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  No flu supplement on pizzas

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Tyler Burrows
Métier : Mécanicien
Véhicule : Ford F250 de 1969 bleu et blanc
Inventaire : Clef anglaise

Mer 8 Nov - 8:44




ft. Reese && Tyler


Toute la difficulté réside dans le geste. C’est ce que l’on m’a toujours appris. Du moins jusqu’à mes neuf ans. Il faut avoir le poignet souple pour réaliser de beaux arcs de cercles, sans pour autant donner trop de puissance au mouvement, afin de ne pas provoquer la catastrophe. Je mobilise toutes mes compétences sur ce coup-ci. Il fallait que je réussisse ce que j’avais entrepris un peu plus tôt. Ne pas merder. Surtout pas. Ce n’est pas le moment. D’un regard je scrute les aiguilles de l’horloge. Quelle erreur. D’une rapidité indescriptible, mon manque de concentration momentané provoque un débordement de l’eau des pâtes que je suis en train de cuire, me valant un « Eh merde ! Chié !» rythmé par le crépitement de l’eau sur la plaque chauffante. Je soulève la casserole, provoquant une vague interne au contenant qui déverse son liquide plus proche de la lave que de l’eau -à en juger par la température- sur ma main. Je lâche tout dans l’évier, voyant mon repas dégouliner dans ce dernier. Pas le temps de niaiser. J’allume l’eau froide, plein pot et passe ma main dessous. Je grimace tant la brûlure est assez vive. Une pointe de bonheur dans mon malheur, j’en ai plus mis à côté que sur moi-même, évitant bien des plaies dont je me serai passé. Déjà que mes mains en sont couvertes…

J’enroule une serviette autour de ma blessure de guerre -oui, car la guerre était déclarée aux pâtes-, et nettoie ce que j’ai salis de ma main valide. Je songe en parallèle à ce que je pourrai avaler pour que mon estomac cesse de s’exclamer dans un gargouillis immonde. Je ne suis clairement pas en état de sortir. Et mes placards ont décidés de déloger toutes traces de nourritures. Sans doute aidé par mon cher petit frère, fâché à l’idée d’aller rechercher de quoi se repaître. Il me faudrait commander une denrée à livrer. Et puisque les pâtes ont décidé de me trahir, j’opte pour rejoindre le camp ennemi à ces dernières, leurs rivales compatriotes de toujours, j’ai nommé : les pizzas ! Je me recule, admirant ma casserole propre sur l’égouttoir, et les vilaines pâtes dans la poubelle. Ma plaque de cuisson brille de mille feux. On ne croirait pas qu’il y a eu une bataille ici ces dernières minutes.

Je me dirige vers le salon de mon appartement, coupant cette satanée télévision qui ne fait que parler de ce maudit virus. De toute façon, je suis convaincu que c’est encore une connerie pour qu’on ne sorte plus de chez nous. Je compose le numéro de la pizzeria de tête et attends que l’on décroche.
« Yo les frères Burrows ! Vous faut quoi, les bro ?
Qu… Comment tu sais que c’est nous ?
Le nom s’affiche quand vous nous appelez !
Mais quelle est donc cette sorcellerie ?! » répondis-je en riant
« La technologie, Burrows, la technologie ! Alors ?! La commande ?
Ouai… Euh… J’suis tout seul donc une margarita avec supplément anchois, olive et peppéronis !
Eh yo ! T’es ouf mec ! On ne livre plus pour une seule pizza ! Même si c’est une familiale ! On est plus des masses à être encore ouvert, Ty’ ! Y’a plein de boutiques qui ferment ! Contrôles sanitaires et tout le bordel à cause du virus… On ne livre plus en dessous de 20$ !
Tu t’fous d’moi ?! Si tu m’en mets deux, la deuxième va être inmanageable dès les premières heures !... Bon… Mets en une deuxième. Au choix. J’vais voir pour inviter quelqu’un. Oh et tu me mets une teille de soda avec. N’importe lequel. Sauf celui qui sens le fromage.
OK, ça roule ma poule ! D’ici deux heures, on s’ra là !
Quoi ?! Mais j’vais... » je suis interrompu dans mon élan de râlerie par la tonalité d’un type qui m’a raccroché au nez. Je comprends mieux pourquoi j’avais rejoint la team pasta. Ces pizzaiolos sont vraiment détestables… J’extirpe mon téléphone portable de ma poche après avoir reposé le fixe à sa place. J’envoies un texte-message à Reese. Ça fait un moment que je ne l’ai pas vu. Et étant donné que mon frère m’a trahis en vidant tout garde-mangers possibles, je décide de proposer à sa sœur rivale un repas à partager.
« SLT RIRI. G 2 PIZ KI ARIV DS 2H. VI1. JE V PA TT MANGER. BIZ. TYLER. »
Il faudrait sans doute que je troque mon vieux nokia 3310 et que je daigne accepter une offre de changement de forfait. Je suis trop limité dans le nombre de caractère et n’ai nullement le choix que d’écrire en majuscule. Mon orthographe en prend un coup. Je rallume la télévision, et m’installe dans le canapé, attendant de ses nouvelles, et me faisant une raison : il va falloir que je supporte cette faim pour au moins deux heures. Quel merdier. Si ces pâtes avaient coopérées, nous n’en serions pas là.
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Reese B. Maddox
Administratrice
Métier : Enquêtrice
Informations :

