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 Kinda outta luck

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Shea A. McLaughlin
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Métier : Peintre
Informations : A une grande soeur » Timide, sensible et introvertie » Connue sur Tumblr pour ses oeuvres » Féministe convaincue » A pris des cours de self-défense après une agression, elle ne sort pas sans son chien, Hulk. » Déteste les hommes et ne se laisse pas facilement approcher » A un appétit de moineau » Tient une radio pirate et un blog-journal » Annexes
Véhicule : Scooter Vespa

Sam 11 Nov - 19:31

Shea descendit de son scooter en retirant son casque. Son sac à dos sur les épaules, elle le fit glisser le long de ses bras pour récupérer son appareil photo. Passant la sangle autour de son cou, elle s’avança progressivement dans la rue, jusqu’au bout de l’impasse qui donnait sur une descente et sur le MIT de Boston. Ses yeux parcouraient l’endroit, cernés par les patrouilles et un grillage qu’ils installaient progressivement autour de l’université. C’était impressionnant. Trop pour qu’on n’en parle pas. Prenant un premier cliché, elle enchaîna avec deux autres supplémentaires avant de baisser son appareil.

Un soupir lui échappa. Elle sentait que c’était plus que ce qu’elle pensait. Dansant sur ses appuis, elle admira le paysage un peu plus longtemps avant de remettre son appareil à l’abri. Serrant son écharpe autour de sa peau découverte, elle réfléchissait déjà à sa prochaine chronique, presque impatiente de faire sonner l’enregistrement.

« Allo Boston, il parait que tu me caches des choses. » Commença-t-elle dans un murmure. « Il parait que tu ne me dis pas tout, alors que je pensais qu’on était plus qu’amis, toi et moi. J’pensais qu’on était ensemble. »

Elle se racla la gorge et se reprit deux fois d’une voix douce. Shea était du genre perfectionniste, à chercher ses mots comme il le fallait. Elle était du genre à s’arranger pour que les phrases sonnent bien, sonnent fort. Il le fallait, pour toucher son auditoire. Aussi fit-elle les cent pas sur le moment, montant progressivement son discours. Elle sortit de sa poche son téléphone portable, pour prendre quelques notes sur ce qu’elle se disait. La brune se pensait seule, à tort.

« Tu ne vois pas de quoi je te parle ? D’accord. Et si on débattait sur ce que tu fais au MIT en ce moment ? Qu’est-ce que tu en p- » Le bruit du moteur de son scooter la figea sur le moment. Elle plissa le regard, se retourna vivement : « Eh mais… »

A l’endroit où elle avait laissé son véhicule, un homme venait de le chevaucher et de le démarrer. Elle croisa son regard, serra son poing autour de l’attache de son casque, qu’elle tenait toujours. Il y eut autant de surprise dans son regard à lui que dans le sien à elle. Et un instant de flottement un peu étrange avant qu’elle n’entame le premier pas, et que lui fasse demi-tour sur SON scooter.

« HEY ! » Glapit-elle en lui courant après, arrivant au bout de la ruelle quand lui avait déjà tourné et s’engager dans la rue descendant vers l’université. « Non mais je rêve ! » Grogna-t-elle en faisant volte-face.

Elle allait prendre un raccourci, et lui mettre la main dessus pour lui coller une véritable rouste d’anthologie. Et elle avait plutôt intérêt à récupérer son véhicule en état…



a car, a torch, a death

And then I felt chills in my bones, the breath I saw was not my own... I knew my skin that wrapped my frame wasn't made to play this game. Then I saw him, torch in hand, he laid it out, what he had planned and then I said, I'll take the grave, please just send them all my way...
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Eustache Caroline
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Métier : grand reporter
Véhicule : skate
Armes : batte de baseball cloutée & poing américain édenté

Dim 12 Nov - 18:50

Ah ! Sans aucun doute, la lueur la plus enivrante appartenait aux rayons de la Lune ! Elle avait comme pouvoir de transpercer tous les regards mais ce qu’elle voyait en l’homme qui s’introduisait dans la pièce qu’elle éclairait modestement avec la douceur et la discrétion d’un Dalton, retenait particulièrement son attention. Elle en avait vu des détraqués, elle avait même connu toutes sortes de phénomènes paranormaux (car elle transperçait les âmes et que les loups-garous existaient) mais jamais ô grand jamais elle n’aurait imaginé pouvoir assister à la manifestation humaine du résultat de l’accouplement entre l’hérésie et le crétinisme.

Cet homme, quel genre de troubles pouvaient bien l’habiter ? Ses yeux trahissaient une envie assumée de défier la mort, dévalant les avenues lisses éclairées par les bras des trottoirs : grands lampadaires ! seuls témoins des plus grandes des histoires ! Il semblait être à la recherche de quelque chose, et tenait dans sa main une lampe-torche dont la lumière dénudait honteusement les bas-côtés d’un quartier pourtant pudique. Surtout la nuit.

