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 Kinda outta luck

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Shea A. McLaughlin
Administratrice
Métier : Peintre
Informations : A une grande soeur » Timide, sensible et introvertie » Connue sur Tumblr pour ses oeuvres, sous le nom de Drenshara » Féministe convaincue » A pris des cours de self-défense après une agression, elle ne sort pas sans son chien, Hulk. » Déteste les hommes et ne se laisse pas facilement approcher » A un appétit de moineau » Tient une radio pirate et un blog-journal » Enquête activement sur l'infection, au risque de se mettre en danger » A depuis peu une arme à feu dont elle ne sait pas se servir » Annexes
Véhicule : Scooter Vespa
Inventaire : Kahr K9, Boîte d'Ibuprofène 200mg (30 comprimés), Kit de premiers soins (4 compresses stériles, produit désinfectant, 8 pansements, 2 bandages), Boîte de Tramadol 200mg (30 comprimés)

Lun 27 Nov - 8:35

Shea sentit qu’elle était allée trop loin, et qu’il lui en fallait énormément pour se contenir et ne pas la tuer tout simplement dans cette pièce. Probablement parce qu’il n’était pas aussi con qu’elle ne l’imaginait, et qu’on saurait forcément que c’était lui. Essayant de soutenir son regard et les tics qui l’animaient, essayant de garder contenance et calme, la petite brune eut bien des peines sur le coup. La gorge nouée par une sorte de peur, alors qu’il tentait vaguement de ne pas se montrer tout simplement violent avec elle – qu’il essaie et elle lui rendrait en triple, au moins par principe – elle manqua de s’étouffer de rire à sa remarque.

Gentil ? Il appelait ça « gentil » ? Elle écarquilla les yeux sous la surprise, venant se tapir contre le carrelage sous elle pour essayer de conserver une certaine distance avec lui. Le mur fut rapidement un obstacle, alors que son cœur tambourinait fort dans sa poitrine. Elle ne tenta pas de se redresser tout de suite, restant sur la défensive en le regardant s’approcher. Il n’était pas gentil. En fait… Il lui faisait peur. L’un de ses poings se serra en réalisant cet état de fait, alors qu’il sortait d’une de ses poches une carte qu’elle scruta vaguement.

Grand reporter ? Merde. On embauchait vraiment des sales cons comme lui pour faire ce boulot ? Et le vol qu’il avait commis, c’était pris en charge par son entreprise ? Elle serra la mâchoire en relevant vers lui un regard furibond. La suite de son laïus lui coupa simplement le souffle. Shea ne se sentait juste pas en position de négocier quoi que ce soit avec lui. Elle se fit arracher des mains sa carte et le regarda plutôt bêtement s’enfoncer dans le conduit d’aération pour aller dieu savait où.

__________________________

« Alors, t’as trouvé quoi ? » Demanda-t-elle en venant se planquer à côté de lui derrière les chariots pleine de vêtement malodorant.

Elle avait surgi de nulle part, et entre temps, avait fait bien des farces pour parvenir jusqu’ici. Shea avait tout de même déclenché un incendie d’ordure pour ensuite lancer une alarme dans une autre pièce. Disperser la concentration et les foules pour les mener à autre chose. Il ne lui avait suffit qu’un bref instant où les deux hommes s’étaient écartés de la porte pour s’y faufiler. S’ils se faisaient tomber dessus, ils prendraient probablement gros, mais ils avaient tout de même bien avancé.

L’odeur aseptisé du lieu lui donnait toujours aussi mal à la tête, mais elle n’en fit pas cas. Shea essayait d’être furtive. Elle avait troqué sa tenue contre celle d’une interne qui lui allait un poil trop grand. Ses cheveux colorés étaient attachés en chignon pour les rendre plus discrets. Elle avait vaguement étalé son maquillage pour le faire partir comme elle le pouvait. Du coup, elle semblait différente sur le coup. Et sur le trajet, elle avait pu constater plusieurs états de fait : les chambres des patients étaient individuelles et toutes verrouillées. En guettant par la fenêtre, elle avait pu voir des sangles nouant les poignets et les nuques de ces derniers.