Jeune enquêtrice à la crime » Orpheline » Tempérament solitaire, souvent cynique, elle a un humour particulier et un certain franc parler » Particulièrement observatrice, elle est douée en déduction » Commence à nourrir des sentiments pour Ayden, même si elle refuse de l'admettre » Elle raffole du chocolat » A un chien, Malinois, du nom de Clint » Chante bien, grande fan de musique » A un sérieux penchant pour l'alcool et a tendance à facilement se noyer dedans » Agi comme une connasse lorsqu'elle a la gueule de bois » Annexes


Véhicule : Moto Yamaha MT-125
Inventaire : Beretta 92 à sa hanche, un tazer et un SIG P225 à la cheville. Boîte d'Ibuprofène 200mg (30 comprimés), Flacon de Vogalène 0,1% (150mL, avec seringue doseuse graduée en kg), Boîte de Tramadol 200mg (30 comprimés), Kit de soins spécial rhume (1 boîte de Paracétamol 1g, 1 boîte d'Ibuprofène 400mg, 1 boîte de Vitamine C 1g)

Mer 8 Nov - 21:12

Son téléphone vibra dans la poche de son jean. Elle l’extirpa de là, déverrouillant l’écran avant de froncer un sourcil en lisant le message. Ayden ne manqua pas de la fixer d’un air étonné, avant qu’elle ne relève les yeux vers lui avec un sourire amusé. Leurs yeux se croisèrent, elle perdit son sourire, et lui adressa un regard méprisant.

« Tu veux ma photo ou quoi ? » Rétorqua-t-elle sèchement.

Son coéquipier n’eut même pas besoin de lui répondre quoi que ce soit. Il leva les yeux au ciel, et évita de surenchérir, sans doute trop fatigué pour avoir envie de se battre avec elle. C’était tout l’inverse avec Reese : quand l’épuisement la guettait, elle s’énervait pour un rien et s’emportait facilement. Comme le repos ne faisait pas parti de son emploi du temps des dernières semaines, c’était plus ou moins une constante pour eux deux : elle qui s’énervait, lui qui l’évitait.

C’était ça, ou se partager le canapé du bureau où ils vivaient quasiment vingt quatre heures sur vingt quatre dernièrement. Et Reese n’était pas encore prête à passer le pas. Son temps lui était déjà suffisamment précieux pour en plus devoir partager ce qu’il lui restait de nuit. Elle soupira, se détournant de l’homme pour venir tapoter sur son clavier :

Citation :
Il serait vraiment temps que tu t’achètes un téléphone, Tyler. Je serais là, mais peut-être pas à l’heure.

Message envoyé. Elle rangea son téléphone dans la poche de son jean, là où elle l’avait trouvé, avant de reposer ses yeux sur Ayden :

« Quoi ? Tu vas quand même pas me faire un flan parce que c’est pas autorisé dans ton putain de manuel du parfait-petit-policier ? » Râla-t-elle devant le regard courroucé de son voisin.

Et la dispute était lancée.

_______________________

Reese tambourina à la porte avec force, dans le but évident de réveiller toutes les foules du quartier. Elle avait une heure de retard, et si ça n’était pas dans ses habitudes, ça s’expliquait par son travail chronophage. Si elle avait réussi à quitter le commissariat, c’était grâce à la promesse de revenir avant deux heures du matin pour prendre un service de nuit avec son collègue. L’ambiance n’y était pourtant pas, et ils s’en seraient bien passés l’un comme l’autre, mais ça faisait longtemps qu’ils n’avaient plus vraiment le choix.

« Ouvrez, c’est la police ! » Déclara-t-elle à travers le bois. La porte derrière elle s’ouvrit, avant celle de Tyler. Reese afficha un grand sourire amusé, avant de sortir de sa poche un vieux papier froissé sur lequel elle avait griffonné un dessin grossier d’elle en train de botter le cul d’Ayden : « J’ai un mandat d’arrêt contre toi pour crime contre l’humanité à cause de ton téléphone. »

Elle avait l’air si sérieuse en disant ça. Mais en écoutant distinctement les mots, la vieille voisine de Tyler referma la portière en soupirant. Ils l’entendirent râler avant d’en rire :

« Balance le vite par la fenêtre et amène les pizzas, ou j’appelle les renforts ! » Poursuivit-elle en forçant un peu l’entrée, histoire d’être enfin à l’aise.