La Lune suivait sa course avec intérêt, il descendait Boylston Street posant le pied peut-être trois fois pour accélérer ses recherches. Il manquait de se faire percuter par plus d’une dizaine de voitures et hurlait sur les non-coupables, plus fort, à la hauteur à laquelle était son propre tort !  Quel genre de troubles pouvaient bien l’habiter ?

Cet homme, c’était Eustache Caroline, intrépide journaliste et grand reporter pour Cable News Network ! mais… aujourd’hui il était Staline Ecchouera, blogger controversé, pourfendeur des non-dits sociétaux, défendeur de ceux qui ne ployaient pas le genou, des hommes et femmes libres de ce monde ! Et il révèlerait la vérité à ceux qui voulaient l’écouter, ceux qui avaient arracher le voile filtrant le recevable du non-recevable selon les dires des hautes structures. Il se battait pour eux, et c’étaient eux qui lui donnaient la force de tromper la mort tous les soirs où il sortait mettre la lumière sur une autre aberration.

« 11 Novembre 2017. »

Eustache est habillé d’un sourire carnassier et d’une tronche prête à en découdre avec la cécité du monde.

« Aujourd’hui, je ne peux que m’attaquer au dernier incendie dans l’actualité : la grippe rouge. J’ai longtemps échangé avec vous et nous en sommes arriver à la seule conclusion qui importe vraiment : personne ne nous aura. Nous ne sommes ni des pions, ni de la chair à canon, ni des esprits qu’on étrique à coups d’images et de spots publicitaires. Nous sommes le peuple conscient, intelligent, qui ne pourrait se satisfaire de vivre dans les eaux troubles. »

D’un coup, il arrêtait l’enregistrement de son dictaphone, et souriait encore plus étrangement : ça y est, il l’avait trouvé. La course de son skate s’éteignit quand le béton, mordant sa semelle, l’arrêta quelques mètres plus loin d’une des vespa piaggio qu’il aimait tant. C’était son char vers la liberté ! Alors, il attachait son skate à son dos avec deux lanières, rangeait sa lampe-torche et sortit un sécateur pour briser l’anti-vol. Le reste ? Pff… une routine d’ancien débrouillard. Débrouillard parce qu’est un voleur celui qui se fait prendre ! En moins de deux, les yeux de la vespa s’allumaient et…

HEY !

Merde. Ce genre de situation s’était déjà produite auparavant et en général Eustache s’en sortait, mais toujours avec quelques points de sutures. Sauf que, elle le remercierait plus tard, certainement, quand elle apprendrait qu’elle avait pris part à l’éclosion du vrai savoir ! C’est ce qu’il se disait, mais quand elle se mit à courir, et qu’Eustache put apercevoir son regard, il lui glaça le sang et par automatisme il appuyait sur l’accélérateur sans trop réfléchir.

Eustache ne s’en faisait pas, il en avait vu d’autres… bien que celle-là ressemblait trèèès bizzarement à Lui agacé dans les Super Nanas. Flippant !

« Désolé, l’amie ! J’te la rendrais, sûrement ! ça dépendra ! »

Maintenant, il était en route pour Codman Square Health Center. Et aucun signe du visage de Lui. Tant mieux. Il devait préparer un plan pour s'infiltrer dans l’hôpital où patrouillait une centaine de militaires, et sûrement, sûrement d'autres choses encore plus terrifiantes si ses théories étaient étaient bonnes.



Votre conscience,
douce et immorale comme les poils de renard du manteau d'une pétasse (présumée gérontophile) derrière la vitre teintée de sa bagnole de luxe jaune fluo,
je lui pisse dessus.
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Shea A. McLaughlin
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Véhicule : Scooter Vespa

Dim 12 Nov - 20:06

Elle dévala la pente à une vitesse ahurissante, en manquant de se fouler la cheville au moins trois fois. Elle avait la haine comme jamais, encore plus à l’idée de devoir se pointer dans un commissariat pour déposer une plainte pour vol. Tout ça parce qu’elle n’avait pas été assez vigilante sur le moment. La dernière phrase lancée par l’homme lui mit encore plus les nerfs que s’il s’était contenté de se barrer sans lui demander son avis. Non, il avait trouvé ça nécessaire de la narguer au passage, et elle n’appréciait pas, mais alors pas DU TOUT !

On ne lui avait jamais fait un coup pareil ! Du haut de ses vingt deux ans, elle avait pourtant vu pas mal de trucs qui posaient autant question que problème. Le souffle court, elle enjamba un banc sans vergogne, bondissant de l’autre côté habilement. Elle n’arrêta pas sa course pour autant, plus que décidée et motivée à s’acharner s’il le fallait. Son scooter, elle y tenait. Elle l’avait acheté avec sa première paie, de sa première vente de tableau. C’était ses économies, qui avaient demandé des sacrifices sur son confort de vie.