Son investigation s’était arrêtée là. Elle n’avait pas les accès pour pouvoir y pénétrer, et n’avait pas cherché à le faire de toute façon. Instinctivement, elle préférait garder une certaine distance. Et là, elle se retrouvait dans une courette arrière, menant sur la morgue et les salles de deuil, ainsi que sur l'entrée d'un incinérateur en marche forcée.



a car, a torch, a death

And then I felt chills in my bones, the breath I saw was not my own... I knew my skin that wrapped my frame wasn't made to play this game. Then I saw him, torch in hand, he laid it out, what he had planned and then I said, I'll take the grave, please just send them all my way...
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Eustache Caroline
Métier : grand reporter
Véhicule : skate
Inventaire : batte de baseball cloutée & poing américain édenté

Mar 28 Nov - 1:39

Eustache peinait à la maîtrise de la discrétion qu'il devait, toujours éhontément, réapprendre sur le terrain. Et c'était quelque chose qui ne manquait jamais de chagriner ce petit bout d'homme vantant virilité et goût du risque. La boîte métallique semblait se serrer un peu plus sur ses épaules comme un étau aux parois fragiles, semblables, à peu de chose près, à son assurance de gros dur stupide. Carpe diem, qu'ils disaient les autres ! Le bonhomme s'en moquait comme de sa vie qu'il n'hésitait pas à mettre en danger, à la recherche d'une vérité qu'il exigeait qu'on écrive avec un V en majuscule. Non sans mal, il parvint à sortir son dictaphone en rongeant délicatement le métal du conduit.

Nous voici aux portes de la cécité collective. Voyez, ce n'est qu'une inscription marquée sur un bout de bois. Il suffit d'ouvrir ces maudites portes pour ne plus la voir !
Staline... Ecchouera.


Il avait presque emprunté ses mots à Coelho, et le vieux bougre de sagesse avait raison. Le noir était si profond qu'il avait l'impression de s'engouffrer tout profond dans la gorge d'un piège à loups. Il était le loup, et son adversaire était l'être humain. Et avait-on jamais fait d'adversaire plus redoutable que ces enfoirés imparfaits ? Les flingues, les cravates et les sourires fugitifs ne les rendaient pas plus attirants. Il pestait jusqu'à voir, au bout de son calvaire de chemin, une faible lumière griffonnée par des barreaux verticaux empoussiérés. Il se retenait de tousser, et en même temps, de dégueuler de frayeur. C'était la première fois qu'un de ses élans nocturnes sentait autant le goût de la mort soudaine et invisible. S'il disparaissait ce soir, il avait l'impression perturbante et parasitaire qu'un certain quelqu'un arriverait à justifier ça par une envie éclair ! comme une vague inspiration, de se jeter dans l'inconnu, de s'échapper dans un pays quelconque, le Népal, trouver l'essence pure et véritable de la vie. Et le pire, il pensait, c'est qu'il serait capable de seulement songer à cette connerie. Putain d'hippie ! Leurs idées saugrenues avaient cette capacité : se propager de la même manière qu'une MST. C'était un truc qu'il partageait plus que l'amour et la paix. Staline ricanait.

Ses yeux collés à la grille d'aération, il avait une pensée pour celle qui avait compromis ses plans de bout en bout, avec une volonté terrifiante et sérieusement casse-couille. Heureusement qu'elle avait fini par retrouver la raison, bien qu'il s'en était étonné le temps d'une demi-seconde. Il s'en serait voulu, certainement, d'être responsable de deux "pèlerinages prophétiques". Maintenant, son problème était tout autre. Le couloir sur lequel donnait sa seule voie d'entrée vers la raison disparue était bondé d'uniformes, et ça le faisait chier. Il s'en était pris des raclées, il en avait essuyé des combats avec des cinglés à la hache, et il s'était même pris une balle une fois et pourtant il était toujours là. Mais il n'y avait absolument pas moyen qu'il puisse espérer une seconde s'en sortir contre un pistolet-mitrailleur. Il essayait de réfléchir, de réfléchir, de re-fléchir, et il avalait sa salive comme on avale une culpabilité secrète. Avait-il fait tout ce chemin pour rien ?