Something
to believe in
I'll face the night and I'll pretend, I got something to believe in


Dernière édition par Reese B. Maddox le Sam 11 Nov - 11:53, édité 1 fois
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Tyler Burrows
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Ven 10 Nov - 20:43

Je reçois bien assez vite la réponse de Reese qui ose se moquer une fois de plus de mon téléphone, faisant passer le sien pour la pointe de la technologie. Tout le monde sait que dans six mois, sont téléphone n’a plus de batterie et est à la poubelle. Le mien, tel un menhir de la technologie, sera là Ad Vitam. Il se pourrait même qu’il survive à l’humanité toute entière. Enfin… Sauf s’il n’y a plus personne pour le recharger. Mais la suite de son message me déplaît. Déjà de devoir attendre deux heures pour recevoir deux malheureuses pizzas, elle m’annonce qu’elle sera en retard. Et étant donné que ma politesse a une fâcheuse tendance à me perdre, je risque de me laisser mourir en l’attendant. Cela me vaut un soupire et je décide qu’il est sans doute temps de m’accorder du temps à une de mes passions. Si ça n’occupe pas mon estomac d’une digestion, ça occupera sans doute mon esprit, m’évitant ainsi d’avoir à regarder l’heure toutes les trente secondes.

Je me lève, après une extinction de cet outil audio-visuel bien trop criard à mon goût, et me dirige vers un coin du salon. J’y attrape ma guitare électrique et branche l’ampli’. Je monte le son pour qu’il soit suffisant mais n’empiète pas sur la tranquillité du voisinage. Tandis que je gratouille quelques riffs et accords en tout genre, n’arrivant pas à aligner trois mesures d’une même musique, je me fais bien vite embêter par une bête des plus immondes : mon chat. Le saltimbanque, surnommé officieusement « Ordure » s’est approché de moi pour grimper sur mes genoux. Lui aussi semble du même avis que moi. IL vaut mieux que j’arrêter d’essayer des trucs avec un instrument musical. Au moins pour ce soir. Cela lui vaut une gratouille sur la tête. Je ne lui en veux pas et me dit que ce soir, il aura droit à son véritable prénom : « Motul ». C’est dans un vieux fût motul rouillé que je l’ai découvert lorsqu’il n’était qu’un chaton. J’avais failli le recouvrir d’huile de vidange usager, s’il ne s’était pas mis à miauler. Il faut dire qu’il avait déjà à cette époque un pelage aussi noir que le charbon. Seul sa trace blanche sous le menton le démarquait des autres chats de sorcière.

Les deux heures passent très lentement. Je tourne en rond, papouille l’animal dont je suis l’humain de compagnie, vérifie qu’il a assez d’eau et de croquettes pour nous foutre la paix ce soir et recommence ce cycle ainsi de suite. Je me rends vite compte – dès la première minute en fait – que le livreur a du retard. En effet, il a dépassé le créneau prévu d’une minute. Et ça ne peut clairement pas aller en s’arrangeant. Donc je reprends mon cycle en y ajoutant des soupirs de temps à autres. Il a finalement fallu attendre une trentaine de minute pour que ce jeune homme en casquette sonne à ma porte. L’ayant ouvert, je lui jette presque l’argent en plein visage, récupérant mon précieux après m’être débarrassé de toute liquidité. Me remerciant, il se volatilise dans le couloir tel batman dans l’ombre. J’en aurai versé une larme si je n’avais pas aussi faim. La joie me prend. J’ai envie l’espoir de savourer un repas. Mais… ! Il faut encore attendre cette saleté de fliquette : Reese. A cette pensée, un nouveau soupir s’échappe. Je range les pizzas dans le four pour les maintenir au chaud, et me cherche un nouveau cycle. Mais je ne sais strictement pas quoi faire pour combler ce creux.

Une trentaine de minutes supplémentaires, on tambourine à ma porte. J’avais bien sûr finit par me réinstaller sur le canapé, zappant sur les différentes chaînes TV et optant pour une chaîne de vente par correspondance. J’ai bien failli craquer pour l’épluche-légumes électrique, et la machine à smoothie. Mais je m’étais ravisé. Je me lève donc d’un bond, me demandant qui cela peut-être à une heure pareille. Oh mais pour sûr ! C’est Reese ! Je ne l’attendais plus ! Un rire sonore m’échappe lorsque je l’entends jouer son rôle de fliquette. Le temps de déverrouiller le loquet et la serrure, j’affiche mon visage par la porte. Je n’ai nul temps de la saluer qu’elle colle presque contre le bout de mon nez, un mandat d’arrêt douteux. Je recule ma tête, faisant la mise au point. « Je demande à voir quels amendements de la constitution mon bon vieux téléphone enfreint-il… Les pères fondateurs auraient-ils prévus que je fasse autant de mal avec ce 3310 ? » dis-je, sortant le pavé de ma poche pour le désigner.

Et la porte derrière Reese se referme. Je n’avais même pas vu qu’elle était ouverte. La voisine se mit à geindre derrière, nous maudissant. D’un commun accord non-dit ni écrit, nous en rions. Je me recule pour la laisser passer lorsqu’elle me menace de ses collègues, pour la saisie de mes pizzas. « Je me rendrais hors-la-loi si quelconque poulet s’approchent de ma Margarita supplément anchois, olives et peppéronis ! » annonçais-je, prenant un air faussement menaçant. Je m’avance jusqu’à la cuisine et extirpe les pizzas du four, manquant de me brûler les doigts. Je les dépose sur la table basse du salon et m’éclipse quelques secondes pour vite revenir avec deux verres et une bière pour elle. Le soda me suffit amplement, étant donné mon passif avec la bouteille.