La brune bouscula un type sur Talbot avenue avant de bifurquer sur Millet Street. La destination de l’homme lui semblait aussi curieuse qu’évidente sur le moment, mais trop concentrée sur l’envie folle qu’elle avait de lui casser la gueule, elle n’en fit pas cas. Le grondement du moteur sembla se figer sur un parking non loin, et Shea ne stoppa pas sa course. Elle sauta par-dessus un muret, et fonça droit sur lui pour le ceinturer à peine venait-il de descendre du scooter et caller le pied.

Elle le renvoya au sol, s’écrasant avec lui violemment avant de le chevaucher pour l’immobiliser. Et casque en main, elle lui assena un violent coup sur la tempe dans le but évident de le sonner. Si l’homme tenta d’amortir le choc, elle lui en offrit un deuxième pour lui présenter la petite sœur, et un troisième, parce que jamais deux sans trois !

« T’en as eu assez ?! » Grogna-t-elle farouchement en l’attrapant par le col de son vêtement et le relever. Les yeux plantés dans les siens, elle reprit dans la foulée : « J’espère pour toi qu’il n’a pas une seule égratignure ! »

En disant ça, elle se retourna avant de se figer de stupeur. Son scooter venait de se casser la figure – en partie par sa faute, certes – et était étalé sur le bitume avec le rétroviseur éclaté. Là, elle voyait plus que rouge ! Ses poings se serrèrent un peu plus sur le vêtement de l’homme, proche de l’étrangler.

« OUH PUTAIN. » Hurla-t-elle en reprenant sa distribution de baffes là où elle l’avait laissé quelques secondes avant.

Il allait lui payer très cher ses conneries, et tant pis si elle l’envoyait à l’hosto. C’était là où il comptait visiblement aller de toute façon, ça lui ferait un voyage express dans la bonne direction !



a car, a torch, a death

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Eustache Caroline
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Métier : grand reporter
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Dim 26 Nov - 16:53

Et les trottoirs troués, et les parkings métalliques, et les cliquetis des clefs de voiture contre les cadenas des portes, et les troncs des arbres à l'horizontal qui barrent les routes des fois, et les cases faits divers en bas des pages des journaux qu'on lit pas, et les clodos branchés, et la musique enivrante, et les bars parsemés dans les ruelles perdues, et les amoureux ivres qui titubant se ramassent... parce que tous, en chœur, abandonnent leur état d'être des choses, détournant le regard vers ce qui était entrain de se passer, ils s'écrient :

Hein ?
(wtf)

Et les amoureux se ramassent sur les trottoirs troués à cause des stationnements métalliques des parkings vélos, arrivent pas à foutre la clef dans le trou du cul de la serrure, c'était pas la bonne clef, mais quand c'est la bonne clef, les feux vont enculer l'arbre, l'arbre qui finit par terre et leurs noms dans des cases de journaux qui servent de couvertures à des clodos branchés qui écoutent la musique qui sort des gorges de ruelles perdues où des amoureux ivres sortent des bars parsemés et se tueront encore à cause de cette nana.

T'ES UN MUTANT OU QUOI ? COMMENT TU FAIS POUR ÊTRE ICI ALORS QUE T’ÉTAIS LA-BAS Y A DIX MINUTES ?

Eustache était tombé sur un os. Encore une fois. Mais cette fois-ci, l'os était doté de pouvoirs extraordinaires... ; d'une bouche qui ne cachait pas les insanités dont elle était remplie... ; de globes oculaires desquels sortait du feu ; de haine véritable, de sa paume jusqu'à chaque bout de chacun de ses doigts ; et d'une aura clairement maléfique et malfaisante. Malheureusement pour elle, les coups ne lui faisaient rien, et Eustache la soupçonnait de s'en être rendue compte mais de continuer quand même, histoire de continuer. Quand même. Mais quand on cherche à corriger un gamin qui malgré le degré de la punition semble n'être atteint par que dalle, on s'énerve un peu plus, et c'est là qu'on fait appelle à notre ami le casque de sécurité pour...

Attends... Casque de quoi ?

BIM

Il avait perdu connaissance quelques secondes, et ce n'est pas la douleur qui l'avait réveillé mais la voix de son agresseuse demandant aux képis noirs de se ramener. Désorienté mais pas au point de perdre de vue sa mission de ce soir, et surtout pas au point de passer une énième nuit au commissariat de Boston, Eustache se levait sur ses deux pieds, arrachait le téléphone de son assaillante pour le balancer au loin. Aucune chance de survie. Seulement une alarme retentit (et elle le sauvait certainement d'une mort certaine, d'ailleurs), elle devait appartenir à la voiture que le portable avait probablement heurté...

Putain pourquoi je l'ai pas balancé par terre... !

Parce que ce n'était pas exactement le moment pour lui de devoir affaire à ce genre de problème. Il en oubliait presque la fille et son arcade qu'elle avait si gentiment détruite mais il sentait son aura maléfique derrière son dos et il en avait des frissons, assez pour en oublier sa curiosité maladive naturelle et courir vers les urgences sans s'arrêter, et sans jamais regarder derrière. Au moins, grâce à elle, il avait maintenant une excuse de rentrer dans cet hôpital.



