèvres. Le moment de gêne de tantôt était déjà si loin, pour elle. Elle était accrochée à son histoire, à ce qu’il disait. A ce qu’il avait vu. Son cœur tambourina fort dans sa poitrine, repoussant ses poumons contre ses côtes. Elle eut l’impression de trouver un écho à ce qu’elle avait pu voir, à son tour. En pleine journée, dans un long couloir de l’hôpital où elle s’était retrouvée avec Eustache. A travers ce hublot, de l’autre côté, sortit tout droit de la pénombre, qui lui donnait encore des cauchemars. Elle revoyait constamment ce regard vide, ses deux claquant contre la vitre en essayant de la dévorer sans y parvenir.

L’oppression la gagna. Shea s’enfonça tout contre son siège en tentant de ne pas y disparaitre. Mais elle se sentait obligée de mettre de la distance, au moins un peu, avec ce discours flippant qui résonnait dans la pièce. Elle n’avait rien vu, fondamentalement. Comparé à Isaiah, qui lui, devait être fébrile à l’idée d’y repenser. Fébrile, encore plus, parce que dormir avec ces images en tête pouvaient s’avérer impossible. Elle-même n’avait pu admirer qu’une mâchoire derrière une vitre, une œillade désespérément vide. Rien d’autre, de concret en tout cas.

« Tu… Tu as vu quoi ? » Fit-elle en essayant de ne pas avoir l’air plus fébrile encore. « Ils… Ressemblent à quoi ? » Questionna-t-elle, en enlaçant ses mains, ses doigts, histoire de pouvoir se soutenir.

Ses lèvres se pincèrent. Elle avait l’impression d’envahir un espace privé, et en même temps, de ne pas en savoir assez. Elle avait besoin de comparer les expériences, pour ne pas perdre pied. Lui, saurait lui certifier soit qu’elle était folle, soit, au contraire, qu’elle était tout à fait consciente du monde qui l’entourait.

« Il parait que ça va pas du tout à Miami… » Reprit la brune en baissant le regard. Les nouvelles étaient récentes, en tout cas pour les plus dramatiques. Et Shea avait la certitude que ça n’irait pas en s’arrangeant, et que ça viendrait vers eux. Isaiah confirmait que ça avait déjà commencé… « Mais c’est le sud, c’est loin, ça parait… Ouais, super loin. » Souffla-t-elle en haussant les épaules distraitement. « On a pas l’impression que ça peut être chez nous. »

Et pourtant, n’était-ce pas déjà le cas ? Elle se racla la gorge en essayant de ne pas perdre le moral. Elle ferma les yeux, et se concentra pour chasser la vision effrayante de cet infecté derrière la vitre. Celui qui cherchait à l’attraper. Et vraisemblablement, à lui faire du mal. Elle comprenait pourquoi Eustache avait été si marqué par cette vision, quand bien même elle n’éprouvait aucune pitié pour lui, vu ce qu’il avait fait à son scooter. Son rétroviseur ne tenait plus que par miracle, et beaucoup de scotch.

« J’comprends pas trop ce qu’il se passe, je… J’sais pas ce qu’on peut faire contre. » Fit-elle en redressant le regard. Chasser ses pensées ? C’était peine perdue ! « On va pas se cacher, quand même ? Rester enfermer chez nous, en attendant que ça passe ? » Il y avait-il une bonne solution ? « J’pourrais jamais forcer Christa, j’le sais, c’est… Compliqué. »

A nouveau, la brune pinça les lèvres. Il n’y avait pas que Christa qui ne tenait pas en place : elle, elle ne parviendrait jamais à rester tranquille.



And then I felt chills in my bones, the breath I saw was not my own... I knew my skin that wrapped my frame wasn't made to play this game. Then I saw him, torch in hand, he laid it out, what he had planned and then I said, I'll take the grave, please just send them all my way...
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Jeu 18 Jan - 3:17




" Wild Child"