« Désolé de te presser autant. On discutera des banalités en mangeant. J’a la dalle depuis trois heures ! J’ai bien cru que j’allais manger Motul… » Il semble avoir compris, le chenapan. D’un miaulement, il manifeste sa réponse et s’éclipse dans le couloir, en direction sans aucun doute de ma piaule. « Je te préviens ! Tu ne fais pas tes griffes sur mon oreiller, Ordure ! » dis-je assez fort, à l’encontre du félin. Je me tourne vers Reese, une part de pizzas à la main, assis en tailleur sur le sol. J’avais opté pour lui laisser le canapé. Je demande entre deux bouchées : « Alors… Pas cro débordé en che moment ? On voit que cha partout : des chyrophares. Chais pas ch’qui che pache mais cha a l’air… » Je comprends que c’est incompréhensible, et me stoppe, avalant ma bouchée et reprends « ça a l’air tendu, ces histoires de grippes et de vandalisme. Enfin… Faut dire qu’on vit une drôle d’époque aussi. » finis-je en arrachant un morceau à ma part pour le mastiquer, tout en méditant sur la fin de ma phrase.
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Reese B. Maddox
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Sam 11 Nov - 11:21

« Eurk, des anchois. » Commenta la brune avec une moue crispée. S’il y avait bien un truc qu’elle détestait, c’était ça. Et les endives ! Et pour le coup, Reese était persuadée que Tyler pouvait manger les deux en même temps sans sourciller un seul instant ! « T’as vraiment des goûts bizarres Tyler. » Déclara-t-elle en le fixant sans cacher son ironie. Tout était bon à prendre pour le taquiner : « J’pensais déjà la même chose de ton, mais alors là, ça s’vérifie ! » Blagua-t-elle.

Elle connaissait Hannah, évidemment. Même si elle ne l’avait rencontré que sur la fin de sa relation avec Tyler, lorsqu’elle avait assidument repris le contact avec lui et son petit frère. Pour le coup, elle n’avait pas pu s’en faire un avis très valorisant, vu qu’elle ne l’avait pas connu quand tout allait bien entre eux. Elle savait que si son ami l’avait aimé, et fait un enfant avec elle, c’était pour une très bonne raison : elle devait valoir la peine. Elle était d’ailleurs assez impressionnée qu’il ait réussi à se construire ainsi.

Pas toujours très droit, forcément, vu que sa relation s’était soldée par un divorce plutôt douloureux. Que Tyler avait eu quelques problèmes avec la boisson, et que son petit frère lui prenait tout son temps sans jamais qu’il ne se concentre sur lui et rien que sur lui… Mais il venait de loin. Les foyers forgeaient des enfants un peu étranges, un peu hors des cases, de ceux qui ne pouvaient pas vraiment se ranger parce qu’ils n’avaient pas tous les repères pour le faire. Tyler avait pour lui la sagesse, pas toujours en direct, mais presque, qui l’aidait à avancer même dans le noir.

La jeune femme croqua dans sa part, pour répondre à son frère de la même manière :

« Tu richoles ? Ch’ai même pluch le temps de rent’er chez moich ! » Elle poussa un petit cri crispé, quand le fromage lui brûla la langue. Un coup de soda pour apaiser le feu, et elle se justifia : « C’est chaud. »

Un soupir lui échappa pour le coup, avant d’esquisser un sourire un peu crispé. Elle mit du temps à répondre à Tyler, elle se passa aussitôt une main sur le visage pour essayer de chasser l’angoisse et la fatigue qui la tenaient. Ces derniers jours, elle avait vu plus de trucs bizarres que dans sa vie entière. Au bout du compte, Reese n’avait plus vraiment les mots pour en parler. Pas après l’épisode avec Ayden en pleine nuit, dans le froid, où les deux fous dévoraient une illustre inconnue qu’ils n’avaient même pas encore pu identifier.

« Ouais, c’est vraiment la merde, j’te le cache pas. » Souffla-t-elle avec une petite moue, un peu gênée d’avoir à admettre que la situation échappait à tout contrôle. « D’ailleurs, dis à ton frangin de s’arranger pour pas avoir à sortir passer vingt et une heure. » Parce que oui, elle s’inquiétait déjà pour lui : « Y’a même pas que la grippe qui gêne. Enfin… Si, c’est déjà énorme parce que cette grippe, elle a clairement pas de vaccin et en plus elle te tue, donc qu’il aille pas la chopper. »

Elle n’eut plus à cœur de manger. Tout ça lui retournait l’estomac, et la fatigue n’aidait pas. Elle se sentait lourde, ses yeux pesaient du plomb, mais les souvenirs et l’obligation l’empêchaient de fermer l’œil et de sombrer.

« Et ensuite, j’sais pas… » Souffla-t-elle. « Les nuisibles ont décidé de profiter de cette période pour faire le double de conneries, donc on a le double de travail. »

Nouveau soupir, elle secoua la tête.

« On vit à une drôle d’époque… » Répéta-t-elle avant de plisser le regard : « Tyler, t’es même pas si vieux, arrête de parler comme un ancêtre ! » Elle le bouscula du coude avant de rigoler.