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Shea A. McLaughlin
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Véhicule : Scooter Vespa

Dim 26 Nov - 17:48

Jamais quelqu’un ne lui avait mis autant la haine de sa vie. Jamais. Et elle avait cogné, méthodiquement, voire un peu trop fort. Elle ne s’en rendit compte qu’en l’assommant, sa tête rebondissant contre le bitume alors qu’il perdait connaissance. Il y eut un moment de flottement, où elle se rendit partiellement compte qu’elle était allée trop loin. Sauf que Shea finit par se convaincre que ça n’était peut-être pas assez. Elle se releva, attrapa son téléphone et composa déjà le numéro de la police pour qu’on vienne le chercher. Tant pis si on l’embarquait pour coup et blessure, ce type le méritait complètement.

Elle eut à peine le temps d’entendre la première tonalité qu’une main attrapa son portable pour le balancer loin d’elle. Surprise, elle se retourna, vit la scène au ralentit, jusqu’au son strident qui lui vrilla les oreilles. Elle fut comme deux ronds de flan, à fixer son appareil éclaté sur le sol, complètement outrée. Elle était tombée sur le roi des enfoirés, c’était pas possible ! Ses cils papillonnèrent quelques secondes, avant qu’elle éclate d’une colère totalement justifiée :

« Mais t’es vraiment un sale con ! » Lui balança-t-elle au visage, en le voyant déjà prendre la route de l’hopital. « Ou tu vas ?! »

La brunette eut à peine le temps de récupérer les morceaux de son téléphone. Recomposant la coque, elle pesta en voyant l’écran fissurée sans parvenir à le rallumer. Tant pis pour son scooter : elle ne voulait pas laisser ce pauvre type s’enfuir. Et en le voyant prendre la route le menant tout droit vers des militaires qui sauraient s’occuper d’un délinquant comme lui, elle pesta :

« J’te suis, vu que tu vas te rendre, j’pourrais témoigner que t’es qu’une sale crevure et un voleur de première, ça va être plus simple comme ça ! » Elle pressa justement le pas pour ne pas se laisser distancer, sans que lui ne lui adresse un mot.

Ils parvinrent tous deux à l’entrée. L’homme n’eut aucun mal à expliquer la raison de sa présence ici. Elle signifia aux deux militaires gardant la porte qu’elle l’accompagner sans s'appesantir plus là-dessus. Dès qu’ils passèrent la porte, l’ambiance changea du tout au tout. Le froid mordant laissa place à une chaleur très étrange, et l’odeur de javel lui sauta au nez. Ses yeux la piquèrent, elle se frotta la paupière en essayant de chasser la migraine qui la prenait tout à coup. Échangeant un bref regard avec l’inconnu, elle lui fit une moue mauvaise avant de s’avancer vers le comptoir où une infirmière aurait du la recevoir.

Shea se fit rabrouer en un rien de temps, envoyé s’asseoir là où il y avait de la place. Un coup d’œil circulaire lui permit de voir qu’il n’y en avait justement pas. La colère commençait doucement à grimper dans son ventre, en lui étreignant les tripes. Il y avait trop de monde, trop de foule, trop de bruit. Ça n’était pas seulement de la colère, c’était aussi de l’angoisse. Hermite, dans le genre, elle vivait recluse depuis assez longtemps et évitait les grands espaces. Mais elle avait un objectif en tête : envoyer ce pauvre type en prison après l’avoir roué de coups, et elle ne comptait pas abandonner en si bonne route.

« Faut attendre, ça va être long. » Lui expliqua-t-elle sèchement. « Je manquerais pas de dire à celui ou celle qui te recoudra d’appeler les flics, vu que tu m’as pété mon portable. » Grogna-t-elle en sortant l’appareil de sa poche en pestant davantage.

Il n’avait pas l’air d’en avoir grand-chose à faire. Elle ne le remarqua que maintenant : il semblait chercher autre chose. Et curieusement, elle chercha avec lui. Qu’est-ce qui, ici, pouvait bien attirer son attention ?
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Eustache Caroline
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Métier : grand reporter
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Dim 26 Nov - 19:34

Bon maintenant, casse-toi.

Qu'est-ce qu'elle fichait encore là, avec lui ? Son scooter n'était pas perdu, les seuls dommages qu'il avait reçu avait été provoqué par elle, et d'ailleurs c'est elle qui avait engagé le combat en donnant le premier coup, le dernier aussi, et ceux entre. Si elle était tenu de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, ça devait avoir son poids dans le verdict final, non ? C'est elle qui lui avait bousillé l'arcade en le frappant avec son casque ! et en plus elle avait eu le culot d'appeler les ministres ruraux ! Une chose était sûr, bien fait pour son portable, et une autre : si les policiers avaient été témoins de la scène, elle aurait écopé de plus de balayages de chiottes et autres travaux ingrats que lui.