Shea & Isaiah








Raconter ce genre d'histoires n'était en rien plaisant. Parler de malades, de morts, de carnages, de sauvagerie et d'impuissance face à la situation, cela ne pouvait en aucun cas être intéressant et, surtout, cela ne pouvait être agréable à raconter. Nombreuses étaient les histoires et les rumeurs à tourner sur ces événements. Nombreuses étaient les versions et les on-dit de celles et ceux qui pouvaient se penser intéressant, espérant ainsi s’attirer quelques minutes de gloire, sans pour autant penser aux dangers que raconter de fausses histoires pouvaient causer. Après tout, qui devait-on croire avec toutes ses histoires abracadabrantesques ? Des morts qui semblaient revenir à la vie ? Non mais, qui pourrait bien croire ça, sincèrement. Qui pouvait croire que ces choses issues de films, bandes dessinées ou jeux-videos pouvaient bien exister ? Les autorités semblaient ne rien vouloir dire sur le sujet, préférant sûrement étouffer petit à petit la chose. Cela n'empêchait pas ses voix de s'élever, chacun avec une version bien à lui, ne faisant que démunir les pauvres malheureux qui, une fois devant le visage du démon, ne savait quoi faire, comment réagir ou encore, comment les reconnaître, pour ainsi fuir. Non, définitivement, cela ne plaisait pas au pompier d'en parler. Malheureusement, pour aider certaines personnes à se mettre en sécurité, il était de son devoir de citoyen d'en parler, discrètement. N'avait-il pas promis à sa chère sœur de profiter de ses dons pour aider les gens, au lieu de les voler ? Soupirant un long moment aux questions de la jeune artiste, l'étranger finit par dégainer à nouveau une cigarette, pour l'allumer, espérant ainsi calmer ses nerfs et ce cœur emballé, rien qu'à ces images qui lui revenaient. Une horreur, sans nom. Il avait traversé l'enfer, plusieurs fois et ce, presque littéralement. Il avait fait et vu des choses innommables, il avait côtoyé des gens qu'il pensait être des démons, ou des gens possédés par de tels êtres. Il avait perdu la personne la plus important de cette foutue Terre et, jamais il n'aurait cru pouvoir avoir de nouveau peur face à quoi que ce soit. Pourtant … Pourtant, ces choses là l'avaient fait reculer, de quelques pas et, le hantaient encore. L'invitée surprise s'engouffrait dans son fauteuil dès que les premiers mots furent lancés, entre deux soupirs enfumés s'évadant au loin. « Crois-moi, si je te dis que j'ai vu le pire de ce que l'homme puisse faire. La cruauté et l'imagination pour faire mal aux autres. J'ai vu des choses terribles. Je pensais ne plus jamais voir quoi que ce soit qui puisse m'effrayer en venant dans votre pays mais ... » La main tenant sa cigarette se mit à trembler, lui arrachant un rictus que je qualifierai d'à mi-chemin entre l'agacement et la colère, le laissant silencieux quelques instants, comme perdu dans ses pensées. « … J'ai été terrorisé, vraiment, en voyant ces … Gens. Si on peut encore les appeler comme ça. C'est comme si … Comment dire ? Comme s'il n'y avait plus personne aux commandes. Ils ne sont plus que violence et … Faim, qui cherchent à mordre et manger. C'est ... » A nouveau une petite pause, regardant au loin, ne voulant guère se remémorer la chose, cette cigarette qu'il avait pu penser salvatrice n'était guère d'une quelconque utilité au final. « … L'horreur absolue, je crois bien. On les pense mort et, l'instant d'après, il nous sautaient dessus. Forts comme des bœufs, le teint pâle, la bouche rougie et les yeux … Vitreux. Même debout à bouger, on les jurerait morts et, impossible de les arrêter, les coups, les bousculades … Rien n'y fait. Je suis pas un scientifique et, j'peux te dire que j'en suis heureux. Gérer un tel merdier c'est … Putain de merde ! Ce truc-là, je sais pas ce que c'est mais s'ils gèrent pas ça, ça va vite partir en bordel. De partout. »

L'histoire du pompier continua d'enfoncer la belle dans son fauteuil. On se serait presque cru dans un de ces cartoons où le siège aurait pu aspirer totalement la jeune femme mais, celle-ci semblait comme vouloir se tenir le plus loin possible de cette histoire, alors même qu'elle fut la raison de son existence. La cigarette de l'étranger fut rapidement engloutie et, vint rejoindre le cadavre de sa consœur, avant que Shea ne parle à nouveau d'un sujet épineux Miami, de l'état de la ville, tout en se rassurant de la distance qui séparait les deux endroits, se mettant même à penser tout haut que, ça n'arrivait qu'aux autres. La chose amusa légèrement Isaiah en voyant l'artiste essayer de se convaincre de ce qu'elle racontait, tout en fermant les yeux et en remuant la tête, tentant de se rassurer, certainement. « Ouais, paraît que c'est dur, beaucoup plus qu'ici et … Je sais que ce que j'vais te dire n'a rien de rassurant, mais j'vais être honnête. Il vaut mieux se préparer au pire. Je ne sais pas combien de temps tout ça va durer, j'espère juste que tout ce bordel va s'arrêter un jour. On sait jamais ce qu'il peut se passer et, ce qui se passe là-bas, peut très bien arriver ici. Il faut faire attention. Ce s'rait bête de perdre une artiste aussi douée hein. » Un petit rire amical, essayant de détendre un tant soit peu l'atmosphère de merde qu'il venait de poser entre eux deux. Il était sincère et, même s'il avait cet espoir tenace que tout rentre dans l'ordre, la frayeur que tout parte de plus en plus dans tous les sens. Bientôt, la conversation détourna sur la sœur de la jeune fille, faisant apprendre ainsi à son interlocuteur le prénom de la fameuse aînée, Christa. Après un long soupir, notre ami vint tapoter l'épaule de la grande inquiète, en espérant pouvoir la rassurer, malgré tout ce qu'il avait pu lui dire. « Je n'ai pas de solution miracle, mais … Essayer de ne pas sortir une fois la nuit tombée semble être un bon plan pour commencer. C'est là qu'il y a le plus … D'incident. Pour ta sœur, la forcer, non, je me doute qu'elle ne se laissera pas faire comme ça. Mais, essayer de la raisonner, ça semble être dans tes cordes ? Je sais que c'est chiant mais … Pour vous, comme pour nous, ce sera le plus sûr, très certainement. »