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Tyler Burrows
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Mer 15 Nov - 19:24

Quel contentieux cette vile personne que je considère comme ma sœur a-t-elle avec les anchois ? Ils ne lui ont rien fait qui mérite autant son dégoût que ça, à ce que je sache ! On est à deux doigts du racisme. D’autant plus que Miss Flicaille se permet de critiquer mes goûts ! Bon… Je ne peux définitivement pas lui en vouloir. Je suis un homme à part, après tout. Non ? Je lui réponds d’un haussement d’épaules et un air innocent affiché sur le visage. Fort heureusement pour elle, la seconde pizza est à relativement normale. Elle devra s’en contenter. Il ne me faut que très peu de temps pour faire en sorte que nous puissions manger. Et tandis que je m’intéresse à son quotidien, elle m’en apprend un peu plus sur cette méga-grippe. J’en entend beaucoup parler. Trop en fait. On dirait une campagne de publicité pour un film. Recueillir l’avis d’une personne sur le terrain, qui voit des choses concrètes, est ma façon d’en savoir plus. Pour ça que j’amène ce sujet sur le tapis. Mais comme je ne veux pas m’éterniser dessus, j’attaque directement. Une fois que j’ai ma réponse, je veux vite passer à autre chose. Mais elle enchaîne sur un couvre-feu, ou ce genre de chose. Je fais les gros yeux. « J’ai loupé un épisode ou quoi ? La grippe, on peut l’attraper tout le temps, non ? Je veux dire… Pas que le soir après vingt et une heure ? » Tout se mélange dans mon esprit lorsqu’elle vient à parler de nuisibles. Je n’ai même plus temps de réagir qu’elle vient encore une fois à piquer mon égo, se moquant de mes propos.

Un bref sourire s’affiche sur mes lèvres mais s’efface aussitôt. « Tu entends quoi par nuisible? Il y a des rongeurs, c’est ça ? » Il faut que Reese m’en parle pour que je saisisse en partie l’importance du truc. Je ne me rends encore pas compte de l’impact que ça peut avoir, mais ça a l’air assez costaud. Toutefois, pas assez pour m’empêcher de finir ma part de pizza et d’en reprendre une. Je sais qu’il va arriver le moment fâcheux où elle va me demander comment je vais. Devais-je l’anticiper pour conduire la conversation sur un terrain bien plus facile pour moi ? Ou attendre gentiment qu’elle m’interroge, à la manière d’un bourreau qui abat sa sentence sur sa victime ? Autant prendre le taureau par les cornes. J’avale ma bouchée en cours et la regarde de tout mon sérieux. « J’ai rendez-vous dans un truc de thérapie familiale cette semaine avec Hannah. C’est pour que je puisse avoir un droit de visite auprès de Dean. Un premier pas vers la garde partagée. » Rien que d’y penser, j’ai envie de reposer ma part. Est-ce pour ça que je n’arrive pas à saisir l’importance de cette grippe ? Mon esprit est-il trop encombré par cette tension perpétuelle que je ressens depuis l’approche de cette date ?

Revoir Hannah après autant d’années, devoir lui faire face pour faire valoir mes droits de père et gratter quelques instants de bonheur avec mon enfant… Rien que d’y penser, ça me donne le vertige. « J’ai bien peur que je doive demander à Matthew de faire des efforts du coup… Je veux dire… Comment lui expliquer que je veux qu’il prenne son indépendance, sans risquer qu’il sombre de nouveau dans des conneries pas possibles ? Jusqu’ici ça a toujours été tendu. J’ai comme l’impression qu’il ne digère pas la nouvelle correctement… »
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Reese B. Maddox
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Mer 15 Nov - 21:25

« C’est plus compliqué que ça, tu sais… » Admit-elle devant l’air curieux de Tyler, un peu gênée d’avoir à lui annoncer tout ça. Elle avait espéré qu’il se renseigne sur les informations, sur ce qu’il se passait clairement en Amérique ces dernières semaines. Il y avait des choses qui n’étaient connues que d’elle, visiblement. Le transport des corps des infectés jusqu’au MIT, où on les brûlait ensuite, par précaution. Tout ça était… Dérangeant d’une certaine manière. « Faire respecter l’ordre, c’est pas simple en ce moment. Vraiment pas. Et ça va pas aller en s’arrangeant… »

C’était pour cette raison qu’il devait faire attention à son petit frère. A bien lui transmettre l’information surtout, et à respecter les règles en vigueur. Ça n’arrangeait personne, mais il valait mieux ça que finir dans un sac mortuaire pour une bêtise pareille. Reese mordit dans sa part, plus par réflexe que par appétit. Avoir à y penser avait tendance à lui serrer le ventre.

« Les gangs commencent à prendre beaucoup de places, ils privatisent des quartiers entiers. On peut encore passer pour les urgences, ça facilite le travail des pompiers et des ambulanciers mais autrement… Ils protègent leurs territoires, c’est du n’importe quoi. » Souffla-t-elle d’une petite voix gênée. « J’te parle même pas des milices armées. » Un soupir lui échappa, elle haussa les épaules : « Et vive l’Amérique. »

L’élection de Donald Trump n’avait pas aidé à détendre l’atmosphère avec ça. C’était sans doute la cerise sur le gâteau ! Elle préféra passer à autre chose, la brune n’eut même pas le temps de poser les questions qui fâchaient à son ami qu’il prit les devants pour lui répondre. Un sourire plus tard, elle l’encouragea à poursuivre. Partagée pour lui : coincé entre son fils et le comportement de son petit frère. Reese ne pouvait pas connaître ce sentiment : elle s’était construite seule.