Il soupirait.

Elle ne semblait pas en avoir grand chose à foutre, de la logique, et elle ne le quittait pas des yeux une seconde. Fait chier. Maintenant, il allait devoir se creuser la tête pour lui échapper et retourner à ses affaires. Il jetait un œil sur la salle d'attente, pareil que dans tous les services d'urgence de n'importe quel hôpital, pas une place pour poser son cul et réfléchir alors il devrait faire comme il avait toujours fait jusqu'à présent : improviser, et si ça chiait, improviser jusqu'à ce qu'il trouve un moyen de s'en sortir.

Un état des lieux rapides et rapidement la courbe d'un premier plan foireux se dessine. Il prenait une légère inspiration avant de s'adresser à l'infirmière de l'accueil.

'sont où vos chiottes ?

Sans un regard, les yeux plongés dans son magazine spécial minceur où elle cachait sûrement des pages de 50 shades of gray (sa pupille était beaucoup trop pétillante pour que ce soit simplement un enthousiasme dû à la rubrique "Les apprendre ensemble ! : nouvelles poses de yoga de la semaine"), elle lui indiquait le bout du grand couloir et Eustache fonçait en jetant un regard noir à son stalker.

Tu m'suivrais p't'être jusqu'en Enfer, et pas pour les raisons qui font chavirer les cœurs, mais si y a un truc dont j'suis absolument certain c'est qu't'as aucune envie, à peu près comme toutes les nanas du monde, de rentrer dans les chiottes des mecs.

Et elles ont bien raison, c'était un endroit obscur, plus obscur que les eaux de la Seine, et pour s'y être fait balancer, Eustache le savait très bien. Mais il avait autre chose derrière la tête, en plus de la semer, il avait repéré un agent de propreté saoulé de sa vie les deux coudes posés nonchalamment sur le guidon de son fardeau. Heureusement pour lui, Eustache était là pour lui offrir une pause bien méritée après, bien sûr, pris le temps de chier. Il entrait donc dans les chiottes et en sortit des années plus tard (parce que c'est l'endroit idéal pour réfléchir, après la douche) pour se plaindre au mec de tâches de sang sur le sol et de vomi dans le lavabo.

C'est étrange, je viens juste de-
Moi je mens, moi ? disait-il comme un marseillais qu'on accuse d'amplifier un peu
Ce n'est pas ce que je dis mais je suis sûr d'-
Donc moi je mens, moi !? T'étais là pour savoir si je mens !? disait-il comme un marseillais qu'on accuse d'amplifier juste un chouïa

And so, les deux hommes entraient dans les toilettes et on l'a fait courte : mandale, pépin, casse-noix. Un seul en sortait, en infiltré, nouvellement gradé responsable de propreté, il pensait qu'il s'était jamais demandé ce que c'était d'être un esthète du lieu public. Mais il avait la réponse, c'était à chier. L'autre pépin semblait aussi l'avoir perdu de vue, ça faisait deux problèmes de résolu, et il fonçait vers une autre partie de son plan qu'il ne connaissait pas encore, mais qui allait certainement inclure une partie balais, seau d'eau, serpillière et autre machin chiant.



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Véhicule : Scooter Vespa

Dim 26 Nov - 20:05

Il marquait un point en effet. Shea aurait pu le talonner très loin, avant de se figer devant la porte des toilettes pour homme où il lui sommait de ne pas le suivre. Pour des raisons évidentes. Elle plissa les yeux, persuadée qu’il y avait anguille sous roche, mais ne fut pas non plus si motivée que ça à lui tenir la porte. Elle se figea et hocha finalement la tête, les sourcils froncés et la moue gênée, reculant d’un pas volontaire pour s’éloigner. De fait, l’homme prit tellement son temps qu’elle s’éloigna davantage, se passant une main dans les cheveux en essayant de ne pas avoir l’air trop nerveuse.

Ses doigts vinrent chercher son téléphone dans sa poche, sur lequel elle tapota pour essayer de le faire marcher. Elle parvint à avoir une réaction, mais le tactile ne marchait plus du tout et elle avait maintenant un appareil en miette. Un soupir lui échappa, alors qu’elle jouait avec les touches pour tenter de parvenir au menu. Au moins, elle pourrait toujours récupérer les données avant d’en changer. Il n’y eut qu’ainsi qu’elle parvint à se rassurer pour ne pas s’énerver un peu plus contre lui et lui enfoncer son portable profondément dans la gorge.

Tournant sur elle-même, elle releva les yeux. L’homme était sorti et parlait à un autre. Qu’est-ce qu’il se passait ? elle voulut s’approcher quand les deux retournèrent dans les toilettes. Il passa plusieurs minutes avant que son voleur ne réapparaisse, habillé totalement différent. Non mais… C’était une blague ?!