Mais, soudainement -et vraiment très étrangement d'ailleurs- une alarme se mit à retentir pour le sauver du néant que donnait sa réflexion volontaire. Les encasqués fourmillaient dans tous les sens, et de quelques coups de phalanges, Eustache était parvenu à briser le dernier obstacle allégorisant ce qui lui restait de raison : plus rien, apparemment. Il se ramassait sur le crâne, son arcade dégoulinait encore plus de sang, mais il se mit à courir sans réfléchir vers nulle part, en espérant trouver un endroit pour se cacher.

Il chuchotait sa dernière note.

J'ai réussi à pénétrer dans l'aile réservée à ceux qu'on autorise à voir. Les lumières sont beaucoup moins fortes que dans l'autre partie de l'hosto, et y a une drôle d'odeur de grillade. Voilà comment on obtient la vérité, mes amis, en tabassant sa sécurité confortable à coups de bâtons du risque. Il faut tenir à la vérité plus qu'à sa vie pour l'obtenir ! Comme il faut tenir plus à sa vie qu'à la vérité pour la garder d'ailleurs... Mais ça, c'est une toute autre affaire. Dans quelques secondes, vous verrez ce que je vois, et vous verrez ce qu'ils voient, eux, les encravatés !
Staline... Ecchouera.


Il lançait le livestream et une force presque divine envahissait aussitôt tout son corps. Ce phénomène se produisait à chaque fois qu'il savait qu'il était à un millimètre du gouffre, comme à un millimètre de réussir : il devenait clairvoyant et méthodique, ses mouvements étaient calculés avec une précision chirurgicale, sa respiration à compter.

Il avait toujours ses vêtements d'esthète de la propreté, quoiqu'un peu grisé par son passage dans le tunnel des vertiges, mais s'il y avait quelque chose qu'Eustache avait appris de sa mère, c'était son audace. Pénétrer dans une pièce remplis de tuxedos et de coupes de champagne quand on vient   de La Goutte d'Or, Paris 18e, il fallait oser le faire. Et c'était un art dans lequel elle excellait, ou peut-être était-ce lui excellait en elle ? Peu importe, son portable était dans la poche avant de sa tenue, poitrine-cœur, pas assez grande pour cacher l'objectif. Parfait, en somme. Et il déambulait comme ça, nonchalamment, essayant de cacher le choc du spectacle terrifiant qui s'offrait à lui.

Quel genre de patients étaient retenus ici ? C'était au-dessus de tout ce qu'il avait imaginé ! Bien au-dessus ! Il avait pu observer qu'à chaque fois et dans chaque chambre, aucun d'eux ne fermait l’œil. Leur regard (encore, car l’œil était une des composantes de sa philosophie) ne reflétait ni souffrance, ni peine, ni douleur. Ils étaient vides, et ça le plongeait dans un malaise pesant qu'il ne pouvait expliquer.

EH !


Le cri venait de derrière mais il n'avait pourtant aucun doute : c'était lui qu'on interpellait, et il n'eut pas le temps de sursauter de peur que la deuxième apostrophe ne tardait pas à résonner, rebondissant entre les deux murs blancs du grand couloir, lui glaçant le sang à la manière d'un idiot qui veut toucher le bout d'une stalactite avec son nez.

EH ! T'es sourd ? Qu'est-ce tu fous ici ? Retourne t'occuper des cendres avant qu'on te botte le cul !
Combien de fois faut que je dise à ces putains d'roumains de pas glander dans les couloirs : Pas les couloirs, no couloiros, tu comprends ça ?


Putain...
.
.
.
d'enfoiré de fils de putain, il m'a pris pour un roumain !?