« Tu crois que ton frère a pas envie que tu sois heureux un peu ? » Lui demanda-t-elle sincèrement, de but en blanc.

Les sourcils froncés, elle continua à le questionner du regard. Si Matthew l’aimait, alors il ferait en sorte que son aîné puisse voir son fils. Il ne ferait rien qui compromettrait cette garde partagée. Le divorce n’avait pas été des plus simples, il en était en partie responsable. Il était temps pour Matt d’assumer ses torts, de faire repentance.

« Tu penses trop aux autres. Pense un peu à toi, Tyler, pour changer. » Commenta Reese en mordant à nouveau dans sa pizza pour finir sa part. « Et pense à ton fils, pas à Matthew. T’as envie de le voir, donne-toi en les moyens. » Elle posa sa croute sur le carton, sans jeter un coup d’œil au reste de sa pizza : « Demande-le moi : Je surveillerais ton frangin si tu veux… »

Elle était au courant de la majorité des frasques du petit frère Burrows. Elle savait exactement comment ça se passait pour lui, et comment sa descente aux enfers avait été violente pour toute sa famille. Pour le coup, Reese voulait contribuer à aider un proche :

« J’sais pas trop comment, mais j’me démerderais pour que t’ais le champ libre. » Lui assura-t-elle. « Et puis, je sais pas… ça lui ferait pas plaisir de voir son neveu, un peu, lui aussi ? »


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Tyler Burrows
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Lun 20 Nov - 19:15

En entendant ma petite sœur parler, je réalise à quel point j’aime ma vie bien rangée du type vieillard ! Je crois que je ne suis pas près de lâcher mon canapé, mon chat et mes pantoufles ! Tout du moins, les espèces de chaussettes à moitié trouées qui remplissent cette fonction… Puis elle me parle de la situation avec les gangs et je me ravise assez vite. Je meurs d’envie de lui poser une question. Mais j’ai peur quand lui exprimant ouvertement, cela la rende officielle, comme une requête. Ainsi, si je me prends un refus, je serais du genre avertis. Je me rassure toutefois en me souvenant que nous ne sommes que deux. Enfin… Trois si on compte l’Ordure de Motul qui fait sans doute ses griffes sur le papier-peint de ma piaule. Ou pire encore. « Du coup, comment ça se passe niveau urgences ? Je veux dire… J’imagine que les taxis sont contraints à un service minimum la nuit. Plus généralement les transports en communs. Donc si un retardataire tombe en rade à la limite du couvre-feu, j’ai droit de prendre l’appel de son assurance pour aller dépanner sa tire ? Sa voiture en sécurité au garage, il ne fera pas n’importe quoi et je pourrai le ramener à son domicile ou à un hôtel sans trop de bobo. Donc le couvre-feu s’applique dans ce genre de situations ou pas ? »

Mais j’en viens bien trop vite à changer de sujets et parler de ce pique de stress que je ressens en ce moment même, dans mon combat pour revoir mon enfant. Reese émet l’hypothèse que mon frère veuille me voir heureux. Je grimace en songeant que c’est beaucoup moins binaire que ça. Bien sûr que mon frangin veut mon bonheur. En revanche, entre le moment où je vais lui demander de faire des efforts, et l’instant où il va tenter de le faire, une tranchée profonde sépare ces deux repères temporels. De plus, même s’il en fait, il va penser qu’il est de trop dans l’équation et va se retirer une nouvelle fois pour revenir complétement ravagé, comme à son habitude. « Il ne veut pas mon malheur, au contraire ! Ce que je redoute c’est qu’il va essayer de faire des efforts à sa manière. Et en général, ça finit toujours par être pire. Je n’en sais trop rien de la façon dont son esprit fonctionne. C’est un peu comme si nous étions tout et rien l’un pour l’autre. Comme deux étrangers qui partagent la même vie. Je ne veux pas l’abandonner, mais je ne veux pas non plus toujours être derrière lui. De son côté, il veut son indépendance, mais il a l’air de mal réagir à la solitude et ce sentiment d’abandon perpétuel. Dès qu’il s’agit de se trouver un appartement, du job, ou encore de simplement avoir une vie normale, il a besoin qu’on le prenne par la main et l’aide. C’est mon p’tit frère. C’est mon devoir de faire ça, je crois. »