« Qu’est-ce que… » Glapit-elle en s’avançant directement vers lui, le rattrapant alors qu’il poussant son chariot.

Elle fut quelques pas derrière lui en le scrutant, sur le cul vis-à-vis de l’audace du type. Qu’est-ce qu’il foutait, sérieusement ? Il tentait de la fuir, c’était ça ? Ses poings se serrèrent, elle eut presque envie de lui coller une autre dérouillée si seulement il n’y avait pas eu autant de témoins autour d’elle capable de la dénoncer. Il fallait qu’elle garde son calme, qu’elle ne l’agresser pas gratuitement. Elle ne devait que répondre, pas enchérir.

« Hey, tu vas ou ? » Demanda-t-elle en se postant à son niveau, suivant son rythme en regardant par-dessus son épaule de peur qu’on ne l’entende.

Shea sentait que quelque chose se tramait et n’avait strictement rien à voir avec leur altercation. L’homme ne semblait même plus s’en faire pour son arcade entamée, ni les marques qu’elle lui avait laissées. En fin de compte, peut-être avait-elle cogné trop fort… Se raclant la gorge, elle tenta de se faire toute petite alors que l’homme bifurquait dans un couloir seulement autorisé au personnel de l’hôpital. Le cœur de la brune se serra brutalement, alors qu’elle vint se cacher derrière la silhouette de son agresseur.

Elle n’osa rien dire, rien faire, de peur de se faire voir et de le perdre. Son objectif n’avait pas changé, pas un seul instant : elle devait rester avec lui pour le traîner en justice et le tabasser encore une fois au cas où. Mais l’homme semblait en mission, se moquant bien qu’elle soit là ou non. Dans quel pétrin était-elle en train de se mettre ? Elle se racla la gorge, tentant de se faire vraiment minuscule, et entama une technique de l’autruche. Si elle ne voyait pas les autres, alors on ne la verrait pas. Le couloir était de toute façon désert, les chambres se trouvaient plus loin avec le personnel soignant.



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Eustache Caroline
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Dim 26 Nov - 20:45

Hey, tu vas où ?

Putain, qu'elle était persistante celle-là ! Elle ne se décidait pas à le lâcher, et lui, ne comptait pas s'arrêter d'essayer de l'envoyer voir ailleurs s'il y est. Mais il était tombé sur un redoutable adversaire, alors il ne lui restait plus qu'à invoquer cette technique secrète ancestrale qu'il ne souhaitait pourtant pas utiliser sur elle. Technique qu'il a apprise au cours de ses nombreux voyages et enquêtes, qui engageait rhétorique et diction pour être parfaitement exécuté. Une goutte de sueur dégoulinait de sa tempe. Eustache savait que ça faisait longtemps qu'il ne l'avait pas utilisé, et il avait peur d'avoir perdu son habilité. Il baissait les yeux, récitant une dernière fois son incantation dans sa tête, puis penchait sa tête vers son adversaire et rétorqua habilement :

Ahem, hum.

Madame, est-ce que l'on se connaît ?


Bien sûr, ça n'avait pas fonctionné. Et pour seule réponse la fille lui frappait l'arrière du crâne. Pas de chance, il serait obligé de se la trimbaler jusqu'à ce que la chemin s'obscurcisse et qu'elle se rende compte quelle erreur elle commettait ! Mais il avait l'impression que ça ne serait pas avant longtemps, et donc il pensait tout de même à l'assommer d'un coup unique à la tête mais craignait qu'elle ne le suive même dans ses pensées, en débarquant comme une furie irréelle, comme elle l'avait fait tout à l'heure, sur le parking. Rien qu'y penser lui fichait les jetons.

Au bout du couloir du personnel, devait se trouver l'aile condamnée de l'hôpital dont il avait tant entendu parlé sur son forum. Un de ses fidèles y travaillaient et c'était lui qui avait commencé à colporter d'étranges rumeurs sur cette histoire de grippe rouge. D'après lui, une instance qui n'était ni celle de l'hôpital ni celle des militaires avaient fait isoler les murs après qu'une infirmière ait entendu d'étranges hurlements. Cette infirmière n'avait pas lâché le morceau, clamant qu'il se passait de choses bizarres dans cette partie de l’hôpital, sous-entendant maltraitance et violence sur des patients. Et puis on avait plus jamais entendu parler d'elle. Sur le forum, il disait aussi que le comportement des militaires à l'égard du personnel dépassait le protocolaire, ils traitaient tous ceux qui s'approchaient un peu trop de l'autre aile comme des criminels de guerre.

Eustache avait son avis sur la question, il avait déjà traité avec des organisations de trafics humains, mais cette histoire semblait être lié à ce qu'il se passait à Boston, et à cette grippe rouge. Il comptait bien pénétrer dans cette partie interdite, et le diffuser en live stream, sur son blog. Au moins, s'il lui arrivait quelque chose, le monde entier connaîtrait le visage de son agresseur ! Il jubilait à l'idée de se faire casser la gueule par un représentant de la loi : il ne pouvait pas les sacquer, et il ne manquait pas une occasion de révéler les violences qu'il subissait lors de ses enquêtes à haut risque. Les criminels en question étaient souvent plus sympas que ces débiles en uniformes. Après, il y avait un degré à mettre au mot sympa.