Une chose de certaine, la haine d'Eustache pour l'Amérique était la seule chose de non périssable. Il l'emporterait dans la tombe. Mais il y avait quand même quelque chose qui sentait le roussi dans ce que l'enfoiré de fils de putain (qui ne resterait qu'une voix car Eustache n'avait pas osé tourner la tête) avait dit : quand il parlait de cendres, il parlait de quoi au juste ? Est-ce que c'était en rapport avec l'étrange odeur de cramé qu'Eustache sentait depuis sa sortie du conduit d'aération ? Il en était sûr, et il la reniflait maintenant comme un chien des stups reniflait le cannabis des jeunes lycéens entre midi et deux dans Boston Common.

Il se raclait la gorge, pressait le pas en se forçant d'ignorer les murmures racistes qui filaient comme les neurones de l'autre enfoiré de fils de putain.

_____________________


Il avait dû sortir très rapidement pour trouver un chariot qu'il ne prit même pas le temps d'inspecter, où il vomit. Il n'en revenait pas. Il n'en revenait pas. Et il vomit encore. Eustache avait chaud. Incroyablement chaud. Et son dos s'était écrabouillé sur le mur, comme inconsciemment à la recherche de quelque chose dans cet hôpital qui n'était pas complètement instable et fou. C'est à cet instant précis que même le mur ne put le supporter plus longtemps, il s'était redressé tout seul.

Alors, t'as trouvé quoi ?

Il n'en croyait pas ses yeux. Et, en même temps..., si un peu. Mais il était bien trop secoué pour essayer de comprendre ce qu'elle fichait là. Il n'y avait, comme ces patients de tout à l'heure, plus rien dans ses yeux. Et il regardait la jeune fille avec un visage criant au secours, ne trouvant pas les mots pour lui répondre.

Il faut qu'on se casse d'ici...

Son menton pointé vers son ventre, perdu dans son rien. Et puis il regagnait conscience, à la recherche de ses yeux, et il reprit :

Vraiment.



Votre conscience,
douce et immorale comme les poils de renard du manteau d'une pétasse (présumée gérontophile) derrière la vitre teintée de sa bagnole de luxe jaune fluo,
je lui pisse dessus.
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Shea A. McLaughlin
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Informations : A une grande soeur » Timide, sensible et introvertie » Connue sur Tumblr pour ses oeuvres, sous le nom de Drenshara » Féministe convaincue » A pris des cours de self-défense après une agression, elle ne sort pas sans son chien, Hulk. » Déteste les hommes et ne se laisse pas facilement approcher » A un appétit de moineau » Tient une radio pirate et un blog-journal » Enquête activement sur l'infection, au risque de se mettre en danger » A depuis peu une arme à feu dont elle ne sait pas se servir » Annexes
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Mar 28 Nov - 9:26

Se casser d’ici ? Shea avait attendu un moment que la réponse de l’homme sorte avant de réaliser ce qu’elle était. Elle venait tout juste d’arriver que déjà lui voulait partir ? Mais pourquoi ? Elle papillonna des yeux, essayant de lire en lui, de comprendre ce qu’il se passait actuellement dans sa tête. Si elle n’avait pas été aussi persuadée que derrière ses pupilles, il y avait juste de l’eau, elle aurait probablement pu y voir le grand vide, criant à l’aide. Elle plissa les yeux, fronça les sourcils, incapable de saisir ce qu’il se passait. Il fallait dire que le fait qu’ils soient à un endroit interdit au public, dans l’urgence, presque sur le point de se faire attraper, ça n’aidait pas vraiment à composer avec les états d’âmes d’un presque inconnu.

« Woh non ! » Glappit-elle, l’air de lui dire qu’elle n’avait clairement pas fait tout ça pour rien ! « Qu’est-ce qu’il se passe ? » Renchérit-elle. « Qu’est-ce que t’as trouvé ? »

Il ne chercha même pas à lui expliquer. Eustache sembla se perdre dans ses contemplations, l’air hagard, visiblement choqué. Ce fut dans cet instant de silence que Shea réalisa qu’il se passait quelque chose de très dur dans son esprit. Qu’il avait probablement vu quelque chose, et qu’il n’en revenait pas. Elle ne pouvait se l’imaginer, ses rêves étant bien en deçà de ce dont été capable la réalité. Et pourtant, des atrocités, elle en avait vu à son échelle, de celles qui l’avaient rendu insomniaque, au point de douter de tout et surtout d’elle.