Ce qui emmène Reese à émettre l’idée que je ne pense pas assez à moi. Elle est loin d’avoir tords. C’est bien ça qui m’embête. Je baisse les yeux à mesure où je réalise qu’elle saisit la situation sûrement mieux que moi. Jusqu’à ce moment fatidique où elle me propose de garder un œil sur Matt. « Tu en fais déjà trop pour la fratrie Burrows. Je ne veux pas t’impliquer là-dedans. Quand on a perdu nos parents, j’ai su aussitôt que ce serait Matt et Ty’ contre le monde. Et puis tu as assez à faire avec tout ce qu’il se passe en ce moment, en effet. Je crois… J’crois que c’est juste une merde de plus mais qui n’empêche pas le monde de tourner. Par contre, je crois que s’il tourne encore, c’est grâce à des gens comme toi. Alors au lieu de me donner des bons conseils du genre de penser à moi et pas aux autres, méfies-toi, Reese. Ça peut s’appliquer à toi. » Je la regardais avec une certaine fierté. Elle est passée où, la petite orpheline apeurée que j’ai pris sous mon aile, au foyer ? Nos rôles se sont inversés. Elle est bien plus combative et forte que Matthew et moi réunit. « Aller, reprends une part de pizza avant que je ne finisse tout ! Pour ma part, dès que tu vas franchir le pas de cette porte, je file pioncer. Toi, tu as encore du boulot. Je n’ai pas envie qu’il t’arrive quelque chose parce que tu serais tombé en crise d’hypoglycémie. » Dis-je, ponctué d’un clin d’œil.

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Reese B. Maddox
Administratrice
Métier : Enquêtrice
Informations :

Jeune enquêtrice à la crime » Orpheline » Tempérament solitaire, souvent cynique, elle a un humour particulier et un certain franc parler » Particulièrement observatrice, elle est douée en déduction » Commence à nourrir des sentiments pour Ayden, même si elle refuse de l'admettre » Elle raffole du chocolat » A un chien, Malinois, du nom de Clint » Chante bien, grande fan de musique » A un sérieux penchant pour l'alcool et a tendance à facilement se noyer dedans » Agi comme une connasse lorsqu'elle a la gueule de bois » Annexes


Véhicule : Moto Yamaha MT-125
Inventaire : Beretta 92 à sa hanche, un tazer et un SIG P225 à la cheville. Boîte d'Ibuprofène 200mg (30 comprimés), Flacon de Vogalène 0,1% (150mL, avec seringue doseuse graduée en kg), Boîte de Tramadol 200mg (30 comprimés), Kit de soins spécial rhume (1 boîte de Paracétamol 1g, 1 boîte d'Ibuprofène 400mg, 1 boîte de Vitamine C 1g)

Ven 24 Nov - 17:05

« Le bus et les taxis ne peuvent pas s’aventurer vers des quartiers trop sensibles, et on ne sort pas de la ville de nuit. Si jamais tu ne peux pas rentrer chez toi, tu es amené directement à un hotel qui a de la place… » Expliqua-t-elle en terminant une autre part, avisant l’homme d’un regard. « De toute façon avec le couvre-feu, c’est pas comme si tu avais techniquement le droit d’être dehors. »

Pas à cette heure-là, en tout cas. Mais elle ne précisa plus avant sa pensée, se contentant de porter son regard vers ailleurs, songeuse. C’était difficile pour elle de cacher son inquiétude, surtout après tout ce qu’elle avait pu voir dehors. Ça n’était pas seulement la misère humaine qui la frappait de plein fouet depuis quelques temps. C’était quelque chose de plus sale, de plus intime, qu’elle ne l’imaginait d’un prime abord. Quelque chose qu’elle n’était pas capable d’exprimer à son ami, celui-là même qui la connaissait depuis suffisamment longtemps pour qu’elle n’ait plus peur d’user les mots. Ses yeux se reportèrent sur lui, elle lui adressa un sourire désolé :

« Je sais, c’est pas hyper bon pour tes affaires à toi, mais c’est pas comme si c’était moi qui faisais la loi ici. » Ajouta-t-elle sur le ton de la discussion.

Tyler vivait grâce à son garage, il survivait comme il le pouvait. Il était désormais privé d’un marché qui lui arrondissait clairement les fins de mois. Avec le retour de Dean dans sa vie, la reconstruction ne commençait pas vraiment au bon moment. Elle savait cependant que Tyler avait toujours fait au mieux, devant s’adapter au rythme de tout le monde avant de pouvoir prendre le sien. Son abnégation était incroyable, déconcertante aussi. Les mots de l’homme ne la touchèrent peut-être pas autant qu’ils auraient dû, Reese n’étant pas vraiment sensible à la fraternité. Elle avait goûté à l’amitié en sa compagnie, mais avait toujours gardé ce comportement solitaire, cette attitude qui la caractérisait si bien.

« Attend, c’est toi qui parle ? » Bon dit-elle presque, déconcertée par les propos de son aîné. Elle se donnait pour son métier, et par prolongement, pour les autres, mais elle ne comptait pas tendre la main pour se faire prendre le bras. Reese était égoïste dans le fond, et trop consciente de ses limites même si elle luttait contre constamment : « T’es sérieux Tyler ? T’en as déjà assez fait pour Matthew, il est peut-être temps qu’il se prenne par la main et qu’il se débrouille tout seul un peu. »

Ses propos pouvaient paraître secs pour qui ne la connaissait pas, mais elle était ainsi. Elle avait que trop conscience des sacrifices que l’aîné des Burrows était capable de faire pour les autres. Et ça suffisait : Tyler avait droit à sa part de bonheur, à pouvoir voir son fils. Matt ne devait pas se rendre compte de tout ce qu’il avait sacrifié pour lui. C’était tout autant égoïste qu’elle et son comportement des derniers temps.