C'était un grand couloir et droit devant eux, des militaires armés avec une gueule qui disait : pas le moment d'nous faire chier. S'ils voyaient l'autre débile derrière son dos, c'en était fini d'eux, et ils le scrutaient comme un lion du gibier. Qu'est-ce qu'elle était chiante, merde ! Il ne lui restait qu'à, comme d'habitude, improviser et ça risquait de ne pas lui plaire...

Joue le jeu...

Il la prenait par le bras, feignant l'étreinte plus qu'amicale et ils entraient dans la première pièce, échappant au regard menaçant des militaires. Une fois dedans, il semblait donner son regard au ciel éternellement blanc du plafond. Semblait seulement. Car il avait trouvé ce qu'il cherchait.

Bon, je te donne une dernière chance de te barrer d'ici. Tu sors et si jamais on te pose des questions, t'es ma petite amie cochonne qui sort avant moi parce qu'on veut pas se faire cramer, déjà que j'ai un boulot de merde et que je t'offre que dalle à la Saint-Valentin, faut au moins que j'garde le job pour te payer le resto, quand j'peux payer le resto. Mais la seule raison pour laquelle tu sors avec moi, c'est qu'au pieu, et pas qu'au pieu d'ailleurs, je suis sacrément bon. Tu pouvais pas résister. Et puis les hommes qui manient des manches à balais te font un effet mooooonstrueux. Je peux continuer mais ça deviendrait beaucoup trop crade... T'as pigé ? Casse-toi, marche à l'ombre.



Votre conscience,
douce et immorale comme les poils de renard du manteau d'une pétasse (présumée gérontophile) derrière la vitre teintée de sa bagnole de luxe jaune fluo,
je lui pisse dessus.
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Shea A. McLaughlin
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Métier : Peintre
Informations : A une grande soeur » Timide, sensible et introvertie » Connue sur Tumblr pour ses oeuvres » Féministe convaincue » A pris des cours de self-défense après une agression, elle ne sort pas sans son chien, Hulk. » Déteste les hommes et ne se laisse pas facilement approcher » A un appétit de moineau » Tient une radio pirate et un blog-journal » Annexes
Véhicule : Scooter Vespa

Dim 26 Nov - 21:07

« What the fuck ?! » Articula-t-elle en écarquillant les yeux, levant le regard vers lui alors qu’il l’attrapait par les épaules avant de la traîner dans une pièce adjacente.

Le contact la crispa plus que de raison, et elle lui lança une œillade assassine en virant ses sales pattes de sur elle. Il se foutait de la tronche de qui, ce gros naze ? Shea ne s’attendit pas à ce qu’il commence son petit laïus en lui disant lui donner une chance. Une chance ? De quoi ? De lui casser la figure à l’abri des regards ? Ses poings se serrèrent, elle eut l’envie de lui enfoncer dans la gorge histoire de bien entamer les hostilités. Et plus il déroula son excuse bidon, plus elle crevait d’envie de l’étouffer avec. Elle écarquilla les yeux de stupeur avant de rire sans joie.

Dans quel monde son histoire était crédible ? Elle croisa les bras sur sa poitrine et le regarda de haut en bas sans pouvoir cacher son mépris. Sérieusement, elle le détestait. Ça n’était pas seulement parce qu’il lui avait cassé son scooter en plus de lui voler, c’était tout lui qu’elle haïssait. Et tout son récit sur la petite amie cochonne qui fantasmait sur les manutentionnaires lui faisaient grincer les dents. Non seulement c’était affreusement sexiste, mais en plus carrément insultant pour elle. Il avait un sacré toupet, ce type !

Il l’avait visiblement prise pour la dernière des abruties, et ça ne passait pas. Elle esquissa un sourire ironique et afficha un air clairement effronté en le méprisant ouvertement :

« Y’a pas moyen que cette excuse passe parce que t’es clairement le plus gros blaireau que la terre ait jamais porté et ça m’étonnerait que tu sois doué en quoi que ce soit. » L’insulta-t-elle sans se sentir rougir.

Son éducation devrait logiquement l’empêcher de dire de telle chose. Mais Shea en était à un point où elle s’en moquait bien d’être odieuse. Elle avait à faire à des abrutis en ligne qui se cachaient derrière un pseudo et une adresse IP, elle ne se démontait jamais pour les remettre à leur place quand elle avait deux minutes à offrir à ces ignares. Pourquoi devrait-elle s’en priver IRL au juste ? Elle lui avait déjà refait le portrait, rien ne l’empêchait de recommencer.