Pinçant les lèvres, elle posa timidement sa main sur le bras de l’homme pour attirer son attention.

« Eh, ça va pas ? » Lui demanda-t-elle en douceur, le genre qu’il n’avait pas connu avec elle jusqu’ici.

Elle l’avait cogné, insulté, bousculé,… Sa question dénotait avec toutes les autres. Ce fut probablement ça qui le poussa à agir finalement, à se relever avec son aide avant de la conduire vers là où il se trouvait quelques secondes avant. Ils passèrent la porte de sortie de la morgue puis bifurquèrent dans un couloir long jusqu’à une autre entrée à battant. Eustache semblait connaître la route par cœur, tout en s’y rendant à reculons. Et elle, elle ne pouvait s’empêcher de regarder par-dessus son épaule, comme à la recherche de quelque chose, de quelqu’un, d’une explication surtout. Ce fut quand il se planta devant une porte avec un hublot qu’elle lui demanda d’un regard une raison à son geste.

Petite, elle n’eut besoin que de se hisser sur la pointe des pieds, s’accrochant au bord, pour jeter un coup d’œil à l’intérieur. La pénombre ambiante fit battre son cœur. Il y eut un moment de flottement, où elle fut sur le point de demander ce qu’elle devait voir. Jusqu’à ce qu’un visage ne surgisse de nulle part et ne se plaque contre la vitre ! Shea ne fit qu’une ombre, puis une mâchoire claquer contre le verre en essayant de passer à travers. Des doigts humains se pressaient contre en essayant de défaire le hublot. Elle bondit en arrière. L’individu de l’autre côté ne recula pas d’un pouce. Un autre vint se presser contre la vitre. Et dans le regard, elle y rencontra le vide.

« Merde… » Murmura-t-elle, comme à bout de souffle en se rapprochant avec crainte. Pour mieux observer. Là, elle discerna les tenues de ces gens, l’alliance au doigt de l’un d’eux. Ils s’agissaient d’être humains, qu’on avait enfermé dans une pièce verrouillée et… « C’est quoi ce bordel ? » Demanda-t-elle en se tournant vivement vers Eustache.

En fait, elle ne comprenait pas ce qu’elle voyait.



a car, a torch, a death

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Eustache Caroline
Métier : grand reporter
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Sam 27 Jan - 5:49

Eustache coupait le livestream aussitôt. Il était en panique. Et s'Ils savaient déjà ? Il fallait partir le plus vite possible. Eustache les connaissait. Après tout, c'était ses ennemis, il les avait toujours combattu avec une féroce véhémence, mais n'avait jamais été témoin d'un crime de cette ampleur. Il fallait partir, et réfléchir ensuite.

Staline ecchouera-t-il... cette-fois ?
Ou bien se fera-t-il exécuté par une branche illuminati (et maçonnique, mais dans ce cas-là dire "une" relève clairement du sarcasme euphémique) du gouvernement qui croit que la mort par le feu condamne aux enfers ?

Son cœur suppliait à ses jambes de foutre le camp ASAP mais il suffisait d'un faux mouvement, d'un pas plus rapide que l'autre pour que tout soit foutu. Et si Eustache avait rêvé sa mort plus d'une fois, il s'était juré de ne jamais tomber sous les coups de la chair à canon de l'ennemi étatique, celui qui gouverne le monde, les militaires. Même dans ses propres fantaisies. Pour se rendre compte : il préférait l'auto-émasculation. Oui.