« C’est plus un gamin perdu balancé dans le monde, depuis le temps, il devrait savoir comment ça marche pour survivre ici. » Ils venaient tous les trois du même endroit, et si avant ça ils n’avaient pas été logé à la même enseigne, ils savaient très bien comment la terre tournée. Poussant un soupir, elle attrapa une autre part, plus par gourmandise que par appétit : « Il y a tellement de gras sur cette pizza que rien qu’à la regarder, j’ai du cholestérol ! » Râla-t-elle en boudant à moitié.

Oui, parce qu’elle était clairement contrariée maintenant.


Something
to believe in
I'll face the night and I'll pretend, I got something to believe in
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Tyler Burrows
Métier : Mécanicien
Véhicule : Ford F250 de 1969 bleu et blanc
Inventaire : Clef anglaise

Mar 5 Déc - 13:39

Ainsi, les rôles étaient inversés et ma petite sœur me faisait la morale, m’interdisant officiellement de sortir. Mince… ça va si mal que ça pour que ça ne soit pas moi qui l’empêche de fréquenter des garçons ? Mais ça a l’air d’être une sacrée pagaille dehors. Du genre qu’on a pas forcément envie de vivre de prés. Je serais sans doute mieux enfermé chez moi, coincé sous ma couverture. « Je prends note, Riri. Mais ça me fait bizarre que ça soit toi qui m’empêche de traîner les rues, une fois la nuit tombée… C’est mon rôle d’être le rabat-joie, normalement ! » finis-je d’un sourire. Un sourire qu’elle ne put qu’à peine voir tant elle tirait cette tête des mauvais jours. J’en viens à muter ce visage en une espèce d’expression paralysée, agrémentée d’un soupçon d’angoisse dans le fond du regard. Bordel, elle tire la même tronche que les soldats revenant du front. Je l’ai vu dans un film ou deux…

« T’en fais pas pour le boulot, le patron comprendra ! Ce n’est pas comme si j’avais envie de faire une tonne d’heure supplémentaire… » La discussion continue sur le même ton allant jusqu’à parler d’un sujet on ne peut plus houleux : Matthew. J’avais comme l’envie de faire l’autruche, à mesure que nous avancions sur ce terrain. Mince, elle a l’air un peu furax. Mieux vaut sans doute faire la mine boudeuse que j’aime à prendre, lorsque je manque d’argument et que je me sens couillon. Je détourne donc le regard vers le bas, avec la technique de laisser les paupières ouvertes pour faire travailler les glandes lacrymales et faire venir les larmes. Ça me donne un air larmoyant. Et ça a tendance à susciter la pitié chez les autres. Et puis cette moue évoquant une certaines tristesse et peur. Sans compter l’inflexion de mes sourcils. Je suis sur ce que l’on qualifie de tronche de chien battu.

« Me dispute pas, Reese! Tu sais très bien que c’est ma nature ! J’suis comme ça ! Et puis… Je n’aime pas quand tu me cries dessus… Et pis mon p’tit frère a juste besoin d’un coup de pouce. Ce n’est pas comme s’il avait toujours eu la chance de son côté… » Voilà tout ce que j’arrivais à formulé correctement. Certes, cet air de gamin allait finir sur un rire si je ne me ressaisissais pas rapidement. Je regarde discrètement son regard de juge, juré et bourreau. Mince. Elle me toise de la même manière qu’Hannah lors des « soirs d’orages ». Fort heureusement, tel un animal qui voit sa proie filer sous son nez, elle recentre son attention sur la pizza. « Hey! Estime toi heureuse ! J’ai pas pris le supplément diabète avec ces espèces d’ananas trop sucré et ses fruits confits dessus. J’ai fais l’erreur de tester une fois, ça m’a suffit… »

Hallelujah ! Reese a changé de sujet ! Je ne suis plus obligé d’assumer ma surprotection envers Matthew ! Et encore moins son air de méchante policière ! Y’a des jours, je parierai que si elle le pouvait, elle me collerait une amende pour le motif suivant : « est un piètre frère de substitution qui n’a même pas un sens logique et un regard objectif sur ce monde ». Et à coup sûr, ce serait pour m’envoyer en taule à perpétuité. Ce retour à la tranquillité, c’était sans compter l’ordure, revenu de ma chambre en toute discrétion, se faufilant dans l’angle mort de la vision de l’ennemi pour grimper d’un pas de félin sur le dossier du canapé et parvenir jusque derrière Reese, le tout en ayant des vues sur sa part de pizza. Je n’eus même pas le temps de repousser mon chat que ce dernier bondit en direction de l’avant-bras de ma sœur pour l’attaquer et essayer de mériter sa pitance au combat. « Motul! » n’eussé-je que le temps de clamer comme afin de l’impressionner et de le faire fuir. Comme si je ne connaissais pas suffisamment mon chat pour affirmer qu’il en a tout simplement rien à carrer, et qu’il continue de tenter de mordre Reese. Je soupçonne tout de même qu’il le fasse bien plus pour jouer que pour lui faire du mal. Ce chat n’est pas un sanguinaire, fort heureusement.
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