« En fait, je pourrais peut-être plutôt aller voir les deux militaires au bout du couloir et leur expliquer que t’es un cafard qui tente de s’infiltrer dans leur aile ? » Suggéra-t-elle en tapotant son index sur ses lèvres, faisant mine de réfléchir intensément à ce qu’il se passait. Elle prit même un air stupide avant de poser ses yeux sombres sur lui : « Qu’est-ce que tu en penses ? »

Ouh, il n’allait pas aimer. Mais Shea s’en foutait complètement. Elle eut plutôt un sourire amusé de la situation, inconsciente de ce qu’elle risquait. En fait, elle savait déjà que sa présence ici pouvait l’amener en cellule pour quelques jours. Maintenant qu’elle était là, autant aller jusqu’au bout non ?

« Ou alors, tu me dis ce que tu cherches ici et c’est quoi ton putain de problème. » Suggéra-t-elle dans la foulée en haussant les épaules. « Tu as trois secondes avant que j’aille voir tes grands copains. » Souffla-t-elle en reculant d’un pas, la main déjà sur la poignée. « Un… Deux… » Trois ?



a car, a torch, a death

And then I felt chills in my bones, the breath I saw was not my own... I knew my skin that wrapped my frame wasn't made to play this game. Then I saw him, torch in hand, he laid it out, what he had planned and then I said, I'll take the grave, please just send them all my way...
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Eustache Caroline
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Métier : grand reporter
Véhicule : skate
Armes : batte de baseball cloutée & poing américain édenté

Dim 26 Nov - 22:03

Eustache la prenait par le col en lui lançant son premier regard noir de la soirée. Son autre main venait arracher la sienne à la poignée de la porte, et puis elle jeta son corps sans délicatesse comme on jette un chiffon, de l'autre côté de la pièce. Ses bras tout entier commençait à trembler et ses tics revenaient, il se frottait le visage de deux doigts, essuyant le coin de ses yeux, essuyant la robe de son nez, essuyant sa barbe malmenée, l'ongle fouillant dans la jungle de ses poils pour arriver, hésitant, jusqu'à ses lèvres. Il semblait se retenir, mais en reposant son regard sur la fille qui était maintenant devenue une menace, il ne put résister et se finit par se ronger l'ongle. Ses expirations étaient si bruyantes qu'on aurait pu croire qu'ils essayaient vraiment de faire gober aux militaires qu'ils vivaient tous les deux une sorte de romance déchaînée. Mais il n'en était rien. Eustache ne supportait simplement pas perdre le contrôle, car pour lui il n'existait aucune demi mesure, en perdre un peu c'était tout perdre.

Hey... J'ai été gentil avec toi, il me semble...

Il s'approchait d'elle tout doucement, on entendait sa respiration et le sombre pas de ses chaussures aux semelles déchirées. Son visage avait changé, il le savait, il connaissait cet état. Il s'était échappé de la cage où il l'enferme d'habitude. Précisément : elle l'avait fait sortir, ouvrant la boite de Pandore avec son regard méprisant et ses menaces stupides. Il était plus Staline qu'Eustache, maintenant, bien qu'il n'y ait pas grande différence entre les deux. Eustache, c'était juste Staline qui se bandait d'un voile très léger les yeux. Et il tombait sur ses genoux pour être proche du visage de sa menace et l'examiner. Jolis traits, gueule d'emmerdeuse. Il fronçait les sourcils et se relevait bruyamment, les deux mains pressant son crâne comme pour renfermer toutes les merdes qu'elle avait libéré dans son cerveau.

Il prenait une grand souffle. Expirait un bon coup.

Il allait mieux. Et ses synapses se remirent à fonctionner comme celles d'un adulte pas vraiment savant, mais pas simplet non plus, et il sortit sa carte pour la lui montrer. Sur celle-ci, on pouvait voir sa gueule de trou du cul et lire :

EUSTACHE S. CAROLINE
Grand Reporter
Cable National News

Bien que ce n'était pas vraiment une enquête qu'il réalisait pour CNN, il ne souhaitait pas révéler ses véritables intentions, sachant quelle réputation son blog avait. Au moins, le miroir de son job offrait une certaine authenticité réconfortante. En tout cas plus qu'un unknown user écrivant des articles sur la face cachée des lobbys pharmaceutiques et le nouvel ordre mondial.

En attendant, il fouillait dans la pièce à la recherche d'un scalpel ou autre machin tranchant, et puis se débarrassait de la grille d'aération. Il revenait vers la rouquine et reprenait sa carte.

Tu veux savoir ce que je cherche ? j'en sais rien mais mon instinct me dit que c'est sale. Tu veux savoir, tu viens, mais j'te conseille pas. Ou tu rentres chez toi et tu le sauras peut-être jamais. Et tu fais comme si tu m'avais jamais vu.

Et avec ces mots, il disparaissait dans un tunnel étroit et métallique. Avec aucune putain d'idée de ce qu'il allait faire ensuite pour ne pas se faire buter.



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