Il savait maintenant que s'il oubliait de faire preuve de discrétion ne serait-ce qu'une demi-seconde, ce ne serait pas seulement à un séjour éternel dans un cagibi à cent mètres sous terre qu'ils seraient promis, mais à la crémation. (Et encore), parce qu'il y avait une forte probabilité qu'on les foute dans le four vivant. Il voulait encore dégueuler, d'ailleurs, et il peinait à se retenir, comme on peine à tenir son gosse à Jouets Club. Il avait foutu son portable dans son froc après avoir fermer le blog temporairement. Internet avait le pouvoir de rompre des couples, défomenter des complots régionaux (style Findus), mettre à lumière des sextapes qui détruisent des enfances, mais aussi de couper des jambes, casser des têtes, incinérer des gens. Son petit doigt lui disait qu'un seul share et c'était la fin pour eux deux, parce qu'il fallait prendre en compte l'autre greluche qui ne comprenait apparemment pas l'humain.

_____________ellipse de bâtard____________

Ils avaient pas ouvert la bouche depuis qu'ils avaient quitté l'hôpital. Quoique, Eustache avait gerbé plusieurs fois. Mais ils étaient lié par une espèce d'accord tacite et ça le faisait chier, parce qu'il aimait pas les liens. Il la regardait du coin de l’œil, essayant tant bien que mal de se concentrer sur la pensée qui rongeait de plus en plus son esprit.  

12 Novembre 2017. J'aurais du emprunter un autre scooter. Ou elle aurait du appeler les flics sans essayer de me suivre comme une demeurée. C'que les gens normaux font.

Il pensait à haute voix.

Putain... J'suppose que tu peux pas simplement effacer ça d'ta mémoire hein ?


Ils s'effaçaient dans la nuit, n'avaient pas la moindre idée d'où ils allaient, comme s'ils essayaient de fuir l'atmosphère Elle-même. Impossible.



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Sam 27 Jan - 9:04

« T’es vraiment qu’un con. » Cracha-t-elle alors qu’ils s’éloignaient l’un comme l’autre de l’hôpital.

La tête pleine de pensées, confuses, désordonnées, qui se heurtaient à ce qui restait de conscience. Le visage pâle, déjà pourtant pas bien halé à la base, la brune essayait tant bien que mal de se résonner. Les deux mains enfoncées dans les poches, en réfléchissant sans pouvoir s’arrêter, en tentant tout du moins de ne pas s’arrêter. Mais par instant, sa tête se vidait d’un coup, comme percer, et les idées s’évacuaient d’un bloc par la brèche crée. Elle avait l’impression de les cumuler. Sa capacité à encaisser l’histoire se retrouvait comme dissoute par la peur de la revivre. Qu’est-ce qu’elle venait de voir… ?

Les mots de son voisin n’eurent aucun effet sur elle : à part les trouver absurde, sur le fond comme la forme, elle n’essaya même pas d’y répondre. L’efface de sa mémoire, hein ? Elle n’était pas un ordinateur qui supprimait ses données. Shea avait été marqué par pire, par plus, par sans doute plus violent parfois, que la vision de morts enfermées dans une pièce. Et pourtant, l’idée en elle-même était d’une agressivité rare, impensable s’ils ne l’avaient pas vu par eux-mêmes. Ça n’était qu’une brèche supplémentaire songea-t-elle. A colmater, au mieux, même si elle voyait la charge que ça représentait.

« Je peux pas effacer ça. J’peux pas oublier. » Ajouta-t-elle d’une voix blanche, sans adresser un regard à son voisin.

Elle ne sut dire s’il l’avait entendu, mais elle était persuadée qu’il pensait exactement la même chose qu’elle. A cet instant, ils étaient pris dans le même tournant obsédant, assourdissant, qui ne faisait que les chahutait davantage. Lorsqu’elle retrouva son bien, ce fut presque sans un regard vers lui. Elle se sentait lié par ce souvenir à cet homme, qu’elle ne voulait pourtant pas connaître. Elle regrettait qu’il n’ait pas volé le scooter d’un autre, et à la fois…

A la fois, elle savait que le monde qu’elle avait au creux de ses bras, elle le lui devait.

FIN



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