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Shea A. McLaughlin
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Sam 20 Jan - 10:53

Les mots d’Isaiah la frappèrent en plein cœur, comme si elle revoyait ce qu’il décrivait. Le vide dans leurs yeux, la pâleur de leurs traits, le désespoir qui naissait en elle à l’instant même où elle les avait vu avec Eustache. La gorge nouée, imperceptiblement, Shea s’enfonça un peu plus sur son siège, en essayant d’être absorber par le coussin qui maintenait son dos. Elle voulait disparaitre, parce qu’elle avait vraiment peur de tout ça. Elle craignait ce que ça annonçait pour eux, parce que le pire n’était à l’évidence pas du tout derrière eux. Ils allaient devoir l’affronter, d’ici peu de temps, elle en était persuadée.

Mais comment mettre ses amis à l’abri ? Elle n’en avait que peu, ceux-ci se comptaient sur les doigts d’une seule main. En tête, elle revoyait Niko, sa sœur et Lillian qui la soutenait qu’importait ses méfaits. Comment leur expliquer, à elles trois, qu’elles devaient impérativement se faire toute petite, se cacher, alors que les connaissant, elles s’y refuseraient. Les trois femmes de sa vie avaient ça en commun qu’elles ne se laissaient pas faire par la vie : elles se redressaient, affrontaient le pire, se refusaient à abandonner. Parfois, Shea s’amusait de l’idée qu’elle pourrait peut-être être comme elles. Mais non, elle en était loin.

« Je te crois. » Assura-t-elle.

Il n’exagérait pas. En fait, l’homme était au plus juste dans ses mots, il n’y avait pas plus vrai que lui à cet instant précis. Alors elle nota dans sa tête ses phrases, elle les enregistra, pour en garder la tournure qui transpirait la réalité. Esquissant un sourire un peu forcé, elle aurait voulu trouver quelque chose pour détendre l’atmosphère mais en était incapable. Ses pensées étaient désormais fixés sur cet instant T, où quelqu’un avait réussi à parler à sa place de ce qu’elle avait vu de plus terrible. De plus urgent, dangereux, immédiat. Le souvenir n’était pourtant pas inédit dans son esprit : elle l’avait déjà éprouvé, et il l’avait brisé.

« On t’appelle souvent alors ? » Demanda-t-elle dans la foulée. C’était évident, ils n’avaient aucune pause. « J’veux dire, t’as l’air épuisé, et tu travailles beaucoup, c’est que les appels doivent redoubler même durant la nuit où justement on ne doit rien faire… » Elle haussa les épaules, un peu par dépit sur le coup : « Le couvre-feu a pas l’air super utile… »

Il fallait peut-être autre chose. Mais les mesures ne feraient qu’épuiser ceux qui travaillaient pour les appliquer. Alors quelle serait la prochaine étape ?

« Et si même toi, avec ton corps de métier, tu te sens démuni, je vois pas ce que nous on peut y faire… » Souffla-t-elle, impuissante.

Elle devait cessé de se morfondre sur son sort. C’était ridicule : Isaiah vivait l’enfer tous les jours, et il n’était pas aussi désespéré qu’elle devait ce monstre informe qui lui faisait face. Il se préparait au pire, et sans doute avait-il raison de le faire :

« J’devrais peut-être te laisser te reposer. » Souffla la brune en se redressant soudainement, un peu maladroitement. Elle rougit, consciente qu’elle tirait sur la corde : « J’suis désolée, je voulais pas remuer de mauvais souvenirs, ou quoi c’est… C’était pas poli de ma part de te déranger pour ça. Pardon… »



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